Azzedine Alaïa : The couturier au Design Museum de Londres FR
EXPOSITION

Azzedine Alaïa : The couturier au Design Museum de Londres

Nadège Alezine le 09.05.18

« Je ne suis pas un designer ni un styliste, je suis un couturier. » Aimait rappeler Azzedine Alaïa qui était connu pour suivre son propre calendrier de la mode, refusant de défiler au même rythme effréné que ses confrères parisiens.

Inexorablement vêtu de son costume chinois noir, monsieur Alaïa n’en faisait qu’à sa tête : il pouvait prendre 5 semaines pour terminer une pièce voire 5 ans. Un perfectionniste dont les créations ont habillé les plus belles femmes du monde, d’Arletty à Greta Garbo en passant par Grace Jones, Naomi Campbell qui le surnommait « papa » à Farida Khelfa, immortalisée en Alaïa par Jean-Paul Goude.

Le style Alaïa est reconnaissable entre mille : du cuir travaillé jusqu’à en faire de la dentelle, de la maille stretch qui sculpte les formes, des robes bandeau qui fusellent les corps féminins…50 ans de carrière à dessiner des robes et tenues à même la peau de ses modèles car Monsieur Alaïa ne dessinait pas, il sculptait.

 

De Tunis à Paris

Né à Tunis, ce fils de fermiers tunisiens s’intéresse d’abord à la sculpture et intègre l’école des Beaux-Arts de Tunis. Puis en 1957, il arrive à Paris et c’est la couture qui prend le dessus : il passe 5 jours à travailler dans les ateliers de Christian Dior puis chez Guy Laroche, chez Thierry Mugler pour enfin ouvrir sa maison, à la fin des années 70.

C’est depuis son atelier de la rue de Bellechasse qu’il habille la jet set du moment, avec entre autres Louise de Vilmorin ou Marie-Hélène de Rothschild et au début des années 80, Azzedine Alaïa se lance dans le prêt à porter et déménage dans le Marais, rue du Parc Royal.

En 2013, il déclare à Télérama : « Mon métier est d’arranger la silhouette par la coupe du vêtement ou par les proportions. Si la cliente a le derrière un peu bas, j’essaie de le remonter un peu, c’est ça le travail d’un couturier !»

Et ce sont ces silhouettes ultra féminines que l’on retrouve exposées au Design Museum parmi les 60 pièces que Monsieur Alaïa a lui-même sélectionné pour le show, avant sa mort. Les tissus moulent, sculptent, fusellent le corps de la femme pour la sublimer, la rendre plus belle.

« Je fais des vêtements, ce sont les femmes qui font la mode. » disait-il et c’est cette intemporalité qui saute aux yeux quand des robes des années 80 côtoient celles qui l’a imaginé en 2017 sur le site de l’exposition.

Un Musée du design qui expose des robes ? Avec Alaïa, c’est logique. Son goût prononcé pour le design et l’architecture des corps a toute sa place au Design Museum, il a même collaboré avec des artistes et architectes, comme Ronan&Erwan Bouroullec, Konstantin Grcic, Mark Newson et Kris Ruhs pour imaginer les panels décoratifs qui présentent ses pièces. Un dialogue entre artistes, designers et orfèvres de la matière qu’il a entretenu toute sa vie.

De la couture au prêt à porter

Azzedine Alaïa : The couturier, c’est un des derniers projets du créateur qu’il n’aura malheureusement pas eu le temps de voir de ses propres yeux. Conçue avec Mark Wilson, curateur du Musée Groninger aux Pays-Bas, cette exposition rappelle le génie de Monsieur Alaïa à Londres, où une de ses boutiques vient d’ouvrir ses portes sur Bond street, fin avril 2018.

Réservations ici.

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Infos Pratiques
Date : du 10 mai 2018 au 07 octobre 2018
Lieu
Design Museum 224-228 Kensington high street, Londres W8 6AG
Infos
Ouvert tous les jours de 10h à 18h. Prix: £16. Métro: Kensington High street.

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