Rencontre avec Nicolas Hatton, co-fondateur de Settled.org.uk
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Rencontre avec Nicolas Hatton, co-fondateur de Settled.org.uk

Carla Biancarelli le 22.10.19

Settled.org.uk est une nouvelle organisation caritative dont la mission est de guider, informer et aider les citoyens de l'UE. Co-créée par le français Nicolas Hatton, co-fondateur de the3million : EU citizens’ Rights, le militant a accepté de nous éclairer sur la situation et nous explique la vocation de son organisme. 

Quel est le but de votre site internet ?

Depuis 2018, si vous êtes citoyen de l'UE ou ressortissant de la Norvège, de l'Islande, du Liechtenstein ou de la Suisse, vous devez demander un nouveau statut d'immigration, pour rester au Royaume-Uni. Si vous rencontrez des difficultés dans le processus de demande ou que vous connaissez quelqu'un qui en éprouve, contactez l’organisme solidaire européen, Settled.org.uk.

Selon Nicolas Hatton, le co-fondateur, l’accompagnement est primordial : « Désormais, les européens installés au Royaume-Uni ont besoin d’obtenir un statut pour continuer à y vivre. Aujourd’hui, notre droit de liberté de mouvement sur le territoire va disparaître. Avec 3million.org, nous travaillons avec les Européens pour faciliter leurs démarches et leur éviter de devenir sans-papiers au Royaume-Uni. Malheureusement, si la majorité parvient à s’enregistrer sans encombre, selon le home office, 10 à 20% de la population européenne sont considérés comme personnes vulnérables. Le but de notre organisme est de les trouver et les aider. » 

Selon lui, ces citoyens européens en situation de vulnérabilité, ont des profils variés : « Les personnes âgées isolées ou en maison de retraite, les femmes qui subissent des violences conjugales et qui n’ont pas la liberté de faire une demande, les personnes issues de la DDASS au Royaume-Uni qui n’ont pas connaissance de leur réelle nationalité ni de la nécessité de s’enregistrer. Des personnes victimes de trafiquants qui n’ont pas leurs papiers en leur possession et les sans-abris. Nous parlons de centaines de milliers d’européens vulnérables présents au Royaume-Uni. »  

Très engagé dans la lutte, Nicolas Hatton met un point d’honneur à informer et conseiller sur la marche à suivre : « En premier lieu, il faut s’adresser à votre bureau Citizens Advice, en charge de vous orienter vers la demande de Settled Status. Nous travaillons en étroite collaboration avec eux, ils nous permettent d’entrer en contact avec les personnes qui ont besoin d’une aide et d’un suivi. » Action, rapidité et efficacité, sont les maîtres mots du militant : « Il faut créer un réseau de bénévoles sur tout le Royaume-Uni, avec des centres d’aides locaux. Notre organisme va mettre en place un réseau qui s’auto-gère, nous allons former des bénévoles, ils seront assurés et dépendront du Home office. Notre objectif est d’aller un maximum sur le terrain, dans les communautés locales. Il y a urgence. »

Je suis un européen au Royaume-Uni, que dois-je faire ?

Si vous êtes citoyen d'un pays de l'UE et que vous vivez au Royaume-Uni, le traité qui protège vos droits à vivre et à travailler ici ne s'appliquera plus. Afin de vous permettre, vous et votre famille, de rester et de conserver vos droits aux emplois, aux services, aux prestations et aux soins de santé, l'UE et le Royaume-Uni ont fixés des conditions pour les citoyens européens au Royaume-Uni. Deux statuts existent :

  • Le pre-settled status, pour les européens vivant au Royaume-Uni depuis moins de 5 ans.
  •  Le settled status, pour les européens vivant au Royaume-Uni depuis plus de 5 ans.

 

Si la demande est, en théorie, accessible à tous, l’obtention du settled status peut s’avérer plus complexe selon Nicolas Hatton : « Le risque majeur pour les européens au Royaume-Uni depuis plus de 5 ans, c’est qu’ils ne retrouvent pas tous les papiers nécessaires et qu’ils se voient attribuer un pre-Settled Status et refaire une demande, 5 ans plus tard. Psychologiquement, c’est très difficile. » Depuis plusieurs semaines, le Consulat de France insiste sur la nécessité de s’enregistrer. Une excellente initiative selon le militant : « Je conseille vivement aux français de s’inscrire au consulat. C’est une sécurité supplémentaire et cela permet de suivre l’actualité en direct. Je considère qu’une demande de Settled Status est une décision personnelle, mais j’encourage les personnes à la faire avant la date limite. N’hésitez pas à vous faire aider, à contacter notre organisme directement ou le Citizens Advice. »

Néanmoins, il faut rester vigilant sur le nombre croissant de demandes et la capacité du système mis en place, à les gérer, sur la prise en compte des demandes atypiques, sur la reconstitution des périodes de résidence discontinues, ainsi que sur la communication faite aux populations considérées comme vulnérables, car âgées, peu connectées, isolées, ne pratiquant pas l’anglais ou ne se sentant pas concernées. Les réserves de Nicolas Hatton, « se situent dans le futur », il s’explique : « Aujourd’hui, vous pouvez encore voyager, travailler, vous soigner et acheter ou louer un bien jusqu'aux accords de 2020 ou 2021. Mais mon inquiétude, c’est d’avoir 200 000 ou 300000 sans-papiers au Royaume-Uni d’ici 2020 en cas de non-accord ou 2021 s’il y a un accord. Je ne veux pas d’expatriations obligatoires. Il ne faut pas répéter le scandale du Windrush. »

Pas encore enregistré au Settled Status, le français en dévoile la raison, sans langue de bois : « J’attends d’avoir une certitude constitutionnelle. Pour le moment, il n’y a pas de lois ni d’accords, or je souhaite une garantie écrite. L’autre raison est que je souhaite créer un évènement significatif le jour où j’irais m’enregistrer. J’aimerais ouvrir des centres avec des bénévoles et inviter les personnes à venir faire leurs demandes, le même jour que moi. »

Pour demander son Settled Status, rendez-vous sur le site.

Pour toutes questions sur les démarches à suivre, contactez l’organisme de solidarité européenneSettled.org.

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