Candidat à Londres sur la liste Change UK, Jan Vincent-Rostowski veut empêcher le Brexit
BREXIT

Candidat à Londres sur la liste Change UK, Jan Vincent-Rostowski veut empêcher le Brexit

Nadège Alezine le 20.05.19

Né à Londres, Jan Vincent-Rostowski est un homme politique à l’envergure européenne. Il a été vice-premier ministre de la Pologne et ministre des finances dans son pays d’origine mais c’est en Grande-Bretagne que son combat actuel prend forme.

Européen dans l’âme, ce professeur d’économie à Sciences Po Paris a rejoint les rangs de Change UK, un parti politique qui rassemble certains politiciens britanniques qui veulent empêcher le Brexit de se produire.

Les citoyens européens inscrits sur les listes électorales en Grande Bretagne peuvent voter pour leurs représentants britanniques au parlement européen le 23 mai mais ils peuvent aussi choisir de voter pour les représentants de leur pays d’origine le 26 mai.

Dans ce contexte de Brexit et de montée des populismes dans certains pays européens, comme en France où les partis eurosceptiques prennent de l’ampleur, Jan Vincent-Rostowski essaye de convaincre un électorat pro-européen et anti-Brexit. Rencontre.

Quel a été votre première réaction à l’annonce des résultats du référendum en 2016 ?

Je n’ai pas été du tout surpris. En fait, je pensais qu’il y avait 50% de chance qu’un vote Leave l’emporte. J’ai même parié de l’argent sur le résultat. Mais cela ne m’a pas compensé le désagrément ! Ce n’était pas un choc mais j’étais vraiment ennuyé.

Pourquoi avoir rejoint les rangs de Change UK ?

Le Brexit s’écroule sous son poids. Le poids de ses propres contradictions internes. Et c’est mauvais. Je pense que c’est une bonne chose de lui donner un petit « push ». Et c’est que je veux faire. Pour cela, il faut que le vote pour les Remain parties et Change UK l’emporte. C’est pour cela que j’ai rejoint les rangs. C’était naturel pour moi de me présenter sur une liste à Londres, car je suis né ici et j'y habite depuis 50 ans.

Comment Change UK compte-t-il barrer la route au Brexit Party de Nigel Farrage ?

C’est un process. Le Brexit s’écroule et est en train de détruire les deux partis majoritaires. On va avoir un paysage politique totalement nouveau. Il y a 4 mois on pensait que le Labour allait être détruit par le Bexit et maintenant cela touche aussi les Tories. La pression du Brexit est trop forte.

Soutenez-vous l’idée d’un second référendum ?

Oui, tout à fait. Nous voulons un second référendum et un Remain vote. Nous voulons vraiment arrêter le Brexit par tous les moyens. S’il y avait un second référendum, je suis convaincu que le Remain gagnerait à une très large majorité, en partie notamment grâce à la démographie des votants. En 2016, les "vieux" ont voté Leave et les "jeunes" ont voté Remain. Ceux qui ne pouvaient pas voter en 2016 le peuvent maintenant et les plus vieux non…

Pour cette élection, les citoyens européens peuvent voter le 23 ou le 26 mai.

Il est important que les citoyens européens qui vivent en UK aillent voter le 23 mai. Nous voulons aussi que les citoyens européens puissent être capables de voter pour les « général élections » comme c'est le cas pour les Canadiens et les Australiens. Cela fait partie de la tradition britannique. D’ailleurs, les Canadiens sont contre le Brexit malgré ce que disent les Brexiters.

Où voter et quand en tant qu'Européen pour arrêter le Brexit ?

C'est le choix de tout à chacun de voter là où c'est le plus important, le 23 en UK ou le 26 pour la France. En France, par exemple, pour arrêter Marine Le Pen. Si votre pays d’origine possède une situation politique plus stable, je pense à l’Allemagne ou au Portugal, je recommande fortement de voter plutôt ici.

Mais pour voter ici, il faut être enregistré sur les listes électorales avant le 7 mai. Mais c’est ambigu…prenez votre « registration paper » et aller voter ! Si vous êtes sur le registre, vous en avez le droit. Sinon, allez voter le 26 mai.

Votre mandat risque d’être court si vous êtes élu…

C’est à l’automne que tout va se jouer. Ma mission va être de demander de donner aux Britanniques du temps. Donner du temps au temps. Les Britanniques ont besoin de temps pour mettre toutes les possibilités sur la table en cas de Brexit. Et c’est là où je suis en désaccord avec le président français. Pendant ces premiers mois, ce sera ma mission principale.

Je veux représenter Londres, son économie et aussi les intérêts des citoyens européens qui vivent en Grande Bretagne, c’est très important pour moi. Je resterai jusqu’à la fin de mon mandat.

Votre position sur le settled status scheme réservés aux citoyens européens vivant en GB ?

Vous avez entendu parler de cette histoire où un bureaucrate belge a demandé le settled status et ne l’a pas obtenu ? Le Home Office est abominable et certainement sur ces questions en particulier… Personne ne peut faire confiance au gouvernement britannique pour garantir les droits des citoyens européens sur le sol britannique. Le Home Office est totalement hors de contrôle, même de la part de son propre gouvernement !

 

 

 

 

 

 

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