Rencontre avec Raouti Chehih, le directeur général d'Euratechnologies
BREXIT

Rencontre avec Raouti Chehih, le directeur général d'Euratechnologies

Lina Homci le 28.08.19

Raouti Chehih est le directeur général d’Euratechnologies, le premier incubateur et accélérateur en France basé à Lille. Figure incontournable de la French tech, il nous parle des ponts entre Londres et Lille

Londres est l’une des premières terres d’accueil de start-up en Europe, peut-on dire que Lille fait concurrence à Londres ? 

Non, quand même pas (rires). Londres fait surtout compétition avec Paris et Berlin. À Lille, on s’est positionné différemment puisqu’on a orienté notre activité sur deux axes différents, mais complémentaires. Le premier axe, c’est l’accès au talent parce que si le recrutement est très cher à Paris ou à Londres, il l’est beaucoup moins à Lille. Le deuxième axe, c’est la mise en place de dispositifs qui permettent de former plus de gens et donc plus de talents — avec le soutien de la région et le soutien de la métropole, ainsi que des grandes écoles et des universités locales. 

Lille est géographiquement et stratégiquement bien placé.

En effet, pour les start-ups qui viennent chez nous elles ont un accès privilégié au marché qui est à une heure de train de Paris, 30 minutes de Bruxelles et à une heure de Londres. Vous vous placez ainsi au cœur du marché, mais sans ses contraintes (concernant le coût d’opération des grandes villes). S’implanter à Lille est le meilleur compromis. 

Est-ce qu’il y a tout de même des ponts entre Londres et Lille ?

On reçoit continuellement des anglophones pour lesquelles on propose Lille comme étant une porte d’entrée vers l’Europe continentale. Il y a des ponts entre les deux villes notamment avec des accélérateurs londoniens spécialisés dans la demande de retail (grande distribution). De grands groupes sont basés à Lille comme Décathlon ou Auchan. 

Le Brexit compromet le marché anglais ?

Le Brexit peut représenter un certain nombre de problèmes pour les gens qui veulent s’implanter en Angleterre. Mais je ne suis pas de ceux qui pensent que les Anglais vont se laisser faire. Je pense qu’ils vont se battre et proposer des solutions très concrètes pour permettre de continuer à attirer les porteurs de projets — il y aura toujours une compétition avec l’Angleterre. 

Leur site ici.

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