Cédric Chapuis présente Beat au public britannique FR
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Cédric Chapuis présente Beat au public britannique

Nadège Alezine le 26.04.19

Pouvez-vous nous raconter succinctement le sujet de Beat ? 

Du claquement de porte à la gifle reçue pile en rythme, seuls les rythmes et les sons du quotidien semblent faire sens pour Alfie – personnage central de cette histoire d’amour atypique entre un jeune adolescent et sa batterie. Bien que virtuose de son instrument, l’extrême candeur dont fait preuve Alfie, lui vaut moqueries et violences de la part de son entourage. De son optimisme inaltérable, il avoue par exemple ne pas comprendre pourquoi sa maîtresse se fait du souci pour ses mauvaises notes alors que c’est elle qui les lui donne. Peu importe : une fois dans son monde, les rythmes prennent leur envol et sa passion embrase son existence toute entière. Alfie partage son amour des sons, se livre sans retenue avec naïveté et sincérité, et offre le récit d’une vie taillée sur mesure.

Cette pièce tourne depuis 12 ans un peu partout dans le monde. Comment expliquez-vous son succès ? 

C’est avant tout, une œuvre riche en émotions et en sensations fortes. On y rit, on y rêve, on y est souvent touché par des moments de grâces, et lors des nombreux passages musicaux joués en live, on y tape souvent du pied en rythme. Le jeune héros est à la fois beau et fragile, virtuose et décalé.  Dénué d’égo, on l’admire pour sa pureté, il n’est porté que par l’amour voué à sa passion. Son énergie est débordante, sa joie à partager ses coups de cœurs, communicative. Par la grande naïveté de son personnage principal, la pièce soulève également la question du droit à la différence. Au final, une pièce qui s’adresse à tous, et surtout à l’enfant qui est en chacun.

Vous avez adapté Une vie sur mesure en anglais. Comment s’est déroulé cet exercice, pour vous ?

Un premier jet a permis de traduire une grande majorité de la pièce de manière assez littérale, car celle-ci repose surtout sur des événements concrets quand, dans le même temps, l’humour se base sur des situations, non sur des jeux de mots ou références françaises. Les points restant à adapter, ont soulevé des questions passionnantes liées à la culture britannique, ses us et coutumes, ses différents accents ! J’ai appris énormément de choses, entouré de consultants avisés, dont Anne-Christelle Zanzen (notre assistante à la mise en scène).  

C’est une pièce largement inspirée de votre vie. Qu'est-ce-que cela fait de voir une tranche de sa vie jouée sur scène, par un autre que vous ?

C’est vraiment quelque chose d’extraordinaire. Pas tant parce que je suis l’auteur et l’interprète initial du spectacle, mais d’abord et surtout, parce qu’il faut que beaucoup de conditions soient réunies. Il faut beaucoup d’énergie de la part de nombreux partenaires enthousiastes et investis pour rendre la chose possible. Voir se jouer ce spectacle, pour la 1ère fois en langue anglaise, sera assurément un moment fort en émotions. La concrétisation d’un travail collectif de longue haleine, je pense notamment aux équipes artistiques et de production de Scènes Plurielles, Ki M’aime Me Suive et SiT Productions.

Qui joue le rôle d’Alfie/Adrien dans la version anglaise ? 

Il s’agit de Daniel Bellus. Un jeune comédien découvert lors des auditions organisées pour l’occasion en février dernier. Un artiste d’une grande sensibilité, qui promet de faire un très grand Alfie pour le Royaume Uni.

La batterie joue un rôle important dans Beat, elle porte même un nom…C’était nécessaire pour vous de la mettre aussi en scène ? 

Ce serait à Stéphane Batlle – le metteur en scène du spectacle de répondre à cette question, à laquelle je connais clairement la réponse : oui ! La batterie est un personnage à part entière dans le spectacle. Elle est disposée sur un praticable tournant sur lui même à 360° pour qu’on puisse la découvrir sous tous ses angles. Elle n’est dévoilée qu’à un moment précis du spectacle. Elle semble même flotter dans les airs. Le travail des lumières a également été méticuleusement pensé pour la mettre en valeur de manière très différente tout au long du spectacle.

En quoi est-ce important pour vous de présenter Beat en Grande Bretagne, notamment à la Brighton Fringe ? 

Pour la folle expérience de vie qu’il nous est tout simplement donné de vivre. Et faire de nouvelles expériences me paraît très important. Tenter de faire vivre son œuvre hors de ses frontières, c’est un pari un peu fou. Cela peut déboucher sur un succès ou un échec, mais de l’expérience acquise, il restera toujours un enseignement riche. Quant à nos premiers pas sur une scène britannique à la Brighton Fringe, c’est à notre producteur exécutif de SiT Production, Olivier Pierre-Noël et son équipe que nous les devrons.

Quand on pense au sujet de Beat, on pense au film de Damien Chazelle, Whiplash. Avez-vous vu le film ? Qu’en avez-vous pensé ? Il y a-t-il un rapport entre les deux histoires, selon vous ?

Hormis la batterie, pas de rapport entre Beat et Whiplash. Beat traite de la passion et du bonheur qu’elle suscite tandis que Whiplash offre selon moi, une vision assez particulière du dépassement de soi et de l’atteinte de l’excellence grâce à un enseignement sadomasochiste. Ce n’est pas du tout un point de vue que je partage, ni même que je défens. Ceci dit, j’ai trouvé les acteurs, et la manière de filmer la musique formidables.

Avez-vous d’autres projets en cours d’écriture sur le feu dont vous pouvez nous parler ?

Les dernières pièces de ma compagnie, seront toutes 3 présentées au festival Off d’Avignon au théâtre des Gémeaux, avec « Une vie sur mesure » (La pièce « Beat » française) à 10h30, et en alternance « Au-dessus de la mêlée » et « Alter Ego(s) » à 15h35, du 5 au 28 juillet 2019. Dans « Au-dessus de la mêlée », je livre, seul en scène, une sorte d’épopée humaine chaleureuse dont le monde du rugby constitue la toile de fond. Tandis que dans « Alter Ego(s) », Margot Mouth - ma partenaire - et moi, présentons un polar incroyable mais vrai, tiré de l’histoire de Billy Milligan, l’homme dit aux 1000 visages, car atteint de trouble de personnalités multiples.

Et bien sûr, après le Brighton Fringe du 25 au 30 Mai, la pièce BEAT sera présentée au Edinburgh Fringe Festival au Pleasance QueenDome du 31 juillet au 26 août à 14h30.

 

Réservations ici. 

 

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Infos Pratiques
Date : du 25 mai 2019 au 30 mai 2019
Lieu
Brighton
Infos
Brighton Fringe 2019 du 25 au 30 mai et Edinburgh Fringe 2019 du 31 juillet au 26 août

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