Mon confinement à Londres avec Anne Rousseau
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Mon confinement à Londres avec Anne Rousseau

Nadège Alezine le 07.04.20

À  41 ans, Anne est confinée avec son compagnon. Elle vit à Londres depuis 15 ans et a fondé London Speaks Languages, une agence de cours de langues et de traduction. Originaire de l’ouest de la France, c’est à Londres qu’elle a décidé de se confiner, en attendant des jours meilleurs.

Quelle est votre routine quotidienne pendant le confinement ?

Work, work, work, work, work !  (Rihanna, sors de ce corps ! )  Si pour certains le confinement rime avec détente, ce n'est absolument pas mon cas. J'ai dû au contraire trouver des alternatives en proposant d'assurer les cours en ligne tout en continuant de développer un nouveau projet énormément ralenti par l'épidémie en cours. Avec cet obstacle qui se dresse devant nous en ce moment, le vrai challenge est de savoir en tirer profit.

Vous êtes plutôt pyjama et pantoufles pendant le confinement ? Ou vous continuez à vous habiller ?

Je m'habille. 1 : parce que j'essaie de toujours être présentable dans mon travail en général vis-à-vis de mes clients (on a une réputation à tenir les Frenchies ) et je ne veux pas changer cette image sous prétexte que je donne les cours de la maison. 2 : Ça me permet également de ne pas me laisser trop aller et savoir rester féminine en toutes circonstances. Je trouve ça important pour le respect de soi et de son compagnon pour ma part. Plaire et se plaire avant tout en quelque sorte.

Avec qui êtes-vous confinée, justement ?

J'ai la chance d'être avec mon compagnon qui normalement travaille à Paris mais qui était à Londres le week-end de l'annonce du confinement en France. Plutôt que de galérer chacun de notre côté, nous préférons nous serrer les coudes et nous soutenir dans ces moments inédits.

Continuez-vous à travailler depuis chez vous ? Si non, expliquez-nous votre situation ?

Oui en tant qu'entrepreneure, pas question de me relâcher. J'ai proposé à mon équipe de passer tous les cours en vidéoconférence et les clients semblent adhérer. Beaucoup nous confient même apprécier cette "petite bulle" de détente qui leur change l'esprit pendant cette période difficile.

Avez-vous pensé à rentrer en France au moment du début de la crise ?

Non, cela fait plus de 15 ans que j'habite à Londres et je m'y sens désormais chez moi, plus qu'ailleurs. De plus, j'adore mon appartement d’Highbury donc cela ne m'a pas traversé l'esprit de rentrer en France. Le seul endroit où j'aurais pu aller c'est chez mes parents au bord de la mer mais hors de question de les mettre en danger tant que j'ignore être positive ou non à ce virus.

Ce qui vous manque le plus depuis vous êtes entrée en confinement ?

Voir les êtres chers "en chair et en os", sortir, se balader, voyager, les parcs et monter sur ma fidèle monture, mon solex électrique que j'enfourche tous les jours pour aller travailler. Je ne suis pas sortie depuis 15 jours, ce qui est selon moi la seule façon efficace d'endiguer et d'éradiquer cette pandémie.

 

Avez-vous des connaissances atteintes par le virus ?

J'ai eu quelques clients et connaissances qui l'ont eu mais ils s'en sont tous remis et je croise les doigts pour que cela soit le cas jusqu'à la fin de cette crise qui nous a tous pris de court.

Quels sont les conseils que vous pouvez donner à ceux qui vivent mal leur confinement ?

Alors, je suis mal placée pour donner des conseils car je m'impose du stress et un emploi du temps chargé alors que je devrais essayer, même si ma tête s'y refuse, de prendre un peu de temps pour moi. Mais si je devais donner un conseil, ce serait de dire qu'être en confinement ne signifie pas pour autant s'arrêter de vivre. On a la chance d'avoir la technologie "adaptée" à ce genre de crise alors profitons-en ! J'ai pour ma part lancé quelques apéros Skype, une séance de gym façon Joe Wicks, un bon moment de rigolade entre potes, recommencer le piano avec des applis et évidemment j'appelle mes parents en vidéo tous les jours. J'ai une amie géniale à Paris, Adelia; spécialisée dans l'ennéagramme et qui propose régulièrement des stages de formations. Avec mon emploi du temps et ma délocalisation à Londres, c'était très compliqué d'assister à un de ses ateliers. Or depuis qu'elle est passée en ligne pour offrir ses services, je n'ai plus d'excuses et j'ai même embarqué quelques copines au passage. Je trouve que c'est en effet le moment opportun pour l'introspection car c'est peut-être ce que la planète nous demande finalement : nous poser et se poser les questions qu'on esquive en règle générale.

Ce qu’il vous plaît le plus en étant confinés ?

Avoir la confirmation que je suis avec la bonne personne car même en étant l'un sur l'autre avec des journées éprouvantes au travail alors que nous vivons séparément en temps normal, on s'entend super bien ! On arrive à rire de nos têtes retournées par la fatigue et on se motive l'un et l'autre. Très belle équipe, j'ai beaucoup de chance, que demander de plus ?

Que pensez-vous de la manière dont le gouvernement britannique traite la crise ici ?

Je suis assez agacée et frustrée pour être honnête que ce soit du côté britannique ou français mais également vis-à-vis de l'Europe en général. D'ailleurs, je trouve qu'elle se fait bien discrète dans ces moments redoutables. Je vois juste des pays qui n'en font qu'à leur tête alors que j'aurais tellement souhaité voir une union qui soi-disant fait la force. On a eu sous nos yeux l'échec d'une gestion de crise (l'Italie) et on s'est dit qu'on allait faire mieux ?! Quelle prétention ! C'est un désastre et on n'en est encore qu'aux prémices, c'est assez anxiogène je trouve. On voit également des pays qui, plus disciplinés, s'en sortent 100 fois mieux et pourquoi ?  Parce qu'ils ont effectué des tests dès le départ et qu'ils ont pu confiner les cas positifs (Corée du sud, Allemagne, Israël...). Était-ce une question d'économies pour finalement devoir reverser des sommes astronomiques pour compenser les pertes économiques ? Je ne comprends toujours pas ce qu'on attend ou bien est-il déjà trop tard ?

En visitant le site London Speaks Languages, une surprise attend les lecteurs d'Ici Londres. 

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