Le réalisateur Gaspar Noé revient secouer le cinéma avec CLIMAX
CINÉMA

Le réalisateur Gaspar Noé revient secouer le cinéma avec CLIMAX

Mathilde Riboulleau le 20.09.18

Une boite de nuit. Des danseurs professionnels. Une chorégraphe. Une fête. De la Sangria. C’est à peu près les éléments qui font le dernier film de Gaspar Noé : Climax. Après avoir bousculé Cannes, c’est un cinquième long métrage glaçant racontant une fête qui dégénère, même si le mot est faible…  

Un film génialement horrible

Climax est un film musical, mais aussi un thriller inspiré d’un fait divers survenu en 1996. Après une audition et des répétitions intenses, une troupe de danseurs organise une grande fête à huit clos autour d’une sangria. Alors que la fête bât son plein, tous les personnages commencent à se sentir mal après avoir pris une drogue psychotique à leur insu. La soirée dégénère.

Au programme ? Des réjouissances, de la danse, de la joie, mais aussi des hallucinations, du LSD, de l’inceste, du lynchage... Le film a été tourné en 15 jours dans une école désaffectée près de Vichy. Les acteurs sont des danseurs repérés sur internet ou dans des battles de danse, excepté Sofia Boutella, qui transperce l’écran avec une scène de transe totale faisant penser à Isabelle Adjani dans Possession de Andrzej Zuławski. 

Du Noé tout craché 

Au premier abord, l’on se dit que le réalisateur a écrit quelque chose de plus léger que d’habitude. Il déconstruit quand même tout le film en commençant par le générique. En effet moins dérangeant que ses films précédents, il y a moins de nudité même si l'on y parle beaucoup de sexe et que la chair des danseurs est mise en avant dans des tenues légères. Le film commence par une scène de danse hallucinante entièrement filmée en plan séquence. Le réalisateur prend ensuite le temps de poser sa caméra en plan fixe et filme les danseurs dans des discussions intimes. Mais dans la deuxième partie du film, le style de Gaspar Noé revient à la surface. Le réalisateur annonce progressivement une situation d’angoisse et cauchemardesque...

Une expérience immersive 

Sur l’affiche du film est écrit : « Vous avez méprisé Seul contre tous, haï Irréversible, exécré Entre the void, maudit Love, venez fêtez Climax ». En bas de l’affiche, Gaspar Noé est représenté en petit diable avec un verre de sangria à la main. Alors oui, en effet, il s’agit d’une expérience immersive dans le sens où durant 1h35, l’on s’accroche de plus en plus à son fauteuil. Comme à son habitude, des phrases ou des mots sont projetés en gros comme par exemple « naitre et mourir sont des expériences extraordinaires, vivre est un plaisir fugitif », des phrases qui laissent réfléchir le spectateur… À partir d’un moment du film, tout bascule, la caméra de Gaspard aussi, et elle finit la tête à l’envers. 

Un BO incroyable

Outre les images et le jeu des acteurs impressionnant, Gaspar Noé a aussi tapé dans le mille avec une bande originale renversante. Tout au long du film, des musiques hypnotiques et envoutantes accompagnent les danses des acteurs. Des basses puissantes sont diffusées pendant tout le film, on se demande même s’il y a un problème de réglage tellement le son techno nous emporte. Au programme de la Bande orginiale ? Supernature de Cerrone, Born to be Alive de Patrick Hernandez, des tracks de Giorgio Moroder, du Alphex Twin, une chanson de Kiddy Smile, les Daft Punk ou encore The Rolling Stones... 

À noter que le film est projeté à l'Institut Français le 5, 6 et 10 octobre, mais aussi dans différents cinémas de Londres comme le Génésis Cinema, l’Institute of Contemporary Arts ou encore dans les Cinémas Vues.

 

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Infos Pratiques
Date : du 05 octobre 2018 au 10 octobre 2018
Lieu
Institut Français, 17 Queensbery Pl, Kensington, Londres SW7 2DT
Infos
Le film est interdit aux moins de 16ans

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