L’Impératrice : pour la première fois à Londres, sur des airs de pop disco Coup de coeur FR
CONCERT

L’Impératrice : pour la première fois à Londres, sur des airs de pop disco

Mathilde Riboulleau le 08.11.18

L’Impératrice est sur la scène du Village Underground en janvier. L’occasion pour le groupe français de s’imposer sur la scène britannique pour la première fois. Pour ce faire, Ici Londres a rencontré Charles, le fondateur du groupe qui nous parle de leur premier album "Matahari" et de l’enthousiasme du groupe quant à leur venue outre Manche. 

Tout d’abord, c'est quoi l'Impératrice en quelques mots ? 

Nous sommes un groupe de 6 musiciens appelé l’Impératrice. Nous sommes deux au synthé, un bassiste, un guitariste, un batteur et depuis peu il y a Flore la chanteuse. Et je dirai que nous sommes un groupe de pop influencée par la musique des années 70 et 80.

J’ai souvent lu que tu étais le « leader » du groupe. C’est toi qui est à l’origine du projet ? 

Oui en effet, j’ai lancé le groupe en 2012, j’étais journaliste et j’écrivais sur la musique. J’avais un pote qui travaillait pour le label Cracki Records à Paris, et je me suis mis à faire de la musique, et tout est arrivé comme cela. J’ai sorti un premier EP de l’Impératrice, au début j’étais seul et je me suis rendu compte que les gens demandaient des concerts. Du coup, j’ai trouvé des musiciens et l’aventure à commencé... 

Comment vous vous êtes rencontrés ? 

Nous sommes 6 dans le groupe, et on s’est rencontrés par effet domino disons. Tout d’abord, il y a Anni, claviériste, qui était un pote de pote, nous nous sommes rencontrés par hasard, il était violoniste à la base et il a fait du violon disco par la suite et j’étais motivée pour faire du clavier avec lui alors on s’est lancés. Ensuite, nous avons été 5 pendant un long moment. Au début, cela était purement instrumental. Puis on a rencontré Flore, qui a commencé à chanter sur nos instru. 

Comment faites-vous pour composer tous ensemble ? 

Jusqu’à l’album, j’ai composé les lignes de bases et les autres réarrangent à leur manière et au fur à mesure cela prend forme. Mais finalement de plus en plus, nous composons tous ensemble, nous partageons nos idées. Mais ce que je voulais c’est qu’ils comprennent vraiment la ligne artistique de l'Impératrice.  

De quoi parle votre nouvel album ? Pourquoi s’appelle-t-il « Matahari » ? 

Nous avons toujours sorti des EP et nous avons toujours eu des noms un peu évocateurs comme l’Impératrice, qui signifie pour nous : le génie qui sort de la lampe. On fait exister le personnage de l'Impératrice lorsqu’on joue. Nous avions sorti l’EP Odyssée, l'Impératrice ou encore Théodora, cette courtisane très aimée mais bourrée de vices, où par exemple sur le titre "Agitations tropicales", elle fait des partouses dans la jungle. Sur "Matahari", l’Impératrice n’existe pas vraiment mais on a tout de même affilié un peu d'elle à cette histoire. L’album parle d’une espionne hollandaise qui s’est inventée toute une vie. Il y a un côté très romanesque, pleins de visages chez elle, un peu comme nous, nous sommes 6 musiciens, 6 visages. 

Vous chantez majoritairement en français, parfois en anglais, mais dans votre dernier album il y a moins de titres anglophones, pourquoi ce choix ?

Oui puis là on a une chanteuse, ce qui change la donne. On a tout de même fait quelques morceaux en anglais comme "Le baron rouge", la "Sonate pacifique", et là, sur notre dernier album "Dreaming of you". On arrive aussi à une époque où on peut défendre le français presque partout, la scène française s’exporte beaucoup plus qu’avant.

Pourquoi avoir attendu plusieurs années avant de sortir votre premier album ? 

C’est vrai que la sortie est tardive, mais on s’est vraiment posé la question de la nécessité d’un album. On vit dans une époque où la consommation de la musique a changé et change encore, le format de l’album n'est plus trop d’actualité, alors on s’est dit : est ce que cela vaut vraiment le coup? À contrario, c’est important car il y a une attente médiatique, en France les médias ne jugent quasiment pas lorsque tu n’as pas sorti d’album et il y a aussi une attente du public bien sûr. 

C’est votre première date à Londres ? Avez-vous déjà joué au Village Underground? 

Oui c’est notre première fois. On en crevait d’envie depuis le début! C’est une ville que l’on adore. Il y a une histoire de la musique importante et c’est un peu comme aller jouer à New York, c’est une étape importante dans une carrière, d'autant plus que Londres est une ville ou la communauté francophone est fortement implantée. 

Si vous deviez comparer le public londonien et le public parisien ? 

Je m’attends à des gens très chauds, qui aiment plus la musique qu’en France, des gens sensibles à ce qu’on va réaliser sur scène tout simplement, ce sera la surprise! 

Quels sont vos artistes anglais préférés ? 

Alors Flore est une fan ultime des Beatles. Après nous aimons énormément d'artistes, il n’y a rien à "jeter". Nous aimons surtout beaucoup l’esprit rock des années 60-70 des banlieues de Londres ou de Manchester. Mais nous aimons l’esprit et la manière de faire des Anglais, surtout à Londres, même au Royaume-Uni, ce n’est pas autant reconnu la musique. On ne va pas te faciliter la vie pour autant parce que tu fais de la musique. En France, il y a le système de l’intermittence, on nous verse des sous tous les mois. Ici il y en a pleins qui s’en sont sortis par rapport à la musique. 

Avec quel chanteur ou musicien aimeriez-vous collaborer ? 

Nous aimerions collaborer avec Adèle. Flore elle, aimerait beaucoup faire quelque chose avec Paul Maccartney. Mais nous aimerions également beaucoup travailler avec des producteurs ou artistes anglais comme Joe Goddard, ou encore Archive. 

Quels projets avez-vous pour la suite ? À Londres peut être ? 

Nous avons une tournée aux Etats Unis qui est prévue, ainsi qu’en Europe. Là, on part en tournée jusqu’à mai prochain. Nous voulons tout de même prendre notre temps, même si nous avons beaucoup de projets en vue. 

Quel serait votre plus grand rêve en tant qu’artiste ? 

Mon rêve serait de faire de la musique de film, je trouve cela hyper émouvant, extrêmement intéressant de travailler avec un réalisateur, c’est assez fantastique!

Outre la musique, l’Impératrice c’est aussi une esthétique avec vos clips et pochettes, comment travaillez vous cela? 

On aime beaucoup soigner l’esthétique. Concernant les pochettes, les clips, on travaille tout le temps avec des gens différents. On recherche des réalisateurs qui ont une belle esthétique et on leur laisse carte blanche, c’est important pour nous de laisser libre l’imagination de chacun. Ce qui est intéressant ici, c'est que nos clips apportent une seconde lecture à notre musique... 

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Infos Pratiques
Date : le 16 janvier 2019
Lieu
Village Underground, 54 Holywell Ln, Londres EC2A 3PQ
Infos
Horaires : De19h20 à 23h Prix : environ £12

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