Manifestations Black Lives Matter à Londres ce week-end Coup de coeur
LONDON LIFE

Manifestations Black Lives Matter à Londres ce week-end

Clémentine Vachez le 08.06.20

Des milliers de personnes se sont rassemblées ce week-end pour manifester contre l'assassinat brutal de George Floyd aux États-Unis. Ce samedi, les manifestants ont donc rempli la place du Parlement de Londres en brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « les vies noires comptent », « le silence des blancs est une violence », « le Royaume-Uni n'est pas innocent », « le racisme tue plus que le Covid-19 ». Retour sur une journée de manifestation en plein cœur de la capitale.

Une manifestation pacifiste

Samedi 6 juin 13h : point de rendez-vous pour les manifestants autour de Parliament Square. Après un métro bondé et des distances de sécurité oubliées, les manifestants de Londres défendaient ce samedi 6 juin une autre pandémie : celle du racisme. Avant de commencer la marche, les manifestants sur la place du Parlement se sont agenouillés tout en levant le poing en l'air, avant que la foule ne se mette à chanter « pas de justice, pas de paix » et à crier le nom de George Floyd, un homme noir assassiné quelques jours auparavant par un policier blanc. De Parliament Square en passant par Victoria et Pimlico, le but de la marche protestante était de finir devant l’Ambassade Américaine de Londres située à Vauxhall. 

 

Malgré des mesures de distanciation sociale pas vraiment respectées, le respect des manifestants les uns envers les autres étaient bien présents. La marche jusqu'à l’Ambassade Américaine de Londres s’est déroulée avec certes des manifestants engagés qui exprimaient leur colère, mais dans une atmosphère largement pacifiste.

… qui s’est transformée en émeute devant Downing Street 

Cependant, à mesure que la journée avançait, The Guardian rapporte que des tensions ont commencé à s'enflammer après qu'un homme blanc ait tenu des propos racistes, incitant une personne à lui jeter un verre à la figure. L’atmosphère de la manifestation, à la base pacifiste a commencé à prendre un autre tournant, celui de la violence devant Downing Street samedi soir. Plusieurs vidéos deviennent virales sur Twitter et montrent la violence de certains manifestants envers les policiers et leurs chevaux. Un officier a été conduit à l'hôpital avec des blessures après que son cheval ait paniqué et heurté un feu de circulation. 

Le maire de Londres, Sadiq Khan, a fait l'éloge de ceux qui ont protesté pacifiquement mais a déclaré « À la minuscule minorité qui a été violente et qui a lancé des bouteilles en verre et allumé des fusées éclairantes, vous avez mis en danger une manifestation sûre et pacifique et laissé tomber cette cause importante ». 

Plus tôt dans la journée, à Bristol, des manifestants ont abattu une statue du marchand d'esclaves du XVIIe siècle Edward Colston avant de pousser la statue bronze dans le port. Le ministre de l'intérieur, Priti Patel, a qualifié cette action de « totalement inacceptable », affirmant qu'elle portait atteinte au message des manifestants pacifiques.

« Le Royaume-Uni n’est pas innocent » 

Parmi les pancartes, beaucoup condamnaient le Royaume-Uni et son Premier ministre Boris Johnson, de racistes. Nombreuses d'entre elles portaient des affiches énumérant les noms des victimes noires des violences policières en Grande-Bretagne au cours des 40 dernières années. Exemple le plus récent : Belly Mujinga, 49 ans, qui est morte le 5 avril après s’est faite cracher dessus pendant son service par un homme atteint du Covid-19 à la gare Victoria. La police britannique des transports a indiqué que les inspecteurs principaux avaient conclu « qu'il n'y avait aucune preuve d'infraction pénale et que la mort tragique de Belly Mujinga n'était pas une conséquence de cet incident ». 

Les manifestants britanniques ont également fait preuve d’originalité pour faire appuyer leur message contre le racisme du Premier ministre en « re-mixant » certaines chansons populaires tels que le refrain de « Hey Baby » : «Hey Boris Johnson, I wanna know why you're such a cunt».

La réponse de Boris Johnson à ces accusations

Lors d'une conférence de presse datant du 8 juin, le Premier ministre s'est exprimé sur sa fierté de diriger le pays ainsi que sur son soutien des manifestations BLM de ce week-end. « Oui, je suis fier de diriger le gouvernement le plus ethniquement diversifié de l'histoire de ce pays et oui, je suis fier du travail que j'ai commencé à diriger il y a plus de dix ans pour recruter et promouvoir davantage de jeunes noirs, dans la police et dans d'autres domaines. Et à tous ceux qui ont choisi de protester pacifiquement et qui ont insisté sur la distanciation sociale, je dis oui, vous avez raison, nous avons raison, de dire Black Lives Matter ; et à tous ceux qui ont choisi de protester pacifiquement et qui ont insisté sur la distanciation sociale, je dis oui, bien sûr, je vous entends et je comprends. Et non, je ne soutiendrai pas et ne céderai pas à ceux qui enfreignent la loi, qui attaquent la police ou qui profanent des monuments publics. Nous avons une démocratie dans ce pays. Si vous voulez changer le paysage urbain, vous pouvez vous présenter aux élections ou voter pour quelqu'un qui le fera. »

Quelques célébrités se sont jointes aux manifestations londoniennes « Black Lives Matter » ce week-end comme le rappeur Stormzy ou encore Madonna qui, malgré ses béquilles a tenu à apporter son soutien aux manifestants.

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