Ces Londoniennes qui entreprennent
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Ces Londoniennes qui entreprennent

Nadège Alezine, Clémence Calderon, Lina Homci le 01.05.19

Ma boîte à moi c’est…

Qui sont les femmes qui se sont lancées dans l’aventure de l’entrepeneuriat à Londres ? Petit tour d’horizon de celles qui ont choisi de conjuguer entreprendre au féminin.

 

Isabelle Lemarchand Librairie La Page

C’est la librairie francophone du quartier de South Kensington, La Librairie La Page est tenue par Isabelle Lemarchand depuis 2008. 

Parlez nous de votre entreprise

La Page était une librairie généraliste et papeterie française depuis 30 ans, (1978) la plus ancienne installée à Londres dans ce quartier qui abritait déjà le grand Lycée Charles de Gaulle et le Consulat de France. Cette proximité donne tout son sens à l’existence de ce lieu culturel à South Kensington. Le voisinage des musées qui encourage également les touristes à fréquenter ce lieu, devenu incontournable pour les francophiles en visite à Londres.

Le métier de libraire est merveilleux, l’environnement des livres est enchanteur et leur trouver des lecteurs est une mission très enthousiasmante. À La Page c’est aussi un vrai travail d’équipe, ou chacun a à cœur de se spécialiser et de porter un projet particulier. Ainsi des rendez-vous de lecture pour les petits, les ados ou les adultes ont lieu dans nos murs ainsi que des rencontres d’auteurs, des soirées culturelles à thème.

Quel a été votre plus gros challenge ?

C’est également un métier difficile, où nous devons souvent faire face à une concurrence commerciale rude et à des réflexes qui ne respectent pas toujours les valeurs du service et de la vente de proximité. Nous faisons donc en permanence un travail de sensibilisation auprès de nos clients qui savent combien sont précieux le conseil, l’orientation et l’accompagnement dans leurs choix.

Est-ce un bonheur d’entreprendre ?

Aujourd’hui, la librairie est devenue un lieu culturel à part entière dans le paysage francophone londonien. Au point que lorsque l’ancien président vient à Londres, c’est ici qu’il vient rencontrer les Français !

Librairie La Page, 7 Harrington road, SW7 3ES Métro : South Kensington.

 

Amélie Meynaert, photographe free-lance

Originaire de Belgique, Amélie a fait de sa passion d’enfance un métier à part entière.

Quand avez-vous lancé votre entreprise ?

Après avoir pris plus ou moins un an pour créer mon book et voir si mon projet pouvait prendre vie, je me suis enfin lancée en septembre 2017.

Quel a été le plus gros challenge à surmonter lors de la création de votre entreprise ?

Je pense que mon plus gros challenge a été de me faire confiance. Aussi je change d’avis et d’envies peut être un peu trop souvent. Ce qui a pu parfois ralentir le processus.

Être femme entrepreneure : un obstacle ou un avantage ?

Pour moi ce n’est pas un obstacle. J’ai des clients charmants et en ce qui concerne l’administratif cela s’est fait sans difficulté.

Le conseil que l’on vous a donné et que vous n’avez pas suivi ?

Prendre du recul ! Un très bon conseil qui est pour moi difficile à suivre. Je suis à 100 % dans ce que je fais et prends les choses très (trop) à cœur. Pas toujours facile à gérer mais je m’améliore !

Le grand bonheur d’être entrepreneure c’est…

Vivre en partie de sa passion c’est fabuleux et excitant. Un grand bonheur !

Amelie M. Photography sur ameliemphotography.com.

 

Catherine MacCarthy, My Happy Place Box 

 

Arrivée à Londres il y a 20 ans pour apprendre l’anglais, Catherine y a aussi appris à monter sa propre boîte : un service de box cadeau inspiré par ses voyages, lancé en 2018.

Être femme entrepreneure : un obstacle ou un avantage ?

Le plus gros obstacle dans la vie comme en business est d’avoir confiance en soi.  Il faut croire en son projet à 100% avant de convaincre les autres. Souvent les femmes ont moins confiance en elles pour ce type de projets car ce n’est pas dans notre culture de lancer un pari fou sans l’assurance d’un salaire mensuel. C’est aussi important de sentir le soutien de sa famille et de ses amies car il y a toujours des moments de doute durant lesquels leurs conseils sont clefs. Pour ma part, je pense qu’être une femme dans l’entrepreneuriat est un avantage car nous sommes bien meilleures pour faire plusieurs choses à la fois et nous avons l’humilité de demander de l’aide quand il le faut. J’ai la chance d’avoir un réseau de femmes françaises entrepreneures à Londres qui sont aussi toutes des amies et nous sommes toujours là l’une pour l’autre.

Le conseil que l’on vous a donné et que vous n’avez pas suivi?

Quand j’ai annoncé autour de moi le prix de My Happy Place Box, tout le monde m’a dit que £25 étaient trop peu pour le produit que je proposais. Pour moi, il est essentiel que les femmes voient la boîte comme une chance de trouver le bonheur à un prix abordable, je ne voulais pas que le coût soit une barrière. Je n’ai donc pas cédé et c’est maintenant une des forces de mon produit.

