Nicolas Bedos voyage dans le temps cinématique avec la Belle époque
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Nicolas Bedos voyage dans le temps cinématique avec la Belle époque

Nadège Alezine le 30.10.19

La belle époque est le dernier film réalisé par Nicolas Bedos avec en vedettes, Daniel Auteuil et Fanny Ardant. On a rencontré le réalisateur en pleine tournée promotionnelle au BFI London Film Festival, avant la sortie de son film le 22 novembre et sa présentation au public à travers le French Film Festival. Émouvante et drôle, cette comédie romantique s’amuse avec un brin de nostalgie des avancées technologiques actuelles qui peuvent parfois faire souhaiter de vivre à une autre époque du passé. Rencontre.

 

Quelle a été l’idée de départ de La belle époque ?

Ce sont les gens un peu perdus autour de moi, ce sont mes parents, certains de mes amis : c’est une profusion de gens déstabilisés qui ont un peu le vertige face à la révolution technologique, politique, culturelle. Je sentais un vertige. Et j’ai eu envie d’inventer une fiction autour d’un type incarné par Victor, qui pourrait être votre père et lui donner à nouveau le goût du désir, le goût du présent. Le faire partir dans le passé pour le faire mieux revenir dans le présent.

Est-ce que vous diriez que La Belle époque est un film sur la nostalgie ?

C’est un film qui interroge plutôt la nostalgie, il n’applaudit pas la nostalgie mais la prend en compte. Aussi bien chez les gens que dans la mode, l’art contemporain, dans beaucoup d’autres univers.

Cela veut-il dire que c’était mieux avant, finalement ?

Je pense qu’on a toujours l’impression que c’était mieux avant. Je crois que le passé devient un refuge quand on ne va pas très bien. Je crois qu’aujourd’hui on est particulièrement déstabilisé par l’époque. Mais quand on lit certains livres, on se rend compte que les années 50 avaient la nostalgie des années 20, les années 70 avaient la nostalgie des années 50, donc je crois qu’on a toujours envie de replonger dans un moment dans lequel on était un peu plus gratifié, un peu plus amoureux aussi parfois, on comprenait mieux les codes. Tout simplement parce qu’on était nés dedans. Victor, mon personnage, il ne repart pas dans une époque de réac, mais dans une époque qu’il trouvait plus rock’n’roll, plus libre.

Et vous, Nicolas Bedos, quelle époque aimeriez-vous revivre ?

Il y en a beaucoup des époques…J’ai la chance dans le film de pouvoir réaliser quelques fantasmes d’adolescents : j’ai une passion pour les films en costumes, pour l’histoire du 18e siècle mais aussi les années 20 que je montre aussi un peu dans le film. Avec Fitzgerald, Hemingway, Faulkner. Et puis les années 70, qui m’ont été le plus racontée par mon père et ma mère, c’est une époque où ils se sont rencontrés, où ils ont beaucoup dansé, beaucoup fumé, beaucoup picolé, beaucoup tout. Ce fut aussi un moment formidable pour la libération de la femme, le rock’n’roll…

D’ailleurs la bande originale du film est très pointue. Comment l’avez-vous construite ?

J’ai la chance d’être musicien et j’écris souvent mes scénarios tout en étant au piano. La musique est indissociable du montage et de ma façon d’imaginer des images. C’est un tourbillon musical qui accompagne les images, j’essaye de faire un cinéma qui n’est pas radin. Avec une narration vive.

Quand on regarde La belle époque, on pense à La nuit américaine de François Truffaut. Faire un film sur les coulisses du cinéma ne casse-t-il pas sa magie, justement ?

Ce qui casse la magie du cinéma, c’est faire du cinéma. Parce que la vérité d’un plateau, elle est très rigoureuse et elle est parfois très pénible. Moi je ne mens pas sur le fait que les tournages puissent être des moments aussi passionnants qu’éprouvants. Ce n’est pas toujours ce que je préfère. Donc la magie du cinéma, moi je l’ai quand je suis dans votre situation, davantage que quand j’arrive à 6h30 sur le plateau et que j’en repars à 21h.

Venons-en au choix des acteurs : Fanny Ardant et Daniel Auteuil.

Fanny Ardant c’est quelqu’un que j’ai eu envie de faire tourner car je la connais. Et que c’est quelqu’un que je me vante de bien connaître et qu’elle était une condition d’écriture. Fanny c’est quelqu’un qui rend amoureux les gens quand on la connaît et moi aussi. Elle a une grâce, un humour, elle a quelque chose de très rare. Elle a été très difficile d’ailleurs avec le personnage car elle ne l’aimait pas. J’ai passé mon temps à lui rappeler que ce n’était pas une salope désagréable mais qu’elle était perdue.

Daniel Auteuil il s’est imposé naturellement de façon quasi logique car on cherchait quelqu’un de touchant qui avait l’âge du rôle et en même temps qui pouvait avoir une enfance dans le regard, qui ne serait pas ridicule en face de Dora Tiller qui a quelques années de moins que lui. Daniel c’est aussi un acteur très rare.

A voir à l'institut français du 22 au 29/11. Réservations ici. 

 

 

 

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