Mes seins, j'en prends soin
SANTÉ

Mes seins, j'en prends soin

Dr Christine Frayret le 01.05.18

Je demande au gynéco d'examiner (aussi) mes seins

Deux vérifications valent mieux qu'une. L'autopalpation à la maison, une fois tous les 3 mois minimum (la semaine après les règles car seins sont plus souples), c'est une bonne habitude. On observe d'abord l'aspect de la peau, du mamelon... Puis, bras levé, main derrière la tête du côté du sein à examiner, on palpe avec les trois doigts de l'autre main, bien à plat, en commençant par la partie externe (y compris la zone entre aisselle et sein) et en effectuant de petits cercles en se rapprochant du mamelon. Mais ce n'est pas toujours facile, surtout si on a des seins très volumineux et/ou très denses. Donc l'idéal, en parallèle, c'est une palpation en bonne et due forme par le gynéco, une fois par an.

Je consulte si quelque chose change

On peut avoir au niveau des seins plein de petits bobos ou anomalies qui n'indiquent pas un cancer et n'évolueront pas méchamment. « Mais devant toute nouveauté (une boule qu'on ne sentait pas avant, un écoulement surtout s'il est coloré et d'un seul côté, un mamelon qui change de forme, la peau qui change d'aspect ou de couleur...), il faut consulter rapidement son gynécologue, par précaution », recommande le Dr Frayret. Face à une boule, la mammo sera alors l'examen de référence (parfois associée à une écho) pour repérer si c'est un kyste (nodule rempli de liquide, fréquent entre 40 et 60 ans), un adénofibrome (nodule rempli de fibres, surtout avant 30 ans), un lipome (nodule rempli de graisse)... Dans 90% des cas, c'est totalement bénin. Et on ne l'enlève pas systématiquement, uniquement si cette boule nous gêne parce qu'elle est très grosse ou qu'on préfère la retirer pour l'analyser.

Je ne zappe pas ma mammo

Difficile de faire ressortir des conseils précis pour se protéger du cancer du sein car ce dernier est très multifactoriel (stress, hygiène de vie, prédispositions familiales...). La mammo reste donc le meilleur geste en prévention, tous les 2 ans minimum à partir de 50 ans.Et en cas d'antécédents dans la famille ou de facteurs de risque perso... on en parle à notre médecin qui prescrira des mammos de contrôle bien plus tôt, dès 35 ou 40 ans.

Je mise sur la progestérone contre les douleurs

Les douleurs au niveau des seins sont très souvent hormonales, surtout si on les ressent des deux côtés, à certaines périodes du cycle ou au moment de la ménopause. Pas question de souffrir en silence : un excès d'oestrogènes étant généralement en cause, compenser avec de la progestérone peut aider, même si son efficacité est variable. Si on a besoin d'une contraception, le gynéco peut par exemple prescrire un progestatif seul au lieu d'une pilule combinée. Il existe aussi des crèmes locales ou des médicaments par voie orale à base de progestérone

Je redouble de vigilance pendant la grossesse et l'allaitement

« On a tendance négliger les seins pendant cette période, or les cancers qui apparaissent à ce moment-là, chez des femmes jeunes par définition, sont souvent assez agressifs car très hormonodépendants », rappelle le Dr Frayret. On continue l'autopalpation et on profite des consultations gynéco du suivi de grossesse pour lui demander de nous examiner. Si on allaite, on n'hésite pas à demander conseil à la sage-femme qui nous suit si on note quelque chose de bizarre. Il peut par exemple y avoir un abcès, c'est à dire une boule de pus dans le sein (ça lance, on a la peau rouge, de la fièvre...) à traiter par antibiotiques, ou un risque de crevasses si on a les mamelons douloureux (il faut revoir la position du bébé et  appliquer des crèmes en prévention et pour cicatriser).

 En cas de risque accru de cancer, je m'expose le moins possible aux oestrogènes

Quand on a des facteurs de risque particuliers de cancer du sein (antécédents familiaux ou microcalcifications notamment), on essaie de réduire au maximum l'exposition aux oestrogènes

. Si on a déjà eu un cancer hormono-dépendant (sein, ovaire...), le THS est carrément déconseillé. « Dans ces cas-là, il ne faut pas prendre d'oestrogènes du tout, même sous forme de phyto-oestrogènes via les plantes type soja, houblon, sauge, etc. On essaie de traiter les symptômes autrement, sans hormones », rappelle le Dr Christine Frayret, gynécologue spécialiste du sein.

Merci au Dr Christine Frayret, gynécologue et sénologue à Paris, auteur du site www.vingthuitjours.com

 

 

 

 

 

 

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