Spare Parts, l'expo médicale qui mêle art et science
EXPOSITION

Spare Parts, l'expo médicale qui mêle art et science

Clémence Calderon le 01.03.19

Spares Parts

Stéphanie Delcroix nous présente l’exposition Spare Parts, qui pose la question de la réparation et de la nature du corps humain, sur le plan médical mais aussi métaphorique au travers des pratiques artistiques et scientifiques.

En quoi consiste l’exposition Spare Parts ?

L’exposition présente 15 œuvres d’artistes et de designers qui se penchent sur la question de la manipulation du vivant et de la réparation du corps humain. Certains d’entre eux ont collaboré avec des scientifiques pour la conception et la réalisation de leur projet et d’autres s’interrogent sur la recherche biomédicale d’aujourd’hui et mettent l’accent sur le fait qu’elle est aussi façonnée par la culture d’une société au même titre que les pratiques artistiques. L’exposition a même des artistes avec un double parcours de scientifique, tel que l’artiste québécois François-Joseph Lapointe qui est biologiste à l’université du Québec à Montréal.

Comment le corps humain est-il exploré ?

Les artistes s’intéressent depuis toujours à la compréhension des phénomènes du sensible et la science est un des moyens qui leur permet de faire cela. En visitant l’exposition, les visiteurs pourront découvrir la façon dont des artistes d’horizons et de formations différentes, interprètent la recherche médicale mais aussi l’idée qu’on se fait du corps, et la façon dont certains des outils développés par les chercheurs tels que les incubateurs utilisés par l’ingénierie tissulaire, et les organes du futur, essayent de substituer le corps et ses fonctions.

Par l’exposition mais aussi au travers de notre espace de digestion, des enjeux sont soulevés par l’exposition qui fut nommé The Gut et des activités pratiques y sont proposées telle que la greffe de cactus, qui permettra à nos visiteurs de se familiariser avec la manipulation tissulaire mais aussi la fabrication d’électrodes destinée à tester la viabilité d’un projet de recherche mené par Samuel Pitou, un doctorant de la faculté d’Informatique de King’s College London. Sa recherche consiste à produire des électrodes qui permettrait de contrôler des prothèses par les signaux électriques des muscles avec des matériaux peu couteux et un savoir-faire accessible à tous.

 

Big Heart Data

Salomé Bazin a collaboré avec le Docteur Pablo Lamata pour mettre au point un système permettant d’imprimer des cœurs en trois dimensions. Une vraie aide pour la médecine et un progrès pour la technologie médicale.

Comment vous est venue cette idée « d’imprimer les cœurs » ? Pourquoi cet organe-là ?

Le cœur a une valeur très symbolique dans notre culture, car a été longtemps perçu comme « moteur de vie ». La recherche scientifique est très active sur les questions du cœur et des maladies cardiovasculaires car elles sont aujourd’hui encore malheureusement les plus mortelles en Occident. Nous voulions permettre au public et au monde non-scientifique de mieux percevoir et comprendre l’anatomie du cœur, le voir de manière plus tangible. Et comprendre que chaque cœur est unique !

Le cœur est-il un organe complexe ?

 Le corps humain en soi est formidablement complexe ! Et donc en effet, le cœur a sa part de complexité. Autant de paramètres comme la morphologie, l’activité musculaire ou électrique vont avoir un impact sur la fonctionnalité du cœur. Big Heart Data remet en question l’idée que nous apprenons à l’école d’un cœur anatomiquement correct. Nous sommes aussi uniques à l’intérieur qu’à l’extérieur : il n’y a pas deux cœurs similaires !

Comment avez-vous collaboré et mis au point ce système permettant de créer un modèle de cœur avec le Docteur Pablo Lamata ?

Nous avons collaboré pendant 9 mois avec le centre de recherche de Pablo Lamata, spécialisé dans l’imagerie médicale. L’équipe de recherche nous a fourni les données médicales (scans de patients), que nous avons ensuite retravaillés avec nos logiciels de design. Nous avons créé un programme ‘interactif’ pour visualiser les différents paramètres anatomiques du cœur, en nous basant strictement sur la recherche de Pablo.

C’était une formidable collaboration entre design et science, et nous allons continuer à travailler ensemble dans les prochains mois.

Comment procédez-vous pour imprimer un cœur en 3D ?

La modélisation du cœur en 3D est créée à partir d’un CT scan capturé lors d’un diagnostic de patient. Pour le projet Big Heart Data, nous avons eu accès aux scans de 20 patients (données anonymes). Le scan (succession d’images de l’anatomie et du cœur) est reconstitué en une forme 3d grâce à des logiciels de modélisation médicale. La forme 3D est ensuite retouchée pour pouvoir être envoyée au logiciel d’impression 3D. La machine recrée couche par couche le model, et en fait donc une copie identique de l’anatomie.

 En quoi l’impression de cœur en 3D peut-elle aider la science et la médecine ?

La création de modèles de cœur réalistes et uniques permet d’aider les médecins à mieux comprendre chaque cas d’anatomie cardiaque ainsi que d’aider les patients à mieux comprendre leur cas et individualité, grâce à un modèle 3d tangible et compréhensible. Nous pensons que l’imagerie digitale, la modélisation paramétrique et l’impression 3D ont un immense potentiel dans la création d’un système de santé personnalisable et unique pour chaque patient.

 

Pour plus d'information sur l'exposition Spare parts, rendez-vous ici

 

 

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Infos Pratiques
Date : du 01 mars 2019 au 12 mai 2019
Lieu
Science Gallery, Great Maze Pond, Londres SE1 9GU
Infos
Gratuit

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