Charles Pétillon envahit la galerie Lazinc de ballons blancs
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Charles Pétillon envahit la galerie Lazinc de ballons blancs

Clara Bodnar le 01.10.19

Avec sa série Invasions, Charles Pétillon représente différents espaces du quotidien envahis par des installations de ballons blanc. En 2015, il avait rempli la galerie du Covent Garden Market avec une installation de 100 000 ballons intitulée « Heatbeat ».

 

Nous avons rencontré l'artiste à l'occasion de l'exposition Watch This Space à la galerie Lazinc, au cours de laquelle le public est invité à venir voir les artistes travailler sur les œuvres en exposition.

 

L'exposition Watch This Space permet aux visiteurs de venir découvrir votre travail à travers différentes étapes. Le processus de création fait-il partie à part entière de vos œuvres ?

 

Absolument. C'est toute la démarche de cette exposition. C'est un espace qui va évoluer semaine après semaine. On peut y voir les artistes créer leurs œuvres et découvrir les mutations de l'espace. J'ai découvert l'espace il y a quelques semaines et je suis retourné dans mon atelier avec plusieurs idées en tête. J'ai d'abord une idée générale de la forme et du volume que je souhaite, mais la forme exacte ne se met en place qu'au moment de la création. D'autant plus qu'il n'est pas aisé de travailler avec des ballons. L'œuvre finale se met en place en fonction des volumes et des sensations.

 

 

Avec votre série Invasions, vous entreprenez d'apporter un regard nouveau sur les scènes qui composent notre quotidien…

 

Entre autres, oui. Les ballons ont plusieurs fonctions. Ils peuvent notamment permettre d'expérimenter différents espaces et de se représenter à quel point l'espace est immense. On perd parfois toute notion d'échelle. Or, le ballon est quelque chose que l'on connaît tous et le fait d'en placer dans un espace où l'on reprend la notion de grandeur est intéressant à expérimenter. D'autant plus que cela change la morphologie et le son de l'espace. J'utilise également parfois le ballon pour désigner un élément d’architecture ou questionner un élément dans l'espace ou de nos vies. Par mon travail, je cherche à emmener le public à se poser des questions auxquelles je n'ai pas de réponse.

 

Comment choisissez-vous les lieux de vos installations, qu'elles soient destinées au public ou à la photographie ?

 

Pour le lieu, tout dépend du thème et du point de vue que je cherche à exprimer. Les installations que je fabrique uniquement pour mes photographies sont la plupart du temps intéressantes d'un point de vue : celui de la photographie. Une installation publique, en revanche, a besoin d'être visible en trois dimensions et revêt une fonction différente : il faut que le public puisse interagir avec elle ou se l'approprier. Il faut qu'elle soit immersive.

 

Quelle est l'importance de la dimension éphémère de votre travail ?

 

Bien que ce ne soit pas un parti-pris de ma part mais plutôt une contrainte due aux ballons, je trouve assez touchant le fait que ce soit éphémère. Cela apporte de la poésie à l'installation. C'est souvent un challenge d'un point de vue technique, mais je trouve que la dimension éphémère apporte de la légèreté, contrairement aux installations pérennes dont il faut pouvoir assumer l'aspect plus sculptural.

 

Retrouvez le travail de Charles Pétillon à la galerie Lazinc jsuqu'au 21 décembre 2019. 

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