Covid 19: doit-on tous porter un masque ?
LONDON LIFE

Covid 19: doit-on tous porter un masque ?

Clémentine Vachez le 07.04.20

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus a annoncé à ce sujet :  « nous encourageons les pays qui considèrent la généralisation du port du masque à étudier son efficacité afin que nous puissions tous apprendre de cela », en ajoutant : « il n'y a pas de réponse binaire, pas de solution miracle. Les masques seuls ne peuvent juguler la pandémie de Covid-19 ». 

Le port du masque obligatoire pour tout le monde est un sujet qui demeure de plus en plus partagé. Les autorités gouvernementales n’arrivent pas à se mettre d’accord. En fonction des cultures et des pays, les avis différent.

De nombreux gouvernements répètent que les masques doivent être uniquement utilisés par les soignants, les malades et leur entourage proche ... 

Depuis le début de l’épidémie, l’avis de l'OMS (Organisation mondiale de la santé) est clair. Seuls deux types de personnes devraient porter un masque : les personnes malades qui présentent des symptômes et celles qui s'occupent de personnes soupçonnées d'être atteintes du coronavirus, le personnel hospitalier, par exemple. L’OMS s’en tient à sa position : il craint que l’usage généralisé du masque donne un « faux sentiment de sécurité » et fasse oublier les indispensables mesures barrières (distanciation sociale, lavage des mains ...) Un spécialiste britannique de la grippe, le professeur Jonathan Van Tam, a déclaré qu'il ne pensait pas que le port du masque par des personnes en bonne santé permettrait de réduire la propagation de la maladie au Royaume-Uni, affirmant que « ce qui compte maintenant, c'est la distanciation sociale ». Il a également ajouté : « selon les preuves tangibles et les recommandations du gouvernement britannique, nous ne recommandons pas le port de masques pour le public en général ».

... Tandis que d’autres ont imposé le port du masque à leurs habitants 

Les pays asiatiques sont pour la plupart unanimes : le port d’un masque anti-projection par la population est à la fois une mesure de prévention et un acte de civisme en situation d’épidémie de virus. En particulier dans les villes plus densément peuplées, beaucoup portent des masques dans les rues simplement à cause de la pollution. Dans certaines régions de Chine par exemple, vous pourriez même être arrêté et puni pour ne pas en porter un. Pour beaucoup de pays d’Asie de l’Est et du Sud-Est, le port du masque était une norme culturelle avant même l'apparition du coronavirus. Ils sont même devenus des articles de mode, à un moment donné, les masques Hello Kitty faisaient fureur dans les marchés de rue de Hong Kong. « La grosse erreur aux États-Unis et en Europe, à mon avis, c’est que les gens ne portent pas de masques », déclarait le chef du Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies, Gao Fu, le 27 mars au magazine Science. En Europe de l’Est, en République Tchèque, en Slovénie ou encore en Autriche, le port du masque est obligatoire. Ainsi, tous les passants sortent la bouche et le nez couverts, sous peine de sanctions.

Un discours qui est en train d’évoluer 

Depuis l’épidémie du virus qui se propage depuis quelques semaines, les pays de l’Europe centrale et les États-Unis étaient clairs sur le sujet : le port de masque est réservé aux personnels hospitaliers. Mais ce discours officiel est en train d’évoluer dans plusieurs pays. 

Restant sur ses positions depuis le début de l’épidémie, le revirement de situation est venu des États-Unis qui, le vendredi 3 avril, ont conseillé aux citoyens de se couvrir le visage lorsqu'ils sortent de chez eux. Le président Donald Trump a ainsi appelé les Américains à porter un masque ou au moins à se couvrir le visage. C’est « seulement une recommandation », en précisant qu’il ne le ferait sans doute pas lui-même. Le maire de New York, Bill de Blasio implore les habitants de se couvrir le visage lorsqu’ils sortent, « même avec un simple foulard ou un bandana ». Ce revirement de situation a eu un effet boule de neige puisque dans toute l’Europe centrale, le port du masque est en train de devenir la norme. En France, le port d’un masque grand public ou alternatif aux masques médicaux devrait être rendu obligatoire pour les sorties pendant la période de confinement et lors de sa levée, a recommandé vendredi dernier l’Académie de médecine. Les villes de Nice et de Cannes ont annoncé qu’elles vont distribuer un masque à chacun de leurs habitants et sera obligatoire d’ici 8 à 10 jours, selon le maire de la ville Christian Estrosi. En Italie, la Lombardie a décidé depuis quelques jours, que ceux qui sortiront devront se couvrir les voies respiratoires, avec des masques, ou à défaut des écharpes ou des foulards. 

Les masques artisanaux, « ce n’est pas parfait mais c’est mieux que rien » 

Le ministre français de la santé Jérôme Salomon, encourage les citoyens à la fabrication de masques artisanaux ; « un masque très basique suffit, car un bout de tissu peut bloquer les projections ». L’Organisation mondiale de la santé a déclaré il a quelques jours que l’usage de masques artisanaux, « n’était pas une mauvaise idée en soi ». 

Ainsi, de plus en plus de tutoriels pour fabriquer des masques soi-même circulent sur la toile, en guise d’options alternatives aux masques chirurgicales. Plusieurs organisations en proposent. Par exemple, le collectif français lancé par des médecins « Stop postillons » lance un tutoriel de masques anti-postillons, pour protéger les autres contre le coronavirus : « nous n’avons pas de masques mais nous avons des idées ».

En vidéo, quelques minutes pour savoir fabriquer un masque de protection en tissu.

 

Le port du masque tout public reste donc un sujet confus et sensible avec un avis très partagé. Car en fonction du gouvernement, les décisions varient d’un pays à l’autre. Recevant eux-mêmes des ordres contradictoires, les aides-soignants ne sont pas encore dans la mesure d’avoir un avis tranché sur le sujet.

Partager

à voir également