NHS Test and Trace, l’application à outil de traçage numérique
LONDON LIFE

NHS Test and Trace, l’application à outil de traçage numérique

Clémentine Vachez le 29.05.20

On est début mai 2020 et le ministre britannique de la santé, Matt Hancock, annonce le lancement d'une application de recherche du NHS qui permet aux smartphones de suivre les utilisateurs et de leur dire s'ils ont interagi avec quelqu'un qui a le Covid-19. 

L'application utilise la technologie bluetooth d'un téléphone pour enregistrer les contacts lorsque des personnes s'approchent à moins de 1,80 m l'une de l'autre pendant au moins 15 minutes. L’application peut fonctionner de deux manières différentes : l'une est un modèle « décentralisé » dans lequel toutes les informations de contact pertinentes sont conservées uniquement sur les téléphones des utilisateurs et l’autre est le modèle « centralisé », où certaines données sont conservées par le NHS dans une base de données unique. Dans un communiqué, le NHS a déclaré : « Nous pensons que cette application pourrait être importante pour aider le pays à revenir à la normale et à vaincre le coronavirus. »

L’île de Wight, cobaye de l'application 

Désignée pour tester l’application du NHS, l’île de Wight est une petite île située dans la Manche. Isolée du reste du Royaume-Uni, il y est plus facile de tracer les infections. L’essai de l’application sur l'île a permis au gouvernement et aux services de santé d’essayer en conditions réelles l’application. Le ministre britannique de la Santé, Matt Hancock, a insisté sur la nécessité pour les 141 538 habitants de l’île de « faire leur devoir » pour pouvoir «restaurer la liberté » au plus vite dans le pays.

Un respect à la vie privée endommagé ? 

Quelques jours après l’annonce du lancement de cette application de recherche par le gouvernement britannique, ce sont les sauvegardes de données et de respect de la vie privée qui ont apeuré les citoyens. Toutefois, à la question de savoir si les Britanniques devraient être obligés de télécharger l'application à l'avenir, Nick Thomas-Symonds, politicien membre du parti travailliste britannique, a mis en garde : « Tout le monde n'a pas un smartphone sur lequel on peut télécharger l'application. Deuxièmement, il y a aussi les questions relatives à la vie privée et à la sécurité. Il y a des gens pour qui les services de localisation sur leurs appareils mobiles sont désactivés pour des raisons de sécurité particulières et pour se protéger. » Mr Selly, membre du Parlement de l’île de Wight a déclaré, répondant aux préoccupations concernant la protection des données : « Je n'ai jamais téléchargé d'application qui veut connaître moins d'informations. Elle ne demande que la première moitié de votre code postal, des détails de base, rien de plus. L’application pourrait permettre aux grands-parents de revoir leurs petits-enfants, aux pubs de rouvrir, à nos entreprises de reprendre leurs activités. »

Le NHS a également déclaré que « L'application a été conçue dans un souci de respect de la vie privée. Elle ne collecte pas de données personnelles identifiables des utilisateurs. Les utilisateurs resteront toujours anonymes. Les données anonymes collectées par l'application COVID-19 du NHS ne seront utilisées que pour les soins, la gestion, l'évaluation et la recherche du NHS. »

Et si les citoyens britanniques ne veulent pas la télécharger ... 

En Angleterre, environ 60 % de la population doit télécharger l'application pour qu'elle fonctionne. Comme Google et Apple représentent neuf téléphones sur dix, il pourrait être plus facile de se servir de leur logiciel. Sans leur aide, les applications peinent à fonctionner correctement. Malgré un gouvernement britannique qui affirme que l'application est « totalement confidentielle » et que l'identité des personnes avec lesquelles elle est en contact n'est pas révélée, le ministre de la santé d'Irlande du Nord, Robin Swann a déclaré qu'il n'encouragerait pas les gens à télécharger l'application britannique de recherche de contacts lorsqu'elle sera disponible dans la région. M. Swann a ajouté que l'Irlande du Nord travaillait plutôt sur une « version Irlande du Nord » de l'application de recherche des contacts, la première administration décentralisée à le faire.

Depuis le 28 mai, toute personne dont le test de dépistage du coronavirus sera positif sera contactée par le service Test and Trace du NHS et devra partager des informations sur ses récentes interactions. Le service Test and Trace du NHS est opérationnel aujourd'hui, 28 mai, en Angleterre, avec 25 000 employés chargés de la recherche des contacts et la capacité de retracer les 10 000 contacts par jour. 

StopCovid, l’outil de traçage numérique français 

Malgré de nombreuses propositions d’application, le gouvernement français travaille sur une application afin de ralentir la propagation de la maladie, qui serait prête le 2 juin. Le 26 mai, la Cnil a donné son feu vert pour la mise en place de l'application StopCovid. 

Dans un entretien pour Le Monde, Cédric O, secrétaire d’État chargé du numérique a confié que cette application, utilisable « sur la base du volontariat », permettrait d’alerter les Français qui le souhaitent afin de savoir s’ils ont été en contact, pendant une certaine durée, avec une personne infectée par le Coronavirus. Concrètement, l'appli StopCovid, dont l'installation ne sera pas obligatoire, permettra à une personne positive au coronavirus d'alerter automatiquement tous les utilisateurs avec lesquels elle a eu un « contact prolongé » récemment, à moins d'un mètre et durant plus de quinze minutes, afin qu'ils se fassent tester à leur tour.

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