Mode et confinement : Deux Françaises de Londres se sont mises à fabriquer des masques de protection Coup de coeur
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Mode et confinement : Deux Françaises de Londres se sont mises à fabriquer des masques de protection

Clémentine Vachez le 16.04.20 - modifié le 16.07.20

À l’heure où 3 milliards d’habitants sont forcés de rester chez eux des suites de la pandémie de Coronavirus, l’industrie de la mode regorge de créativité pour s’adapter à cette crise. C’est le cas par exemple de l’entreprise française « L’Oréal » qui s’est mobilisée en fabriquant du gel hydroalcoolique en quantité importante pour soutenir les besoins des autorités sanitaires françaises et européennes. Alors que le port du masque se généralise, de plus en plus de masques de protection dits « alternatifs » circulent sur la toile. Le masque artisanal devient un accessoire de mode. Fun et original, il est en vogue et il protège. 

On a fait la rencontre virtuelle de deux Françaises, Cécile Millinery et Anne-Sophie Cochevelou, expatriées à Londres depuis de nombreuses années, qui utilisent leur créativité à bon escient durant cette période de confinement. Après un master à la Central Saint Martins en costume et performance, Anne-Sophie Cochevelou s’est mise à son compte en créant sa marque d’accessoires de mode, de bijoux et de costumes avec un style très coloré et assez théâtral. Travaillant comme costumière free-lance pour la télévision et le théâtre, Cécile Millinery a également créé sa marque de confection de chapeaux, de fleurs en soie et d’accessoires faits main.

Un confinement vécu différemment ... 

Face à l’ampleur de la crise sanitaire, le monde du travail est affecté par les retombées économiques qui s’ensuivent. Ainsi, les manières de réagir au confinement sont différentes. 

Cécile Millinery se confie alors sur ses difficultés à remonter la pente : "Depuis le confinement, je n’ai plus de travail et plus d’argent donc c’est très stressant, car si ça continue encore quelques mois, je ne suis pas sûre d’avoir assez d’économies pour survivre. Mais j’essaye de ne pas me laisser abattre, car nous sommes privilégiés d’avoir à manger et un appartement ». Cependant, la créatrice de mode Anne-Sophie Cochevelou, malgré ses inquiétudes, à réorienter sa production sur les masques : « Je vis mon confinement étonnement bien, passant d’ordinaire mes journées seule dans mon atelier à mon domicile à travailler sur mes projets, mon mode de vie n’a pas tellement changé. Après bien sûr, il y a le contexte anxiogène, les problèmes financiers et la difficulté à s’approvisionner en nouveaux matériaux. Beaucoup de mes commandes pour des spectacles, des événements ou des mariages ont été annulées. J’ai aussi un job d’appoint de figurante dans le cinéma qui est aussi en suspens. »

Une volonté d’aider pour répondre à un besoin 

L’idée de fabriquer des masques artisanaux pour Cécile Millinery et Anne-Sophie Cochevelou provient d’une même idée : celle de répondre à un besoin. Pour Cécile Millinery, après quelques commandes d’accessoires de mode, elle a commencé à offrir en cadeau des masques pour assortir le tissu avec celui des paniers qu’elle customise et vend en ligne : « J’ai mis en story Instagram mes masques, j’ai eu beaucoup de demandes donc je ne fais plus de masques ». Pour Anne-Sophie Cochevelou, qui a commencé à en coudre pour ses proches et amis, c’est en les publiant sur les réseaux sociaux qu’on lui a demandé s’ils étaient disponibles à la vente : « du coup, j’ai fait des masques sur-commande puis j’en ai mis quelques-uns sur ma boutique en ligne et ils sont tous partis d’un coup. Je me suis alors mise à diversifier mes modèles pour répondre à la demande ». 

« Affirmer son style et son originalité tout en se protégeant » 

C’est en alliant compétence et créativité qu’Anne-Sophie Cochevelou fabrique ses masques artisanaux : « J’essaye d’appliquer les éléments et les codes que j’utilise dans mon travail habituel (couleurs, jouets, pop culture, humour). Je n’avais jamais travaillé sur des masques auparavant. Cette petite surface du visage située sous les yeux regorge de potentiel créatif, ce qui m’ouvre de nouveaux horizons au quotidien ! Affirmer son style et son originalité tout en se protégeant ».

« Je couds, je collecte et je livre autant que je peux » 

À la base en cadeau pour ses clients, la fabrication des masques de Cécile Millinery est symbolique : « les masques ne sont pas chers, je les vends entre £3-5, je n’essaye pas de me faire du bénéfice mais plutôt d’aider. » Mais ce soutien pendant cette période de confinement ne s’arrête pas là. Elle est également bénévole pour le NHS où elle coud des vêtements pour le personnel hospitalier : « Je pense que c’est un devoir d’aider dans ce genre de situation. Je fais partie de plusieurs communautés qui se sont très vite créées avec le commencement du Covid 19 donc je couds, je collecte et je livre autant que je peux. »

       

Une créativité mise à rude d’épreuve tout en respectant une empreinte écologique 

Pour Cécile Millinery ou pour Anne-Sophie Cochevelou, la provenance du tissu est primordiale. « Pour trouver les tissus les plus éco-friendly et issu du développement durable » Cécile Millinery a choisi de se fournir chez Liberty. Elle fait aussi toutes ses livraisons (masques et vêtements) à vélo : « c’est éco-friendly, sans risque et en même temps ça me permet de faire du sport ! » Anne-Sophie Cochevelou, quant à elle, a commencé la fabrication de ses masques « avec des chutes de tissus récupérées d’anciens projets, j’utilise beaucoup de matériaux de récup et je ne jette jamais rien. Ensuite, j’ai la chance d’avoir à une minute à pied la seule boutique de loisir et de création ouverte dans les environs : Ultimate Craft Stoke Newington. Je m’approvisionne donc chez eux, je suis devenue une très bonne cliente ! » 

Ces deux Françaises aux profils assez différents œuvrent toutes les deux pour allier mode et santé. Ainsi, elles se servent de ce confinement imposé pour être plus créatives mais aussi pour participer à un effort commun, en mettant leur talent au service d’une bonne cause.

Funs, originaux et protecteurs, ces masques en tissu dit « alternatifs » sont probablement en passe de devenir des objets de plus en plus présents dans nos quotidiens, que leur efficacité soit prouvée ou non. Le masque customisé risque donc de devenir l’accessoire de mode indispensable en période de dé-confinement.

Quelques créations de Cécile Millinery sur son site internet ici et sur son compte Instagram ici.

Quelques créations d’Anne-Sophie Cochevelou sur son site internet ici et sur son compte Instagram ici. Crédit photos: Anthony Lycett.

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