Adrien Mastrosimone, chante Barbara dans son nouveau spectacle
SPECTACLE

Adrien Mastrosimone, chante Barbara dans son nouveau spectacle

Estelle Nilsson-Julien le 27.09.18

On a rencontré Adrien Mastrosimone, chanteur, danseur et auteur de spectacles qui nous plonge dans son univers et celui de l'ultime star de la chanson française, Barbara.

Pourquoi avez-vous emménagé à Londres en 2006?

Je voulais faire de la comédie musicale donc c’était soit Broadway à New York ou le West End, à Londres. Londres me semblait être l’endroit le plus approprié. J’ai vécu pas mal de temps aux Etats-Unis et j’avais cette envie de rentrer en Europe. J’ai débarqué à Londres avec toutes mes économies et deux valises.

Un Soleil Noir reprend les chansons et la vie de Barbara. Pourquoi avoir choisi cette icône de la chanson française?

Dans mes spectacles je parle de choses qui m’ont bouleversé. Je n’étais pas sûr de faire quelque chose sur Barbara au début, car j’avais peur que le public londonien n’y soit pas réceptif. Puis un soir, j’ai rencontré, Adèle Anderson, membre du cabaret Fascinating Aida. On parlait de nos projets et elle m’a confié qu’elle aimait bien Barbara. Elle m’a dit pourquoi Piaf et pas Barbara? C’est le signe du destin en quelque sorte qui m’a poussé à faire Barbara. On a donc commencé à écrire notre spectacle ensemble. Dès que j’ai décidé de faire ce spectacle, j’ai réalisé qu’il y a beaucoup plus de gens à Londres qui connaissent Barbara que ce que l’on s’imagine. Je veux vraiment faire sortir Barbara de France et la faire découvrir aux Londoniens. Elle mérite d’être chantée.

Pouvez-vous nous confier trois choses intéressantes que vous avez découvert sur Barbara en travaillant sur votre spectacle?

En écrivant ce spectacle, je me suis plongé dans ses biographies, ses mémoires, ses interviews, dans sa vie. La toute première chose, c’est que Barbara n’était pas une femme mystère, une femme noire. Elle était très déconneuse et aimait faire des blagues. Deuxièmement, elle s’est faite opérée sept fois à la main droite à cause d’une déformation. Les pianistes jouent habituellement avec leur profil et main droite face public. Pour cacher sa main elle retournait son piano, pour qu’uniquement son profil gauche et donc sa main gauche soit visible. Et dernièrement, dans les années 80, elle amenait des sacs pleins de préservatifs à ses concerts, afin de sensibiliser les gens au SIDA. Elle allait aussi dans les prisons pour en parler, et visitait les malades du SIDA dans les hôpitaux.

Votre chanson préférée de Barbara?

Le Soleil Noir. Barbara raconte son désir d’écrire de belles chansons pleines d’idées lumineuses. Malgré ce désir-là, elle ne peut pas s’empêcher d’avoir un côté sombre et de parler de la mort, d’enfants, de la misère, du désespoir, qui sont présents partout.

Comment ce nouveau spectacle se différencie de votre show Une Vie en Rose qui reprend la vie d’Edith Piaf? Est-ce que vous reprenez le même format?

Il y a des similarités entre Un Soleil Noir et Une Vie en Rose, ce sont tous deux des spectacles de cabaret avec un format histoire-chansons. On a un pianiste, un contrebassiste et un accordéoniste qui nous accompagnent. Je dirais qu’avec Piaf, c’était beaucoup plus personnel comme je racontais ma vie en parallèle avec la sienne. Avec Barbara c’est son histoire à elle. Et puis Adèle Anderson, avec qui j’ai travaillé, a sûrement aussi un regard plus détaché comme elle n’est pas française.

Qui est votre idole ultime de la chanson française? Et quelle vedette française pourrez-vous reprendre à jamais sans vous lasser?

Je n’ai pas d’ultime idole. C’est marrant parce qu’on a posé la même question à Barbara dans une interview. Je partage son point de vue: j’admire beaucoup de personnalités, elles m’apportent toutes de différentes choses. Barbara avait une idée précise de ce que chaque chanteur lui offrait. J’aime Barbara pour son texte, Piaf pour sa voix et son histoire. Et puis il y a Brel, pour moi un homme incroyable et Dalida une grande dame.

Des inspirations anglaises ou anglophones? Ou d’autres inspirations, tout simplement?

Je suis un grand inspiré de Madonna (rires). J’ai beaucoup d’admiration pour Judy Garland, Tori Amos, Barbara Streisand, Annie Lennox, Bjork, Ute Lemper et puis Rufus Wainwright.

Quels sont vos projets pour le futur?

Je chante dans un groupe de contre-ténors à la Shoreditch Treehouse le 25 novembre. Des concerts qui regroupent de jeunes musiciens classiques y sont organisés tous les mois. Sinon j’aimerai écrire d’autres spectacles. J’ai en tête la chanteuse italienne Mina et puis un spectacle de chansons des cabarets allemands.

 

Réservations ici.

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Infos Pratiques
Date : du 09 novembre 2018 au 10 novembre 2018
Lieu
Toulouse Lautrec Jazz Club, 140 Newington Butts, Kennington, SE11 4RN
Infos
Prix: À partir de £15. A partir de 21h.

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