Et Mary Quant inventa le London look
TENDANCE

Et Mary Quant inventa le London look

Lina Homci le 30.04.19

Chelsea, King’s Road, 1955 ; ouverture de la première boutique Bazaar par la créatrice britannique Mary Quant. Son but : rendre la mode et le prêt-à-porter accessibles à tous. Cette figure féministe reste encore aujourd’hui pionnière d’une mode qui met à bas le conformisme et donne aux femmes le choix de porter minijupe ou pantalon. Le style se démocratise et se veut provocant pour une société à l’attitude plus détendue et insouciante. Dans les années 60 à 70, jupes courtes, collants colorés, pantalons et coupes garçonnes émergent dans les rues de Londres à l’instar de cette créatrice mythique.  

The London look

À travers ses créations Mary Quant façonne l’identité de la mode britannique, ce qui met Londres au centre de l’innovation et de la créativité inspirées de la rue. In the first half of the 20th century, fashion was simply not a very English thing to do(1).
Elle donne alors naissance au London look et l’exporte dans le monde entier au milieu des années 60.

Un style très éclectique

Tout en gardant un style inspiré de la glorieuse période victorienne, elle puise des années folles de 1920 un côté pimpant et frivole pour une garde-robe accessible à la classe ouvrière féminine. Ambassadrice de la minijupe, elle dépasse les limites de l’acceptable : Fashion as we knew it is over, people wear now exactly what they feel like wearing" (2) declare-t-elle, alors.

Décrite comme “The shock of the knee” par les médias en 1960, la minijupe devient l’emblème des boutiques Bazaar. La marque signée Quant est le mélange d’un look adolescent, parfois androgyne, adulé par des femmes en pleine libération sexuelle d’une période hédoniste d’après-guerre.

Imperméables colorés, motifs brodés ou monochrome, le style se veut intemporel, provoquant voire non binaire. Pour elle, la mode n’est pas forcément une question de bon goût mais peut aussi flirter avec un brin de vulgarité.

“Way of living way of dressing”

La marque Daisy et son logo marguerite devient symbole d’anticonformisme et plus qu’une marque, renvoie à une philosophie qui dit “non” au traditionnel et “oui” à la nouveauté. Mary Quant transmet un art de vivre optimiste à travers ses créations qui donnent l’assurance à ces femmes de revendiquer leur indépendance. Dans les magazines de l’époque, les photographies des mannequins portant du Mary Quant sont en mouvement : elles courent, sautent, tout cela pour montrer que ses vêtements sont confortables, pratiques et adaptés à la femme active qui travaille.

“I didn’t have time to wait for women’s liberation” (3) disait alors Mary Quant, précurseuse du féminisme qui est célébrée aujourd’hui au V&A jusqu’au 16 février 2020.

(1) “Dans la première partie du xxe siècle, la mode n’était un dom

aine très anglais”

(2) “La mode comme on l’entendait avant est finie, à présent les gens portent exactement ce dont ils ont envie.”

(3) “Je n’avais pas le temps d’attendre la libération de la femme.”

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