el Seed, le peintre des mots expose à Londres FR
EXPOSITION

el Seed, le peintre des mots expose à Londres

Nadège Alezine le 15.01.19

L’artiste franco-tunisien, eL Seed expose à la Lazinc gallery avec série d’œuvres rassemblées sous le titre de Tabula Rasa. Il s’est confié sur son expérience d’artiste qui expose aussi bien dans les favelas de Rio que dans les galeries huppées de Chelsea. Avec un seul mot d’ordre : rassembler les peuples à travers son art, inspiré de la calligraphie arabe.

Pouvez-vous nous expliquer ce que veut dire « Tabula Rasa » ?

L’idée de décrire l’esprit humain par le biais de Tabula Rasa est apparu au 17e siècle, quand John Locke affirmait que l’esprit humain à la naissance était complet mais réceptif, une page blanche (ou tabula rasa) sur laquelle l’expérience imprime le savoir. Pour cette exposition à la galerie Lazinc de Londres, j’ai pris cette idée de « tabula rasa », comme point de départ et je l’ai implémenté dans les idées pré conçues que l’on peut avoir sur l’écriture et la culture arabe. Pour cette exposition, j’ai fait un nouveau pas dans mon parcours créatif en essayant de déconstruire ma manière de pensée en tant qu’artiste dans un effort d’atteindre mon propre « tabula rasa », si toutefois cela est vraiment possible.

Pourquoi avoir choisi la calligraphie arabe comme moyen d’expression dans vos toiles ? Quel est le message que vous souhaitez faire passer ?

La calligraphie arabe m’est venue pendant ma quête d’identité. J’ai rencontré des difficultés quand j’étais adolescent à définir mon identité. Je pensais que je devrais choisir entre être français ou tunisien. Je me suis penché sur mes racines arabes et j’ai découvert la calligraphie. Comme je creusais profondément dans mon histoire personnelle et dans les cultures et les traditions qui s’y rattachent, j’ai compris que je n’y serai jamais arrivé sans avoir été français. Ironiquement, la calligraphie arabe m’a réconcilié avec mes deux identités. De la même manière, que la calligraphie arabe m’a permis de rapprocher mes deux cultures, je l’ai aussi utilisé comme outil pour rapprocher les gens, les cultures et les différentes générations.

Où préférez-vous exposer vos œuvres ? Dans une galerie ou dans la rue ?

Dans l’espace public. Quand on travaille dans la rue, on peut y rencontrer des gens, se connecter à des communautés. La plupart du temps, des histoires incroyables naissent de cette expérience artistique dans les rues. Exposer dans une galerie, c’est une approche complètement différente. Mon travail dans la sphère publique inspire mon travail de studio. Il existe une connexion entre eux, mais il y a aussi des énergies totalement opposées qui en émanent.

Selon vous, quelle est la chose primordiale que la culture arabe a apportée à la culture globale ?

Le langage. Il existe tellement de mots en anglais et dans beaucoup d’autres langues qui trouvent leurs racines dans la langue arabe. C’est important de montrer ce qui les rassemble. Je crois aussi que c’est important de montrer la contribution de chaque culture à ce que l’on appelle la culture moderne globale.

De quelle manière vous y prenez-vous pour créer ces ponts entre les gens, les cultures ?

Il existe une beauté universelle dans l’écrit arabe que l’on n’a pas besoin de traduire. L’art est seulement un outil. Le mien c’est la calligraphie arabe. Quand je crée une œuvre d’art dehors, j’écris des messages qui veulent dire quelque chose pour les gens cet endroit, mais les messages doivent être universels pour que tout le monde puisse se sentir concerné. J’ai eu le privilège d’installer mes œuvres dans les favelas de Rio de Janeiro, le bidon villes de Cape Town et même dans la zone démilitarisée entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. Ce sont des expériences humaines incroyables qui ont vraiment changé ma vie.

Pensez-vous que l’art puisse changer le monde ? Peut-il faire de ce monde, un monde meilleur, selon vous ?

Bien sûr, je pense que l’art peut changer le monde. L’art est un prétexte, une excuse pour l’expérience humaine. J’ai rencontré des gens de différents horizons, avec des opinions politiques opposées, avec des croyances religieuses opposées, qui se sont rassemblés à cause d’un projet artistique. Cela peut définitivement rendre le monde meilleur. L’art aide à comprendre et à accepter les différences.

 

 

 

 

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Infos Pratiques
Date : du 25 janvier 2019 au 09 mars 2019
Lieu
Lazinc Gallery, 29 sackville street, Mayfair, Londres
Infos
Gratuit.

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