Les quatre fantastiques du rire belge FR
SPECTACLE

Les quatre fantastiques du rire belge

Camille Letourneur le 23.04.18

C’est dans sa très belle résidence près de Victoria que David Thonon, Représentant des Gouvernements de Wallonie et de Bruxelles, et son épouse; nous ont reçus ce lundi 23 avril au matin. Demeure "très belle" mais également historique, puisqu'elle a abrité Winston Churchill de 1930 à 1939.
Mais ce n’est pas d'histoire qu'Ici Londres s'est enquis ce matin mais plutôt de la venue de Walter, Kody, P-E et Farah, quatre humoristes belges qui se produisent ce soir au Comedy Store de Londres. L’occasion de leur poser quelques questions sur leur parcours, Londres et leurs projets. 

WALTER

 

Vous vous appelez Bertrand Waut...Wautlette ? Wautlet… Pourquoi Walter ?

“Wautlet”... Eh bien justement, vous voyez les gens ne savent pas le prononcer ni l’écrire, alors j’ai fait un anagramme de mon nom. J’aime bien les anagrammes.

Études d’ingénieur puis consultant en informatique. Quel a été le déclic ?

J’ai toujours rêvé de faire du one man show, puis à un moment j’ai dû prendre une pause dans mon travail pour des raisons personnelles. Alors je me suis pris 6 mois pour essayer, et puis en fait ça a vite marché.

Le premier sketch que vous avez écrit ?

Je pense que je ne l’ai jamais joué en public. Ça s’appelait “la lettre de motivation”, ça s’inspirait d’un refus de candidature que j’avais eu lorsque j’étais étudiant. Et aussi, j'en avais écrit un sur les origines de l’alcool. En fait, l’humanité a appris à faire de l’alcool bien avant d’apprendre à écrire !

Un petit mot sur Londres ?

C’est la première fois que j'y joue mais pas que j'y viens. J’étais déjà allé voir un humoriste anglais au Comedy Store d’ailleurs. Il m’avait bien fait rire en disant “j’habite en Touraine, car c’est l’endroit le plus proche de Londres que j’ai le moyen d’habiter”.

 

KODY

 

Vous êtes un habitué !

Oui, c’est la 4e fois que je suis au Comedy Store. La première fois c’était avec un canadien et un français, et on a vu qu’il y avait de l’intérêt à faire venir des humoristes francophones. On pourrait presque faire une carrière ici !

Qu’est ce qui vous plaît à Londres ?

Il y a cette énergie particulière. C’est des anglo-saxons, mais plus proches des européens que les américains, donc plus raffinés. J’aime le mélange des genres - on peut voir des punks à côté de lords anglais - et puis j’adore l’humour britannique.

Vous avez commencé à faire rire dans les cours de récré, et pourtant vous êtes quand même parti faire des études de commerce.

C'est vrai... et à l’époque je nourrissais ce rêve de devenir acteur. Le déclic, ça a été lorsque j’ai fait le discours de mariage d’un ami au Mexique. Mes amis m’ont dit “mais c’était pas un discours de mariage, c’était un véritable sketch !” Alors je me suis lancé dans l'humour. 

Vous dites que l'on est dans une société où l’on doit se vendre. Un lien entre vos études de commerce et votre métier d’humoriste ?

Oui, tout le monde veut fidéliser sa clientèle. Moi, par exemple, j’ai l’avantage de faire de la télé, et ça me donne une exposition.

 

P-E

 

Votre spectacle s’appelle “Optimiste”, pourquoi ?

Pour devenir comédien en Belgique, mieux vaut l’être. Déjà on est scindé en deux (voir en trois !) au niveau de la langue, et puis essentiellement parce qu’on n'est jamais pris au sérieux quand on dit qu’on veut faire de l’humour.

Paris est-ce vraiment l’endroit pour faire de l’humour ?

Moi je suis parti là-bas 4 mois, parce que tout le monde te dit “Paris, c’est là-bas que ça se passe”. Et c’est vrai que c’est beaucoup plus culturel que Bruxelles : il y a des théâtres partout. À Paris, ça se voit que les gens ont l’habitude de sortir, alors qu’à Bruxelles, ça se voit qu’ils ont l’habitude de boire !

Quand avez-vous commencé sur scène ?

Le premier contact que j’ai eu avec une scène, c’était avec de la musique en fait. Moi je fais de la trompette. J’étais dans une famille de musiciens, et je trouvais ça intéressant de voir des gens s’exprimer sans mot : on peut rester attentifs et vivre des choses, et pourtant la personne n’a rien dit. Et cette trompette j’en parle dans mon spectacle. Après je suis arrivé peu à peu à l’humour grâce à mes cours de théâtre.

Et si vous aviez dû faire un autre métier ?

Diamantaire ! Alors, je déteste les cailloux mais je ne sais pas pourquoi, il y a quelque chose qui m’attire dans ce domaine-là. J’ai des amis qui travaillent là dedans et je trouve ça fascinant.

 

Farah

 

Working girl en finance le jour et stand-upeuse la nuit… ça va ?

Ça fait des semaines bien remplies, faut être organisée, mais il y a beaucoup d’humoristes qui ont un job à temps plein à côté au début. L’avantage c’est que le monde du spectacle c’est souvent le soir ou le week-end, donc je peux combiner.

Seule femme dans un spectacle d’homme : l’humour est-il un monde d’homme ?

Ça commence à changer. On est de plus en plus de filles qui osent monter sur scène, mais à la base c’était une discipline très masculine. Après je n’aime pas être catégorisée comme “humoriste femme”, cela voudrait dire qu’il y a un humour de femme.

Votre spectacle évoque la crise de la trentaine, ça a été un déclic ?

Oui ! J’ai toujours aimé rire et j’ai toujours été la petite rigolote, mais en faire mon métier me paraissait un peu improbable. J’ai donc fait un parcours très classique. Et puis, je suis revenue d’un week-end à Barcelone où j’étais allée fêter mes 30 ans, j’ai vu l’annonce du King’s Comedy Club pour des cours d’initiation et à la fin des 2 semaines il fallait présenter un 6 minutes. Je me suis inscrite, et ça a fait effet boule de neige.

Première fois à Londres ?

Première fois, première fois ! Je suis arrivée hier à 18h30 et j’ai visité un peu. Big Ben en échafaudage, j’étais déçue ! (rires) Et pour le moment j’aime beaucoup et je trouve que les gens sont très gentils. J’ai déjà dit à mes potes “on revient cet été !”





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Infos Pratiques
Date : le 23 avril 2018
Lieu
Comedy Store, 1a Oxendon St, London SW1Y 4EE
Infos
Métro : Leicester Square Prix : £15

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