Pierre Niney joue Romain Gary au cinéma FR
CINÉMA

Pierre Niney joue Romain Gary au cinéma

Mathilde Riboulleau le 04.10.18

Qu’est-ce que cela vous fait d’être à Londres pour l’avant-première UK de La Promesse de l'aube

Je suis très heureux d’être ici. J’adore cette ville, à une période je venais beaucoup. D’ailleurs, j’aimerais bien vivre ici pour essayer de comprendre un peu plus les règles du jeu. 

Pouvez-vous nous pitcher le film ainsi que votre rôle ? 

Pitcher le film, alors oui, c’est l’histoire d’un enfant, Romain, qui est né en Pologne et qui toute sa vie, va tout faire pour rendre sa mère fière de lui, pour être à la hauteur des attentes démesurées, disproportionnées, et folles qu’elle a pour lui.

C’est une histoire vraie en partie, d’un héros qui a vraiment existé, Romain Gary, qui à la fois écrit des chefs-d’œuvre littéraires tout en bombardant les Allemands, et qui a une vie des plus dingues et des plus romanesques qu’on puisse imaginer. 

Pourquoi vous avez accepté ce rôle ? 

Pour toutes ces raisons (rire). Ce sont aussi des rôles hors du commun qu’on ne nous ne propose pas tous les jours. J’aimais beaucoup l’idée du film qui est le lien maternel, mère-fils. On est à la fois dans un cas de figure très singulier où la mère est assez étouffante, quasi monstrueuse, et en même temps on comprend qu’elle est la source d’inspiration de cet auteur qu’est devenu Romain Gary.

En même temps c’est un sujet très universel, lorsqu'on a présenté le film en France, les gens sortaient des salles et 9 fois sur 10, ils nous disaient : "j’ai envie de parler à ma mère, j’ai envie de lui dire des choses".

Etait-ce compliqué de jouer ce lien mère fils si intense, sans penser à la relation que vous avez avec votre mère ?

C’est ça qui est intéressant quand on est acteur, c’est à la fois de créer des choses qu’on ne connaît pas, d’essayer de les comprendre, de les représenter à l’écran et de s’inspirer de ce qu’on connaît. Evidemment, je suis un être humain et c’est ça qui est intéressant, mêler des choses que moi je ressens avec mon rôle. Cette relation est une relation universelle que tout le monde connaît, j’aime au cinéma quand la petite histoire devient la grande histoire! 

Vous aviez lu les ouvrages de Romain Gary avant de tourner le film ? 

Je les connaissais assez mal quand Éric Barbier m’a proposé le film. Du coup, je me suis plongé dedans. J’ai fait beaucoup de recherches sur Gary, sur sa vie et j’ai lu ses livres, je n’ai pas tout lu car je ne suis pas un spécialiste, mais oui, il a une écriture magnifique, et avec beaucoup d’humour finalement. 

Quelles difficultés avez-vous rencontrées en tournant ?

Le plus dur c’était peut-être de garder le fil rouge, car je joue des scènes où il a 18 ans, et d’autres où il a 40 ans et quelques, donc c’était dur de ne pas perdre l’intensité, les enjeux du personnage, parfois avec pas mal de maquillage sur la partie plus âgée. C’est un truc à ne pas perdre de vue, d’autant plus que les films, on les tourne dans le désordre donc il faut toujours se souvenir de ça. 

Combien de temps avez-vous mis pour tourner le film ? 

Nous avons tourné pendant 2 mois et demi environ. C’est rapide pour un gros film comme cela. D’autant plus que nous avons tourné au Maroc, en Italie, en Belgique et en France. 

Cela fait quoi de jouer avec Charlotte Gainsbourg ? 

C’était génial, le film m’attirait beaucoup aussi en partie par ce qu’il y avait Charlotte. Je trouve que c’est une actrice super intéressante et qui a des choix parfois très radicaux. Elle est toujours super-juste et super-puissante. Et là, je savais qu’elle venait faire quelque chose de très différent dans ce film. Je sais qu’elle a surpris les gens avec ce rôle de mère très affirmé, très haute en couleur, une mère à la fois étouffante et vraiment « bigger than life ». Ça me plaisait de la voir faire ça et de le faire avec elle.

Comment vous vous êtes préparé pour le rôle ? 

J’ai appris le polonais, mais j’avais 15 phrases dans le film, Charlotte, par contre, avait toute la partie enfance qui se passe en Pologne, donc elle a fait énormément de polonais pour vraiment effacer l’accent. Elle a beaucoup travaillé. On avait chacun des profs.

