Avoir 20 ans à Londres avec Chahinèz
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Avoir 20 ans à Londres avec Chahinèz

Lina Homci le 31.05.19 - modifié le 03.06.19

“Une école privée de filles, pourquoi pas !”

Pensait-elle alors qu’elle envoyait sa candidature à l’école londonienne Lady Eleanor Holles (LEH). C’est grâce à quelques lettres de recommandation, à un entretien en visioconférence réussi et surtout à un dossier solide que Chahinèz Chouaf est sélectionnée pour un an d’assistanat dans une école partenaire de son université française. L’été 2018 marque un cap pour Chahinèz qui troque sa tenue d’étudiante contre un blazer et un stylo rouge, prête à intégrer le corps enseignant de son nouvel établissement d’accueil.

Vivre le rêve londonien !

Chahinèz n’avait encore jamais quitté la France. Originaire de Clermont-Ferrand où elle passe son enfance et fait ses études, elle avoue avoir toujours voulu vivre à l’étranger. Attirée par l’univers anglo-saxon, “la royauté, le prestige et le charme derrière l’accent britannique” précise-t-elle, Chahinèz se dirige enfin de l’autre côté de la Manche, des étoiles plein les yeux. Diplôme d’Anglais en poche, elle fait sa rentrée en septembre  2018 dans une école qui l’a séduite “pour son côté chaleureux et le programme de préparation aux grandes universités : Cambridge et Oxford”.

D’enseignée à enseignante

“Passer d’élève à professeure d’un été à l’autre, ça représente beaucoup de responsabilités d’un coup. Il faut adopter les codes, avoir les bons réflexes et ne pas dire de bêtises” explique la jeune femme. Avec des classes composées de 6 à 7 filles, elle aide les plus jeunes (junior school) et les plus âgées (sixth form) à se préparer aux épreuves de fin d’année. Pour le GCSE (l’équivalent du Brevet) et le A-level (l’équivalent du BAC) Chahinèz garde une certaine liberté dans sa méthode de travail et les documents qu’elle choisit pour aborder les thématiques précises des examens. Le patrimoine, la musique, le bénévolat, le cinéma ou encore des thématiques plus actuelles telle que l’homoparentalité ou la misère sont abordés, chaque semaine, toujours sous la bannière de la francophonie. “Ma mission c’est de relever les erreurs de syntaxe, de grammaire, d’anglicisme, de prononciation et d’intonation” : entre débats et oraux, l’assistante de français donne à ses élèves toutes les clés pour réussir leurs examens et peut-être intégrer une grande université.

Une école de filles

N’ayant jamais connu d’établissement de filles, Chahinèz nous avoue avoir eu quelques appréhensions : “les écoles unisexes, je les pensais un peu dépassées !”. Mais après s’être renseignée et pour l’avoir observé sur place, elle constate que les filles se retrouvent dans de meilleures conditions pour travailler : pas de garçons, moins de distractions. Chahinèz abonde dans ce sens et confie son sentiment là-dessus :

“Je remarque aussi qu’elles s’épanouissent dans des matières dites plus “masculines”, ce qu’elles oseraient peut-être moins faire s’il y avait des garçons. Aucune matière ne devient exclusive pour les uns ou pour les autres.”

Une étendue de possibilités

L’aventure à Londres continue pour Chahinèz qui entame en septembre sa deuxième année en tant qu’assistante. Elle envisage de continuer ses études ici et de poursuivre une carrière de professeure de français. “Ici, il y a plus de portes qui s’ouvrent qu’en France, surtout dans mon corps de métier où les choix de carrières sont restreints”. Forte de cette première expérience dans la Ville Monde, Chahinèz dit s’être construite en tant que jeune femme. Seule dans la foule londonienne, elle se sent grandir.

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