My Happy Place Box sur myhappyplacebox.com

 

Marine Vincent, Make Me Feel

Londonienne depuis 13 ans, Marine a ouvert la première parapharmacie de la capitale à Clapham en 2016 et une boutique en ligne, thefrenchpharamcy.co en 2018.

Quel a été le plus gros challenge à surmonter lors de la création de votre entreprise ?

Lors de la création, il y a beaucoup de monde pour vous dire que c’est un gros projet et que cela va être très difficile. Il faut rester concentré sur son idée et croire en soi ! Personnellement, 10 mois après l’ouverture de Make Me Feel, j’ai été gravement blessée lors de l’attentat de Londres. Le challenge et la réussite dont je suis fière sont d’avoir continué ce projet professionnel et que le business ait lui aussi survécu.

Le conseil que l’on vous a donné et que vous n’avez pas suivi?

“Reste salariée, cela sera plus facile !”

Des erreurs que vous regrettez lors de la création de votre entreprise ?

J’ai bien sûr fait quelques erreurs. Elles sont inévitables quand on commence de zéro. Quelques mauvais choix de marques, de partenariats mais cela fait partie du “package” et de l’apprentissage. Il faut savoir toujours garder l’esprit en alerte pour rectifier rapidement. Mais en général, je vois ces erreurs comme des leçons.

Un bonheur d’entrepreneure ?

D’avoir été partenaire exclusif du lancement de la marque française Collosol au UK sur notre online store The French Pharmacy et d’avoir notre nom cité dans les plus grands magazines : Harper’s Bazaar, Elle, Marie claire, Get The Gloss, etc.

Make Me Feel, 25 Abbeville road, SW4 9LA Métro : Clapham North.

 

Dalla Niakhaté, Thés Lac Rose

Londonienne depuis un an et demi, Dalla Niakhaté a lancé Thés Lac Rose en juin 2018. Une marque de thés “haute couture”, pour la simple raison que ce sont des thés saisonniers et faits à la main. Comme dans la mode, Dalla crée une collection de bouquets de thé en fonction des saisons et joue avec les couleurs, les saveurs et les odeurs.

Le plus dur lors du lancement de votre marque ?

Se lancer tout simplement. Ça faisait plusieurs années que j’avais ce projet en tête, mais je n’avais jamais eu le courage de le faire. Ce n’était jamais le bon moment et un jour j’ai eu un déclic et je me suis dit que si je ne le faisais pas maintenant, je ne le ferais jamais.

Être une femme entrepreneure, n’est pas un obstacle. Je pense que ça dépend vraiment de la personnalité, de la motivation et de sa volonté à ne pas baisser les bras. 

Le conseil que vous n’avez pas écouté ?

Essayer de faire ce qui existe déjà. Je pense que chaque entreprise doit avoir sa propre empreinte, sa propre identité.

Sur theslacrose.com et sur Instagram: @theslacrose

 

Émeline Denis, La Très Zen Massage Therapies

Cette Bretonne a posé ses valises à Londres en 2003. Elle y a passé des années formatrices à travailler pour des marques de luxe pour finir par sauter le pas et devenir son propre boss avec La Très Zen Massage Therapies, qui propose des soins de massage.

Quel a été votre plus gros challenge ?

Payer les factures ! Je n’avais pas un sou de côté donc j’ai utilisé ma carte de crédit pour financer ma formation de masseuse. Mon travail à temps partiel m’a uniquement permis de payer ma part du loyer et les factures. Pour le reste, mon homme a géré pendant presque un an. Ce changement de carrière n’a pas été sans sacrifices : plus de petits restos, voyages, ni même une paire de chaussures !

Le conseil que vous n’avez pas suivi ?

Ah et bien c’est un conseil que ma maman m’a donné à l’adolescence : “Mets de l’argent de côté Émeline, au lieu de tout dépenser en fringues…” Si j’avais suivi ce conseil précieux, cela m’aurait évité bien des tracas !

Sur latreszen.com

Joséphine Clavel, galeriste

Londonienne depuis 2000, Joséphine a ouvert une galerie d’art qui porte son nom il y a deux ans, après s’être essayée aux espaces pop-up à Londres et à l’étranger.

Votre plus gros challenge ?

Je n’allais plus être aussi présente à la maison, alors que mon époux travaille beaucoup... J’avais un peu peur que tout s’écroule, mais finalement les enfants sont devenus plus responsables et aiment l’idée de voir leur mère s’épanouir dans son travail.

Le conseil que vous n'avez pas suivi ?

On a beaucoup essayé de me décourager - et oui ! , on m’a aussi dit de laisser tomber l’idée d’une galerie à cause du Brexit . Je n’ai jamais pris en compte ce genre de conseil et j’ai bien fait. Il faut suivre ses intuitions à soi, et se faire confiance.

Le bonheur d’être entrepreneure c’est :

Oui, je suis très heureuse de m’être lancée, et me dis souvent que j’aurai dû le faire plus tôt, mais je manquais de soutien et de confiance en moi.  Ce qui n’est plus le cas.

Joséphine Clavel Gallery, 16 Victoria Grove, W8 5RW Métro : Gloucester road.

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