Après, il y a eu le côté militaire dans les avions, on est montés dans des avions des années 40 pour retrouver les sensations que Romain Gary a eues, lorsqu’il était aviateur et qu'il bombardait les Allemands pendant la guerre. Et ensuite, se plonger sur la vie et l’histoire de Romain Gary. Qu’est-ce qu’on fait d’autre en prépa…? Je ne sais même plus, c’est loin maintenant ! (rire).

Qu’est ce qui était spécial dans ce film par rapport à vos autres tournages ? 

C’est un film où il y avait énormément de décors et de scènes différentes. C’est un roman tellement riche, il se passe tellement de choses, que même si nous, on a évidemment fait une adaptation de ça, il doit y avoir 500 situations dans le roman et dans le film on en a 100. C’est un film très riche.

Nous sommes allés au fin fond du Maroc, dans le désert, en Italie dans des petits villages pour créer le Mexique. On changeait souvent d’équipes aussi pour avoir des gens qui connaissant bien les lieux. On passe de Paris dans les années 40 et d’un coup la scène d’après on est au fin fond du Mexique, ça, c’est une richesse que tous les films français n’ont pas et qui était super à mettre à l’écran.

Avez-vous des anecdotes de tournage à nous raconter ?  

Oui, les avions c’était assez marrant, enfin non, pas marrant j’ai vraiment cru que c’était le dernier jour de ma vie (rire). En fait un jour Éric Barbier le réalisateur me dit "viens demain 2 heures en avance, je veux te montrer un truc" , donc j’arrive et il me dit  "voilà je te présente Norbert, ancien militaire, il entretient des avions militaires des années 40, des vrais avions de l’époque, des vrais bombardiers".

Il faut savoir que Romain Gary à l'époque n’était pas du tout dans des avions sécurisés. Il se positionnait dans le nez de l’avion dont le bout est en verre. Ceux qui aiguillaient le pilote étaient là-dedans et ce sont eux qui larguaient les bombes aussi. Il voulait que j’aille là-dedans et les mecs faisaient que des trucs de malade, ce sont des avions qui pèsent des tonnes et qui n’ont pas volé depuis des années. Ils faisaient exprès de faire des trucs de fous, on n’était pas loin du looping.

Vraiment quand tu es dans ce petit abri en verre, tu vois tout le sol, au-dessus etc. les nuages et inversement quand ça se retourne, je n’étais pas rassuré. Mais bon en même temps c’était utile. Et ensuite on tournait en studio pour avoir exactement les sensations du bruit, de comment ça bouge, à quel point tu te sens vulnérable donc c’était intéressant mais effrayant (rire). 

Quels sont vos endroits préférés à Londres ?  

Je suis très touriste (rire). Je ne vais pas être dans des trucs très pointus, Brick lane c’est un truc dont je me souviens et j’adorais aller là-bas, boire des coups, écouter de la musique. Il y a aussi Soho House. J’aime aussi beaucoup ce restaurant indien à Whitechapel, Tayyabs, je ne sais pas s’il existe encore mais c’était mon QG quand je venais à Londres avant.

Quels sont vos acteurs anglais préférés ? 

Kate Winslet! C’est mon actrice préférée, ça c’est sûr. Mais il y en a plein en fait, tous les bons acteurs américains sont anglais, en fait. J’aime aussi beaucoup Ralph Fiennes. 

Qu’est-ce que vous appréciez chez les Anglais ?  

Je dirai que les Anglais sont plus procéduriers dans les rapports humains mais en même temps plus tolérants, là où nous, on est plus freestyle et plus dans le jugement. Mais j’aime le fait qu’à Londres tu puisses t’habiller comme tu veux, c’est plus permissif, les gens ne font pas gaffe, j’aime beaucoup.

Il y a aussi plus de douceur, je ne sais pas si c’est fake ou non mais par exemple lorsqu’une dame monte dans un taxi le chauffeur peut dire « hello darling », cela ne se ferait jamais en France, il y a une bienveillance que j’adore!

Quels sont vos projets pour l’avenir ? À Londres peut être ? 

À Londres, oui peut-être une tournée de théâtre qui viendrait à Londres, mais je ne peux pas en dire plus. J’aimerais beaucoup venir jouer ici car il y a une culture du théâtre incroyable. Sinon, oui, j’ai un film qui sort fin novembre, «Sauver ou périr», j’aimerais qu’il vienne aussi en Angleterre. J'en suis très fier, c’est un film magnifique. 

 

 

 

 

 

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Infos Pratiques
Date : le 03 octobre 2018
Lieu
Institut Français, 17 Queensbery Pl, Kensington, Londres SW7 2DT
Infos
À noter que le film est en salle dans tous les cinémas de Londres.

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