Jackie Perrée, une Québécoise qui aime le français
EXPAT LIFE

Jackie Perrée, une Québécoise qui aime le français

Lina Homci le 29.05.19

“Je me sens complètement québécoise”

La langue française occupe une place prédominante dans sa vie et son parcours. Née en Ontario – région à majorité anglophone – Jackie grandit sur la terre de ses parents à Québec où elle obtient son diplôme d’enseignante en français Langue Seconde (ou Français Langue Étrangère). “Je suis venue à Londres par amour et je suis restée pour mon travail !” nous raconte Jackie en riant. Après plusieurs années de relation à distance, elle finit par déménager de l’autre côté de l’Atlantique.

Une langue pour tous

L’aventure à Londres commence lorsqu’elle obtient un poste d’enseignante et donne des cours de français à des adultes. “J’enseigne dans plusieurs institutions, dont le centre de langues de l’Institut français”, un métier pour lequel Jackie se consacre pleinement ; “j’adore mon métier, je le dis souvent” ajoute-t-elle.

Le programme académique est français et la méthode de travail est britannique : “Il y a beaucoup d’oral et de discussions, mon travail finalement, c’est de faire parler les gens” ironise-t-elle. Ce qui lui plaît tout particulièrement, c’est la diversité culturelle dans ses classes animées par les échanges d’expériences, d’idées et de cultures.

Contribuer au rayonnement de la langue française dans un paysage aussi cosmopolite que celui de Londres : voilà pour Jackie une meilleure définition de son métier. “Je pense que le français n’est pas seulement une langue, il véhicule aussi des valeurs communes, de démocratie et de liberté. J’essaie durant mes cours de transmettre ces notions-là.”

Entre francophones

Se réunir et reconnecter autour d’un pique-nique au parc Lincoln Inn Fields ou faire des rencontres lors d’un match de football improvisé : voilà quelques-unes des activités organisées par le groupe “d’expats Québécois et Franco-Canadiens de Londres”. Initialement, le groupe avait pour titre “Groupe d’expats québécois de Londres”, mais l’organisatrice Jackie a tenu à ajouter la mention “Franco Canadiens”. “Il ne faut pas oublier qu’au Canada ce ne sont pas seulement les Québécois qui parlent français. Il y a également plusieurs provinces avec de grandes communautés acadiennes francophones, au Manitoba, à Winnipeg ou à Saint Boniface…”.

La francophonie est une identité universelle encore puissante aujourd’hui, mais souvent fragilisée même de l’intérieur. D’un français hexagonal, belge ou suisse à un français québécois, les accents et le vocabulaire changent. Jackie nous partage son vif sentiment à ce sujet : “Les francophones, entre eux, sont intolérants. On pointe facilement du doigt les erreurs syntaxiques et on se moque des accents, il faut arrêter ! On a tous un accent pour l’Autre.”. C’est paradoxalement une fois devenue londonienne que Jackie réalise les avantages, les richesses comme les inconvénients et les limites de la francophonie. Mais une chose est sûre pour Jackie, il faut la protéger.

Partager

à voir également