Manon Lagrève, un an après The Great British Bake Off
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Manon Lagrève, un an après The Great British Bake Off

Lina Homci le 02.07.19

Manon Lagrève est la première Française à avoir intégré l’émission The Great British Bake Off. Depuis la retransmission en septembre 2018 de la saison 9, Ici Londres est allé à la rencontre de la frenchie qui a conquis le coeur de millions de téléspectateurs. Bilan sur son parcours — un an après — ce qu’elle devient, ses projets… on vous dit tout. 

Une carrière dans la Ville-Monde

Son aventure à Londres commence il y a déjà 8 ans. À tout juste 19 ans, la jeune Bretonne voyage de l’autre côté de la Manche avec pour seul objectif d’apprendre l’anglais. Arrivée dans une famille en tant qu’au pair, elle alimente modestement son goût pour l’art culinaire en préparant des gâteaux pour les enfants. A ce stade, Manon aime cuisiner et pâtisser, mais sa carrière ne suit pas sa passion pour l’heure.

La jeune femme part faire ses études à Rennes et à Lille et diplôme d’économie internationale en poche, elle est aussitôt embauchée à Londres. En trois ans, elle gravit les échelons et devient chef de projet en logiciels informatiques : « c’est la beauté de Londres ; on évolue très vite professionnellement »

La première frenchie de l’émission

Manon se plaît dans un domaine orienté très business où les offres d’emplois foisonnent. Issue d’une famille qui a le sens des affaires, elle n’échappe pas au gène et nous partage qu’au long terme, son rêve serait d’ouvrir son propre salon de thé. De nature tenace et ambitieuse, Manon voit grand et postule, en 2018, à l’émission la plus regardée du Royaume-Uni : The Great British Bake Off. 

Après avoir brillamment affronté les sept étapes de l’audition, la jeune Française se démarque des 12 000 autres candidats et devient ainsi la première et seule française à intégrer ce programme qui a inspiré toutes les émissions de pâtisserie au monde. Excédée des aprioris sur les Français et la pâtisserie, elle répond avec ironie : 

« Je ne suis pas née avec de la crème pâtissière dans les veines. La pâtisserie, ça s’apprend. » 

L’aventure derrière l’écran

Le show est filmé d’avril à juillet 2018. À seulement 26 ans, Manon est en lice dans une émission qui pousse la créativité et l’imagination à l’extrême. D’un défi à l’autre, les réalisations dûment chronométrées à la seconde près sont toujours plus fulgurantes les unes que les autres. C’est sans aucune connaissance professionnelle du métier que la jeune française convoite le titre du meilleur pâtissier. 

L’aventure pour Manon prend fin en quart de finale, mais elle n’en ressort que plus aguerrie et ambitieuse : « j’ai découvert le monde des médias, de la télé et l’équipe de production. C’était très impressionnant et intensif ». La jeune Française se rend compte de l’impact de l’émission et choisit de rester un personnage public : « Pendant les manifestations contre le Brexit il y avait des banderoles « Manon is not amEUsed » avec une photo de moi en pleure prise lors d’un épisode de l’émission » rit-elle.

Crédits photos : Jennifer Moyes 

Une influenceuse est née… mais pas que

« Après l’émission, j’ai investi dans mon image via mes réseaux sociaux : j’ai pu monétiser et promouvoir ma philosophie et ma cuisine. Les gens ne se rendent pas compte de la mine d’or qui se cache sous les réseaux sociaux » précise la businesswoman qui vit toujours en elle. 

A travers son blog (Manon’s Little Kitchen) qu’elle alimente tous les jours, l’influenceuse partage recettes, voyages et lifestyle. Elle élargit son champ d’action au travers d’une chaîne YouTube sur laquelle elle poste des vidéos type tutoriels cuisine ainsi qu’une page Instagram, aujourd’hui certifiée, avec ses quelques 100 000 abonnés qui suivent de près ses publications. 

Cette jeune femme, pimpante et moderne sait que la télévision n’est plus le reflet de la réalité dans le monde de la pâtisserie.

« Quand on regarde les émissions culinaires, on voit souvent un homme, blanc et plus âgé » dénonce-t-elle.

Ce qu’elle souhaite, c’est plus de diversité. Si la pâtissière ne porte encore que le titre médiatique d’influenceuse, elle installe son ambition ailleurs et rêve de signer un contrat avec d’autres supports de diffusion…  « Des plateformes comme Netflix ou Amazon ont un contenu beaucoup plus diversifié, actuel et moderne qui m’attirent. Une émission là-dessus, pourquoi pas ? »

Un charme français qui paie 

Les sondages d’abonnement sur ses comptes affichent que 50% des abonnés sont britanniques et 35% sont américains. Tout son contenu est écrit en anglais, adapté donc à un public à majorité anglophone. La belle Manon sait jouer de son charme français, de son accent et ne se déplaît pas totalement de l’image du français ‘baguette à la main et papilles expertes’. « On a tendance à plus me faire confiance comme je suis française » dit-elle avec malice. Ce jeu culturel n’enfreint en rien sa philosophie du #nofilter « sur instagram, je reste toujours moi-même »

La cuisine signée Manon aujourd’hui, c’est quoi ?

Après The Great British Bake Off qui a propulsé sa carrière, Manon a tout de même souhaité s’en affranchir et créer sa propre marque. Son slogan ? « French food made easy » ou comment faire de la cuisine maison, d’inspiration française, en toute simplicité : « les Anglais ont souvent cette idée de la pâtisserie française toujours trop raffinée, complexe et inaccessible. Je veux justement montrer que c’est plus abordable qu’on ne le pense ». La cuisine signée Manon c’est : aider à rééduquer le palais en mangeant des fruits saisonniers et faire de la pâtisserie « à la française » tout en y ajoutant un twist anglais et des saveurs du monde découvertes lors de ses voyages.

La suite pour Manon ?

Les réseaux sociaux lui offrent un monde infini d’opportunités ; sponsors, événements, partenariats… Mais la pâtissière nous confie concrètement ses projets futurs : « je compte écrire un livre dans un premier temps et le rêve serait d’avoir un talk-show ». L’entretien prend fin lorsqu’une fan la reconnaît et vient timidement la saluer. À seulement 27 ans, Manon Lagrève s’assure un avenir de plus en plus prometteur. 

Crédits photo (portrait) : Gianna Scavo

@manonlagreve

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