Rencontre avec Thomas Gerbeaux et Pauline Kerleroux qui publient L’incroyable histoire du homard qui sauva sa carapace
EXPAT LIFE

Rencontre avec Thomas Gerbeaux et Pauline Kerleroux qui publient L’incroyable histoire du homard qui sauva sa carapace

Nadège Alezine le 03.03.20

C’est un binôme créatif qui est à l’origine de l’Incroyable histoire du homard qui sauva sa carapace. Pauline Kerleroux, illustratrice et Thomas Gerbaux, écrivain. Ces deux Bretons installés à Londres, ont déjà publié l’histoire du mouton qui sauva une école, un conte plein d’humour sur un mouton qui sauve une école de Bretagne de la fermeture.

Dans ce nouvel opus, le homard sauve sa peau et échappe au passage à la casserole, aidé par Jeanne, une petite habitante de Moutonville. Drôles et colorées, ces aventures rocambolesques se dirigent vers un lectorat âgé de 8/9 ans.

Quel est votre parcours ?

Thomas Gerbeaux : je suis arrivé à Londres en 2010 : je me suis dit que passer deux ans à Londres, ça pouvait être sympa et 10 ans plus tard, je suis toujours là ! Je suis venu pour un job dans une boite de pub. Avant, j’ai vécu au Brésil pendant deux ans et c’est amusant d’être expatrié, mais on se sent loin de chez soi. Mais à Londres, on a la chance d’avoir le meilleur de deux mondes. On est ailleurs et en même temps, on est tout près de la France.

Pauline Kerleroux : je suis bretonne et j’ai étudiée à Paris à Penninghen (école supérieure d'arts graphiques et design). J’ai vécu à Prague comme graphiste et ensuite, je suis venue m’installer à Londres il y a 9 ans, sur les conseils de Thomas qui est un ami d’enfance.

Vos livres se déroulent en Bretagne. Est-ce une terre d’inspiration pour vos livres ?

Thomas Gerbeaux : on parle de la Bretagne, car on donne une identité aux illustrations et aux histoires, même universelles. L’histoire du mouton et la seconde histoire dans un milieu précis, car cela rend l’histoire plus riche, plus vraie et plus intéressante. Entre la petite et la grande Bretagne, il y a des passerelles. Notre premier livre est en cours d’adaptation au cinéma au festival Annecy, deux producteurs ont accroché sur l’histoire et vont la transporter au Royaume-Uni, au Pays de Galles. Ce genre d’histoires est facile à mettre en scène par les Britanniques. Les paysages entre les deux Bretagne sont assez proches. La culture du pub, la mer, les bateaux, les marins, les pêcheurs sont communs aux deux territoires.

Pauline Kerleroux : je pense qu’on connaît bien la Bretagne avec Thomas, car on a grandi là-bas. Cela nourrit l’histoire et les personnages des livres nous rappellent des gens qu’on a cotoyé, la petite Jeanne est inspirée de ma cousine et d’une petite fille qu’on connaît tous les deux.

Le homard s’inspire de faits réels : pouvez-vous nous parler de l’histoire originale ?

Thomas Gerbeaux : l’histoire originale vient de Chine. Un cuisinier faisait cuire une écrevisse qui s’est échappée du chaudron et l’a filmée avec son téléphone. Ce fut une grande évasion, avec un côté épique et le cuisinier l’a libérée. Nos livres s'inspirent d'histoires vraies, un peu absurdes, amusantes qui permettent d’écrire une histoire rigolote, mais aussi avec un fond. Les enfants lisent aussi pour apprendre des choses pas seulement pour se divertir, et cela ouvre une conversation.

Encouragez-vous vos petits lecteurs à devenir végétariens ?

Thomas Gerbeaux : non vraiment pas, le homard ce n’est pas un manifeste, pas un combat, c’est plutôt une histoire qui sensibilise les jeunes à la souffrance animale. Cela leur permet de réfléchir à la question de la souffrance animale. Si je pouvais convaincre mon lecteur que les animaux ont droit à la dignité. Mais on n’est pas là pour leur dire quoi penser.

Vous avez illustré aussi le dictionnaire des droits de l’enfant. Dessiner pour la jeunesse, pourquoi ce choix ?

Pauline Kerleroux : par opportunité, mais aussi, ce fut un vrai plaisir. Je travaille sur un 4e livre en ce moment d’ailleurs. Je ne veux pas m’enfermer dans l’illustration pour enfants. J’aime surprendre les enfants, être compréhensible et faire des décalages pour permettre la réflexion. C’est un outil, on leur parle comme à quelqu’un de responsable pas comme à ses sous-adultes.

Votre style est très coloré et original. Est-ce difficile de trouver son style ?

Pauline Kerleroux : je pense que comme je suis graphiste, c’est important que le texte et l’image fonctionnent. Je suis attirée par des illustrations pour enfants des années 50, 60 où on y trouve souvent seulement trois couleurs, comme dans mes illustrations.

L’histoire du homard qui sauva sa carapace de Thomas Gerbeaux et Pauline Kerleroux, aux éditions Le Joie de Lire. Séance de dédicace avec les deux auteurs, le 7/03 à 14h, à la librairie La page, 7 Harrington Rd, South Kensington, SW7 3ES. Métro : South Kensington.

 

 

 

 

 

 

 

Partager

à voir également