The Penelopes font chanter Isabelle Adjani
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The Penelopes font chanter Isabelle Adjani

Nadège Alezine le 30.10.19

Le groupe français rock, The Penelopes sort un single avec une invitée de choix : Isabelle Adjani. La comédienne n’avait pourtant plus poussé la chansonnette depuis 35 ans, l’heure à laquelle elle avait touché le fond de la piscine dans son Pull Marine, dans un album écrit pour elle par Serge Gainsbourg.

Ce n’est plus en marine mais en noir qu’Isabelle Adjani revient à la chanson, accompagnée de ces deux Français installés à Bethnal Green, Axel Basquiat et Vincent Tremel, le duo qui se cache derrière The Penelopes.

Avec déjà quelques albums dans le rétro, The Penelopes s’est fait connaître du grand public en 2016 avec leur remix de Just Like heaven des Cure qui leur a valu une invitation au Meltdown de Robert Smith en 2018. Un rêve de gosse qui s’est réalisé pour ces deux parisiens qui se connaissent depuis l’enfance.

Installé à Londres depuis 7 ans, le duo s’est vite fait une place au soleil en enchaînant des remixes pour des noms aussi prestigieux que The Cure, Pet Shop Boys et Tom Tom Club, Lana del Rey. The Penelopes distillent une électro élégante, inspirées de leurs héros rock, comptant parmi eux, Nick Cave and the bad seeds, les Cocteau Twins.

Vous avez déjà collaboré avec Asia Argento et aujourd’hui c’est au tour d’Isabelle Adjani. Qu’est-ce qui vous a séduit chez elle ?

Isabelle c’est une personnalité forte, edgy. C’est une personne avec des goûts très pointus et à la fois elle est très populaire, le grand public l’aime beaucoup.  Elle a beaucoup d’esprit, elle très surprenante dans sa façon de répondre aux questions. Elle a beaucoup de références, discuter avec elle, c’est toujours super intéressant. On en a eu marre des hit girls qu’on voit sur Instagram, travailler avec Isabelle qui a pris des risques tout au long de sa carrière, c’est un modèle pour les nouvelles générations.

Comment s’est déroulée votre rencontre artistique avec Isabelle Adjani ?

J’ai eu l’adresse émail d’Isabelle par un contact dans le cinéma. J’avais toujours eu très envie de travailler avec elle alors je lui ai envoyé un émail : très honnête, avec le cursus du groupe et avec deux démos de chansons et elle a répondu ! On s’est ensuite rencontré à Paris, dans un studio du 10 ème et on a écouté du Léonard Cohen, du Mark Lanegan, Cocteau Twins…Et puis on a discuté longuement à propose de la chanson, elle était un peu anxieuse de rechanter. Elle a été adorable, elle a dit oui et elle a rayé des trucs sur son agenda pour pouvoir enregistrer le titre.

Meet me by the gate possède une qualité onirique, fantasmagorique. A-t-il été facile d’accorder votre voix avec celle d’Adjani ?

En fait, on avait fait un guide vocal avec une autre chanteuse. Et après, on a enregistré Isabelle et puis on a fait les voix. C’est une chanson qui ne marche qu’à deux, ça a été un vrai plaisir. C’était impressionnant de chanter avec elle : c’est une bête de travail ! Elle était très nerveuse, elle a eu plein de propositions pour rechanter et pourtant c’est nous qu’elle a choisis. Elle marche vraiment au coup de cœur.

Vous avez enregistré le titre aux studios mythiques d’Abbey road. Un rêve de gosse ?

En fait, on a enregistré la musique à Londres et les voix à Paris. On a finalisé le mastering à Abbey road. Tout est une sorte de concrétisation…On a même plus le temps de se dire que c’est un truc de fou ! On a tourné la vidéo en noir et blanc, avec les caméras de Fincher…Le plus beau noir et blanc que tu puisses avoir en 2019 : je suis tombé des nues ! On a essayé de faire quelque chose de beau.

De quoi parle Meet me by the gate ?

C’est une suite d’états d’âme amoureux. Avec un couple qui se pose des questions. Un poème mis en musique. On a voulu faire une pause de trois minutes 30 : car le monde va trop vite. Cette chanson est un éloge de la lenteur…Son tempo ce sont 60 battements par minute, le battement du temps de l’inéluctable : tu l’encaisses comme le temps qui passe.

Les synthétiseurs sont très présents dans le titre. On pense à la BO de Blade Runner de Vangelis mais aussi à l’univers sombre de Nick Cave and the bad seeds. Quelles ont été vos influences sur ce titre ?

L’électro oui, clairement. New Order, Vangelis et tous les trucs cinématiques. Le côté lent vient de notre côté soundrack. Il y a sûrement quelque chose de Murder Ballads de Nick Cave and the bad seeds mais aussi du duo qu’avaient fait les Tindersticks avec Isabella Rosselini. Je voulais surprendre avec ce duo : un groupe indé avec une figure populaire. On ne veut pas répéter ce que font nos idoles mais on fait notre propre cuisine.

Vous vivez à Londres depuis des années avec Vincent. La vie d’artiste musical est-elle plus facile ici ?

Oui depuis 7 ans ! Ici, c’est plus facile d’avoir de la bonne musique au quotidien. On a aussi accès aux meilleurs musiciens, mais en France c’est plus facile avec l’intermittence. L’hospitalité en France est meilleure. Mais on préfère quand même vivre et travailler en Angleterre. On croise les Libertines au pub, ici c’est vraiment compétitif : c’est du lourd ! D’ailleurs, musicalement, on n’a pas d’influence française. À part, Étienne Daho.

Vous avez été invité par Robert Smith à son Meltdown il y a deux ans. Cela a-t-il changé la carrière de The Penelopes depuis ?

On était comme des oufs quand c’est arrivé ! On a eu quelques propositions pour jouer à Londres mais on était en écriture. C’est un endorsement qui va nous coller à la peau à vie. Les gens se disent quand même les mecs ont été les seuls français invités au Meltdown de Robert Smith !

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Crédit photos : The Penelopes and Isabelle Adjani by Nicolas Bary & Laurent Koffel

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