Denis Bittmann, directeur du Collège Français Bilingue de Londres se confie sur la réouverture partielle de son établissement scolaire
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Denis Bittmann, directeur du Collège Français Bilingue de Londres se confie sur la réouverture partielle de son établissement scolaire

Clémentine Vachez le 04.06.20

Le Collège Français Bilingue de Londres, c’est 700 étudiants tout au long de l’année, 35 nationalités et 50% des cours en anglais pour les classes primaires. Depuis le mardi 2 juin, sous les conseils du gouvernement britannique, le directeur du CFBL Denis Bittmann et toute son équipe ont rouvert les portes de leur école. Ressenti quelques jours après cette nouvelle rentrée des classes post-confinement avec un directeur d’école qui a tout mis en place pour accueillir les élèves en sécurité.

La réouverture de l’école a-t-elle été compliquée ? 

On n'a jamais vraiment fermé l’école. Pendant le confinement, on a continué d'ouvrir l'école aux enfants de « key-workers », dont les parents travaillaient dans le domaine médical. Tous les jours, nous accueillions 6-7 enfants, de tous les niveaux, accompagnés par deux assistantes d’éducation. En fait, les enfants faisaient à l’école ce qu’ils devaient faire à la maison. On a vraiment essayé d’aider les familles, on a également prêté 120 ordinateurs aux familles qui en avaient besoin.

Ouvrir l’école, ça a été un gros travail en interne. Nous voulions trouver la meilleure réponse possible, pour à la fois respecter les gestes barrières et être à l’écoute des professeurs. 

Dans quelles conditions s’est déroulée cette rentrée ? 

Nous avons fait une pré-rentrée lundi pour pouvoir commencer l’école dès mardi. Nous accueillons maintenant entre 50 et 60 élèves : les grandes sections de maternelles et les CM2. Chaque classe est divisée en deux pour que chaque élève puisse venir à l'école deux fois par semaine : soit le lundi et le jeudi, soit le mardi et le vendredi, avec entre 7 et 14 élèves par groupe de classe. 

À quoi ressemblent une journée d'école et la récréation ? 

Nous avons fait en sorte que toutes les portes de l’école soient ouvertes afin de répartir les entrées, pour que les enfants puissent y aller les uns après les autres. Les enfants rentrent en classe, se lavent les mains et s’assoient. Il y a un adulte par groupe et par lieu, ce qui signifie que chaque groupe va rencontrer deux ou trois adultes pendant ces 4 semaines d’école, pas plus. 

Il y a deux récréations par jour, une le matin, une l’après-midi, temps pendant lequel chaque classe est désinfectée, ainsi qu’un temps de pause le midi. Pour ceux qui mangent à la cantine, les repas sont servis en classe, sous l’assistance de leur assistance d’éducation. 

Comment les professeurs ont réagi à l’annonce de la reprise de l'école ?

Même avant de connaître la décision du gouvernement britannique concernant la réouverture des écoles, on s’était dit, avec toute l’équipe, qu’on allait accueillir tous les élèves, mais avec la moitié de l’effectif par jour. Concernant les professeurs, tout le monde était prêt à revenir, on était tous concentrés sur la préparation de cette petite rentrée. Mais pour les professeurs, la peur de « j’habite loin de CFBL, comment je vais pouvoir venir ? » revenait souvent. On a alors mis en place des promotions de moyens de locomotion et privilégier le covoiturage, on a isolé une partie de la cour d’école pour la transformer en parking et aussi décaler les horaires d’ouverture et de fermeture de l’école pour que personne ne soit dans le rush hour. Les enfants viennent donc beaucoup plus tôt à l’école pour repartir beaucoup plus tôt.

Certains professeurs ont également la peur de transmettre virus aux élèves sans le savoir. Même si les autorités britanniques ne recommandent pas le port du masque à l’école, certains professeurs décident de le porter. On a dit aux familles et enseignements : si vous sentez à l’aise avec, portez le masque. Certains professeurs portent des masques, des visières, des blouses, et d’autres non. 

Quelle a été la réaction des enfants et celle des parents ?

Avant la réouverture de l’école, nous avions fait un sondage auprès des parents pour savoir s’ils comptaient faire revenir leurs enfants à l’école afin de finaliser notre organisation. On était à peu près à 75% des familles qui, quel que soit le niveau, voulaient renvoyer leurs enfants à l’école. Pour les plus petits par exemple, 29 enfants sur 45 sont présents. Depuis la réouverture de l’école, j’accueille les parents et les enfants à l’ouverture des portes et les parents me remercient; ils sont vraiment contents que leurs enfants puissent retourner à l’école. Pareil pour les enfants, ils ont vraiment la banane ! J’ai discuté avec certains parents qui m’ont dit qu’ils avaient totalement respecté les mesures de quarantaine et que leur enfant n’avait pas vu un autre enfant depuis 2-3 mois, donc ils sont vraiment contents d’être là.

Comment appréhendez-vous la rentrée en septembre ?

Je ne l’appréhende pas vraiment car on a eu le temps de se projeter. Dès septembre, on a eu pour consigne de soumettre à chaque élève des évaluations de positionnement, pour savoir ce qu’ils ont retenu de cette période. Ça va être une rentrée assez spéciale car pour la majorité des élèves, ils ne sont pas allés à l'école depuis la mi-mars. C’est très important pour nous qu’ils puissent s’exprimer et savoir ce qu’ils ont ressenti pendant cette période et l’inclure dans la pédagogie d’école avant de remettre en route les habitudes d’école. Certaines matières vont évidemment être adaptées à la situation comme l’EPS, en favorisant les sports individuels et non les sports collectifs.

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