Michel Legrand : “La jeunesse appartient à ceux qui ont un certain âge.” Coup de coeur FR
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Michel Legrand : “La jeunesse appartient à ceux qui ont un certain âge.”

Sidonie GAUCHER le 16.07.18 - modifié le 26.01.19

Plus de 200 musiques de films, 3 oscars et un BAFTA, bientôt soixante-dix ans de carrière et des mélodies qui imprègnent la mémoire de plusieurs générations. À 86 ans, Michel Legrand tire sa révérence.

Votre état civil indique que vous avez 86 ans mais au fond, Michel Legrand, quel âge avez-vous ?

18 ans peut-être !

Vous avez dit : “La jeunesse appartient à ceux qui ont un certain âge.”

Oui, vous savez, la jeunesse demande du temps à s’apprendre. Quand on est jeune, on ne s’en rend pas compte parce qu’on est jeune. Cela nous paraît naturel et on ne fait attention à rien. Et avec le temps, il reste l’attitude de la jeunesse, et on la vit vraiment que lorsqu’on la connaît. Cocteau disait : “il faut un grand nombre d’années pour devenir jeune.”

Et à l’inverse, vous êtes-vous senti vieux lorsque vous étiez jeune ?

Oui. Quand j’avais 16-17 ans, je me trouvais très vieux. J’étais sérieux, j’étais grave. Le rire n’était pas dans mon sang. Heureusement, j’ai vite changé.

Quelles erreurs peut-on commettre avec l’âge ?

On ne commet aucune erreur. Si on a quelquefois l’impression de se tromper, c’est très bien. C’est un essai. On n’est pas obligé de réussir tous les essais auxquels on participe, donc il n’y a jamais d’erreur, jamais de remords. J’aurais dû dire cela, j’aurais dû être là, non ! Ce que l’on a réussi, c’est très bien et ce que l’on a raté, c’est très bien aussi.

“Quand on est jeune, on ne s’en rend pas compte parce qu’on est jeune. Cela nous paraît naturel et on ne fait attention à rien. Et avec le temps, il reste l’attitude de la jeunesse, et on la vit vraiment que lorsqu’on la connaît.”

Vous revenez à la musique classique, votre formation de départ ?

Bien sûr ! Chaque période de ma vie a été une catégorie musicale : j’ai commencé comme pianiste accompagnateur, puis orchestrateur. Dans les années 1960 j’ai fait partie de la Nouvelle Vague. De 1970 à 90, musicien pour le cinéma américain et français, et depuis 2000-2005, je me consacre à la musique symphonique dite classique.

Vous composez au piano ou bien avec un crayon et une partition ?

Jamais au piano. Avec mon crayon, quand je lis une partition, je l’entends.

La mélodie inoubliable des Demoiselles de Rochefort, comment vous est-elle venue ?

Cela n’a aucune importance ! Quand je composais une mélodie pour Jacques Demy, je lui proposais 20 possibilités différentes. On choisissait ensemble. Je ne sais pas comment ça vient, mais ça vient. L’essentiel c’est que ça vienne !

Qu’est-ce qui fait une bonne musique ?

La beauté, l’harmonie, la magnificence de la mélodie et le rythme aussi.

En musique, qui vous bouleverse ?

Maurice Ravel. Gabriel Fauré. Jean-Sébastien Bach. Ce sont des compositeurs qui ont écrit pour l’émotion. Certaines oeuvres de Bach ou Ravel, je pleure à chaque fois que je les écoute tellement elles sont sublimes.

Et pour finir, auriez-vous un conseil de vie ?

Un conseil pour qui ?

Pour qui vous voulez !

Je ne donne de conseil à personne vous savez, chacun fait comme il en a envie. Chacun fait avec ses dons, avec ses possibilités. Avec ses manques, ses trous. Chacun fait avec ce qu’il a, je n’ai aucun conseil à donner à personne.

 

Réservations ici.

 

 

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Infos Pratiques
Date : le 18 septembre 2018
Lieu
Royal Festival Hall, Southbank Centre, Belvedere Rd, SE1 8XX
Infos
Michel Legrand And The Royal Philharmonic Orchestra : 60 Years Of Music And Movies, à 19h30. Métro : Waterloo. Prix : £15 - £70.

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