Avoir 20 ans à Londres avec Clément Veauvy
EXPAT LIFE

Avoir 20 ans à Londres avec Clément Veauvy

Lina Homci le 24.05.19

À 27 ans, Clément Veauvy a gravi les échelons et occupe aujourd’hui le poste de Manager au restaurant Chez Antoinette à Covent garden. Ce jeune homme, constamment en quête de lui-même, se livre à Ici Londres sur son parcours et sa vie londonienne.

C’est au marché de Covent Garden, en pleine frénésie du samedi après-midi, que Clément prend le temps de s’entretenir avec nous. Le restaurant s’est installé il y a maintenant 4 ans et est devenu partie intégrante de la restauration à la française de l’ancien marché. « Il y a vraiment un esprit à la française avec le tablier, le décor et le mobilier » nous explique-t-il, lui qui baigne dans le monde de l’hôtellerie depuis maintenant 3 ans et demi. Mais son parcours atypique ne le prédestinait pas à une carrière dans cet univers… 

 Avec Léo, son assistant manager (à droite) 

Londres, ville de business 

Avant son aventure à Londres, c'est sans diplôme qu'il monte une entreprise de communication dans sa ville d’origine, Tours. Il réalise des sites web, des cartes de restaurants et aide à développer des business dans le monde de la nuit. Mais un besoin « d’ailleurs » l’anime depuis sa première visite il y a 7 ans « j’étais complètement émerveillé, je m’étais dit : cette ville est incroyable, le business et l’ouverture d’esprit ; c’est ici ! ». Quelques années après et sans crier gare, le Tourangeau fait ses valises et s’envole pour Londres. Une grande étape dans la vie de Clément, qui lâche tout pour rejoindre seul une terre promise, à seulement 24 ans. « Mon petit rêve secret, c’était de me dire qu’un jour, je gérerai mon petit restaurant » nous confie-t-il. 

La curiosité le pousse à entreprendre. Avec quelques économies, il arrive à Londres, trouve sa première coloc aux alentours de Baker Street et répond à la première annonce d’emploi : « Je ne le savais pas encore, mais je commençais à créer mon réseau ». La naïveté lui a valu un premier poste de serveur à la Maison Kayser, boulangerie française du très connu Eric Kayser. Le pied à l’étrier, sa première expérience l’aiguille vers un avenir prometteur. 

« Il faut sentir quand le vent tourne » explique-t-il. 

Mais Clément a le vent en poupe ; sa carrière n’est qu’un enchaînement d’opportunités à saisir avec un soupçon de charisme et beaucoup de « volonté et de culot ». De serveur à maître d’hôtel, il dit « s’engouffrer dans la brèche d’un business qui s’ouvrait et qui était nouveau », il y avait des places à prendre et une équipe à monter ; l’occasion pour le jeune aspirant de faire ses preuves. 

Fort de ses premiers pas dans le métier, il rêve de plus encore et se lance dans le fine-dining (restaurant gastronomique). Il enchaîne les établissements aux « belles nappes blanches et aux costumes tirés à quatre épingles » ; en 2017, il rejoint d’abord le Bleeding Heart, puis German Gymnasium et La Ferme London… Tout ce qu’il a appris, il le doit à ses mentors rencontrés sur le chemin de sa réussite, « ils ont fait ce que je suis aujourd’hui ». Il s’aguerrit du métier, dur par le sens du détail et de la précision, mais le concept du travail d’équipe lui plaît, « c’est comme une équipe de rugby, le chef peut te dégager de sa cuisine et à la fin du service te faire une tape sur l’épaule et te dire ‘c’était cool le service ?’ Comme au rugby, on boit une bière après et on passe à autre chose ».  

Avec Clara, une des serveuses 

« C’est un peu une histoire d’amour avec JB et Aurélia (les fondateurs de Chez Antoinette) » 

Très vite, Clément fait la somme de ses expériences et arrive au poste vacant de manager de Chez Antoinette. C’est juste avant l’ouverture du second restaurant à Victoria qu’il doit monter une nouvelle équipe et reprendre les reines de celui de Covent Garden. Depuis février règne une relation de confiance avec ses propriétaires : « ils m’ont confié les clés et je le gère comme s’il m’appartenait. L’affaire marche très bien ». De nature pêchu, il se fait le bout-en-train de l’équipe en place, « si je ne m’épuise pas après un service, je ne me sens pas très heureux. Aujourd’hui, je n’apprécie pas seulement la restauration, j’en suis dingue ! » ajoute-t-il avec enthousiasme.

L’entretien prend fin sur des airs d’Aznavour en fond… Travailler dans ce petit coin de France avec une équipe française triée sur le volet, c’est ce qui le rend heureux. La suite ? À 27 ans, le jeune rêveur a beaucoup de projets en tête, mais la prochaine étape pour lui serait peut-être de fonder une famille. 

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