Le lockdown en images par Guillaume Squinazi
EXPAT LIFE

Le lockdown en images par Guillaume Squinazi

Clémentine Vachez le 30.06.20

Guillaume Squinazi est photojournaliste depuis 15 ans en France et à l'étranger, formé aux Beaux-Arts et dans une école de photographie à Paris, il vit entre Paris et Londres dans le quartier de Greenwich depuis 1 an. Ses projets sont nombreux : collaborations artistiques, reportages et également plusieurs projets d’éditions de livres à travers la maison d’édition A Parisian in Paris. Ses projets et travaux lui ont valu quelques prix et récompenses comme Arles, Visa pour l’image et Chroniques Nomades. Après avoir photographié Londres à travers une longue-vue en 2019, rencontre avec Guillaume Squinazi qui nous explique comment il a transformé sa vision du lockdown en images.

Comment avez-vous eu l’idée du projet « Horizons Confinés » ? 

Il m’a fallu un certain nombre de jours, de tests et d’essais pour concevoir cette idée, mais dès le début du lockdown, j’ai commencé à regarder par la fenêtre et photographier les vues de mon extérieur que je n’avais jamais pris le temps d’observer auparavant. Pour illustrer le confinement, mes confrères photographes sont en majorité sortis, et ont capturé le « vide » de la ville ou les personnes à leur domicile. À contre-pied, j’ai choisi de rester chez moi pour le saisir. En effet, je n’ai pas adhéré au fait qu’une rue vide ou qu’une personne chez elle, soit des images qui représentent en elles-mêmes, la quarantaine. D’autant que, sans la date de prise de vue, ces images ne diront plus rien de l’enfermement, dans l’après. Plusieurs éléments m’ont alors paru importants pour composer une image qui contienne une expression, ou une vision du lockdown : la date de prise de vue, la séparation symbolique entre l’intérieur et l’extérieur et la répétition des vues photographiées. Ces symboles sont représentés en image par le calendrier, la fenêtre, et les angles de vues répétitifs. 

Pourquoi avoir pris le même angle de vue en le déclinant en photos différentes ? 

Le lockdown a représenté en lui-même une monotonie, une répétition du temps, des jours, des heures. C’est ce que j’ai voulu exprimer en photographiant le même angle de vue chaque semaine à des heures différentes. Puis, des perspectives différentes se sont offertes à moi, d’où le changement de vue que j’ai opéré. Car on finit par lutter contre cet enfermement et se forcer à regarder ailleurs. La répétition des vues a été le symbole de ces jours qui se ressemblent tous. Les semaines symbolisent quant à elle un nouvel élan vers la fin du confinement.

Pourquoi c’était si important pour vous d’exprimer en image ce lockdown ? Quel était votre but et le message que vous vouliez faire passer ? 

Dès le départ, en tant que photojournaliste, la question du rapport à la photographie durant cette quarantaine s’est posée à moi : comment exprimer en image le lockdown inédit qui touche 4 milliards de personnes dans le monde ? C’était un défi, une forme d’urgence à produire pendant cette période. Pour remplir le vide imposé par cette quarantaine, à travers mon médium qu’est la photographie. J’ai aussi voulu l’exprimer avec les règles du jeu de tout le monde, même si mon statut de journaliste m’aurait permis de sortir à tout moment. Le but était de laisser une trace de cet épisode inédit de nos vies, vécu de l’intérieur. 

Pendant combien de temps avez-vous fait ce documentaire photo ? 

Ce projet documentaire s’est déroulé pendant 42 jours. De l’annonce du confinement, aux premières règles qui ont allégé le lockdown. Ce travail représente donc les 6 premières semaines strictes du lockdown. Chaque semaine, la vue change. Ainsi, j’ai composé 6 séries de 7 images par semaine.

Vous comptez refaire la même chose en post-lockdown ? 

Non, je considère cet épisode comme passé. Pour clore ce travail, la série « Horizons Confinés » sortira prochainement sous la forme d’un livre. La suite de mes images du post-lockdown s’inscrira dans une nouvelle forme, une reconstruction, une liberté retrouvée.

 

Horizons Confinés par Guillaume Squinazi, Éditions A Parisian in Paris, 34,90€, disponible ici.

 

Partager

à voir également