Le ministre en charge futur de l’immigration au Royaume-Uni, Kevin Foster encourage les expatriés européens à demander leur settled status
BREXIT

Le ministre en charge futur de l’immigration au Royaume-Uni, Kevin Foster encourage les expatriés européens à demander leur settled status

Nadège Alezine le 30.06.20

 Il reste un an aux citoyens européens pour faire leur demande de settled status au 30 juin 2021.Kevin Foster MP dirige une branche particulière du Home Office, en tant que Minister for future borders and immigration, il traite toutes les questions relatives au settled status scheme mis en place pour attribuer le droit de rester aux citoyens européens établis au Royaume-Uni, après le Brexit.

Depuis le 30 mars 2018, tous citoyens européens résidants au Royaume-Uni ont accès à une application en ligne (sur Android et IOS) qui leur permet de faire leur demande de settled status en quelques clics. Avec un passeport valide et un national insurance number, ils peuvent alors prouver qu’ils sont résidents depuis au moins 5 ans pour obtenir le settled status et obtenir un pre settled status s’ils comptent moins de 5 ans de résidence sur le sol britannique. 

Avec près de 3.3 millions de citoyens qui ont déjà reçu leur settled status, il reste encore des milliers de citoyens européens qui n’ont soit toujours pas fait leurs demandes ou simplement pas reçu de nouvelles du Home Office concernant leurs statuts futurs. Joint par téléphone, Kevin Foster a bien voulu répondre à quelques-unes de nos questions sur le sujet.

Pensez-vous que le Home Office aura su faire face à toutes les demandes de settled status avant la date fatidique du Brexit ?

Oui, sans aucun doute. On a déjà pu donner un setteld status à 3.3 millions de citoyens européens établis au Royaume-Uni en un temps record parmi les 3.6 millions qui ont fait leurs demandes. Il reste encore beaucoup de travail à faire pour le Home Office afin de s’assurer que tout le monde puisse recevoir un statut, notamment, je pense aux personnes les plus vulnérables, qui ne pourraient pas faire leurs demandes en ligne, par exemple. Nous travaillons beaucoup sur ce sujet avec nos équipes et partenaires pour que ces personnes vulnérables puissent aussi faire leurs demandes à temps et notre but est de faire passer le message à tous les citoyens européens pour qu’ils fassent leur application à temps.

Comment le Home Office s’est-il organisé pour faire face aux nombres d’application au Settled Status Scheme pendant la pandémie ?

Nous recevons des milliers d’applications quotidiennement au Home Office pour des demandes de settled status et pendant la pandémie, nos 1500 agents ont pu traiter ces dossiers en travaillant de chez eux ; mais il est aussi vrai que pendant cette période de confinement, nous avons reçu moins de demandes à traiter que d’habitude. Nous en avons profité pour améliorer notre système informatique, améliorer notre collaboration avec les autorités locales pour traiter des dossiers par courrier, par exemple. Mais surtout, ce sont envers les personnes vulnérables que notre attention s’est portée, pour être sûr que tout le monde puisse avoir sa chance de demander son settled status à temps.

3.3 millions de citoyens européens ont déjà reçu leur settled status. Que se passe-t-il pour ceux à qui il a été refusé ?

Parmi les millions d’applications au settled status Scheme, 77% des personnes ont été acceptées mais 900 personnes ont vu leur settled status refusés. Simplement car ils ne se qualifiaient pas aux critères demandés ou ne pouvaient pas justifier d’avoir travaillé ou vécu au Royaume-Uni avec des documents valables à l’appui. Si certains d’entre eux pensent que le Home Office leur a refusé le Settled Status sans justification, il faut alors qu’ils refassent une demande : c’est rapide et c’est gratuit. Dans les autres cas, les personnes qui se sont vues refuser le settled status ont un casier judiciaire et ont été condamnées pour des faits graves ce qui ne justifie pas leur droit de rester vivre et travailler au Royaume-Uni.

Que se passe-t-il si jamais aucun accord n’est trouvé entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni, lors de négociations ? Le setteld status peut-il être revu ou tout simplement révoqué ?

Je veux rassurer tous les citoyens européens qui ont reçu leur settled ou pre settled status, rien ne sera remis en question si jamais il y a un risque de « No deal » avec l’Union Européenne. Les Européens sont nos amis, nos voisins et nous voulons qu’ils restent. Alors aucune inquiétude à avoir de côté là.

À votre avis, quel est le plus gros problème que pose ce Settled Status Scheme au gouvernement du Royaume-Uni ?

C’est le plus gros challenge migratoire que le Royaume-Uni a jamais connu de son histoire moderne ! On compte des millions de personnes à qui on a dû demander de justifier de leur présence sur le sol britannique et la tâche s’est avérée immense. Nous sommes toutefois satisfaits de la manière dont nous avons réussi à surmonter ce challenge.

Il n’existe aucun moyen physique de prouver son settled ou pre settled status lors d’un contrôle par exemple. Pouvez-vous nous expliquer ce choix ?

Tout le travail que nous effectuons sur les nouvelles problématiques migratoires du futur repose sur une digitalisation des données. C’est plus facile d’utiliser les nouvelles technologies que ce soit pour demander son settled status à travers notre application mobile que de prouver son statut par un système digital. Le problème que comportent les cartes d’identité physiques par exemple c’est qu’elles peuvent être contrefaites, perdues ou volées. Avec ce système tout digital, nous facilitons les choses pour tout le monde.

Pour faire sa demande de settled status, rendez-vous sur le site du Home Office ici.

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