Nana Mouskouri se confie avant son concert à Londres FR
CONCERT

Nana Mouskouri se confie avant son concert à Londres

Sidonie Gaucher le 31.07.18

Ces lunettes qui sont votre signature, sont-elles aussi votre porte-bonheur ?

Ha ha ! En effet, elles sont ma signature mais au départ, personne ne les aimait, sur tous les plateaux où j’allais on me disait qu’il fallait les enlever. J’ai fini par les imposer, d’abord parce que je suis myope, et aussi parce que je voulais être sur scène comme je suis dans la vie. Elles ont fini par devenir mon signe particulier. Les gens me reconnaissaient comme cela : “Tu connais la chanteuse française avec des lunettes noires ? Oui, elle est Grecque !”

Vous êtes Grecque d'origine, mais vous êtes délibérément la première artiste francophone mondiale. Est-ce en français que vous avez le plus chanté ?

Oui, j’aime beaucoup chanter en français. Je vis dans un pays francophone (la Suisse, NDLR) et je chante en français dans tous mes concerts.

Il paraît que vous avez essayé d’apprendre toutes les langues dans lesquelles vous chantez.

Oui, il s’agit de partager quelque chose et l’on partage mieux si on connaît la culture de l’autre. Quand je chante, c’est aussi pour apporter un message de paix et je pense que l’apprentissage des langues est une merveilleuse façon d’aller à la rencontre de l’autre, et d’être tolérant.

Vous avez travaillé au Parlement européen sur un texte concernant, justement, les langues.

La thématique de l’identité des langues est passionnante. Vous vous souvenez qu’il était question de faire de l’anglais la langue européenne unique ? Cela aurait été une terrible erreur, tout le monde doit garder son identité et la richesse de sa langue dans sa propre culture. Si l’on parlait tous la même langue, les cultures seraient appauvries.

Avec 400 millions de disques à travers le monde, vous côtoyez Paul Mc Cartney, Queen, Les Rolling Stones et Madonna en vente de disques à travers le monde. Qu’est-ce que cela vous fait ?

Je suis heureuse, cela me fait très plaisir. Et même si j’ai quelques années de plus que toutes ces personnes-là, je suis heureuse d’en apprendre encore tous les jours sur la musique.

Vous avez fait vos adieux à la scène en 2007, mais vous y êtes revenue en 2013. La retraite, ça vous ennuie ?

C’est vrai que j’ai eu un peu le cafard. J’avais envie de retrouver mon public.

Un concert londonien et une tournée internationale à 83 ans, quel est le secret de votre jeunesse ?

Je n’ai pas de secret, si ce n’est l’amour que je reçois quand je suis sur scène. On me donne beaucoup d’énergie. Et cela me rend tellement heureuse, ensuite je sais qu’on va bien s’occuper de moi et que je vais me ménager pour profiter de la tournée.

Un conseil pour la jeune génération ?

Différenciez-vous ! Ayez de l’identité ! Faites ce que vous voulez faire à votre façon et ne vous pliez pas à ce que l’on vous demande de faire pour rentrer dans une case. La richesse vient de la diversité, donc il ne faut pas avoir peur d’être ce que l’on est, surtout si l’on est différent. Mais rien n’est gratuit, il faut persévérer et beaucoup travailler.

Forever Young est votre 134ème album ! Techniquement, comment est-ce possible ?

C’est que l’on compte toutes les versions de chaque album dans chaque pays. En réalité, j’ai sorti 26 albums au Royaume-Uni et 42 en France.

Ce dernier album, reprend des chansons d’icônes qui comme Elvis Presley, Amy Winehouse, Charles Aznavour, les Beatles ou encore Barbara.

Oui, j’ai choisi de mettre tous ces artistes que j’adore dans cet album car ils resteront “jeunes pour toujours” ! Comme moi ! Ce qui est important c’est d’être jeune dans l’âme.

Qui auriez-vous choisi pour un duo ?

J’aurais adoré chanter avec Amy Winehouse, c’est une chanteuse extraordinaire qui, pour le coup, est partie vraiment jeune. J’aime beaucoup ses chansons.

Votre meilleur souvenir à Londres ?

Certainement mon show sur la TV anglaise ! J’ai eu une émission rien que pour moi sur BBC Four à la fin des années 1960, autant dire que j’ai rencontré un paquet d’artistes et que j’ai connu un Londres bien différent de celui d’aujourd’hui. J’ai bien hâte de revenir.

 

Réservations ici. 

 

Partager
Infos Pratiques
Date : le 17 octobre 2018
Lieu
Royal Festival Hall, Southbank centre, SE18XX Londres
Infos
Métro : Waterloo. Prix : £45-65.

à voir également