Childcare à Londres : Un prix cher à payer surtout pour les mères
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Childcare à Londres : Un prix cher à payer surtout pour les mères

Nadège Alezine le 27.03.19

D’après une étude du OECD, le Royaume-Uni est le pays où le coût de garde des enfants est le plus élevé de tous les pays développés. Cette étude stipule que près de 40% des revenus d’un ménage y sont consacrés. Et les chiffres sur le coût de la garde ne font que s'aggraver quand on parle de la ville de Londres avec près de £7 600 par an consacrés à faire garder son enfant de moins de deux ans en nursery et une moyenne de £7238 par an pour une nounou. Heureusement, le gouvernement a mis en place un tax free childcare, une aide financière destinée à aider les parents à payer leurs frais de garde.

Un recul pour le travail des femmes

Mais le coût de garde cache une autre réalité, surtout pour les femmes. Le prix élevé des crèches et garderies ajouté au manque de places disponibles dans ces structures et l’éloignement familial, accentué pour les femmes expatriées, font que certaines se voient contraintes de ne pas retourner travailler après leur accouchement. Si elles choisissent de reprendre le chemin du travail, elles ont souvent à payer pour travailler, la totalité de leur salaire passant dans les frais de garde.

Une situation qui exclue les femmes et surtout les mères du marché du travail et sur laquelle le gouvernement britannique dit vouloir travailler en profondeur mais pas suffisamment selon Angela Rayner, Shadow Education Secretary :

L’échec du gouvernement à proposer des solutions de garde gratuites et de bonne qualité à ceux qui en ont le plus besoin oblige beaucoup de mères à ne plus travailler, puisque le coût élevé du système de garde implique que cela ne paye pas de travailler.

À Londres, 58% des autorités locales se plaignent d’un manque de solution de garde pour les enfants de moins de 2 ans sur leur territoire et souvent les parents payent des nurseries privées pour faire garder leur progéniture.

Des solutions qui coûtent cher

Les alternatives se portent sur une nounou à domicile ou une au pair, mais vu le coût élevé des loyers à Londres, il faut pouvoir se permettre de mettre à disposition une chambre supplémentaire pour loger sa nounou ou son au pair.

Anne, 36 ans, une maman française qui travaille à plein temps comme Responsable marketing avoue que 85% de son salaire passe dans la garde de ses deux enfants de 4 et 6 ans :

J’ai choisi de recruter un manny pour garder mes enfants après l’école. Sébastien vient 9 heures par semaine à la maison s’occuper de mes deux enfants et parfois quelques soirs en baby-sitting. Le coût de mon manny combiné avec la nursery pour mon plus jeune et l’after school de la plus grande engouffrent presque tout mon salaire. Seule, je ne pourrais pas associer une garde d’enfant et une activité salariée.

Des inégalités qui touchent surtout les femmes

D’après une étude d’Eurostat, à Londres, près de 73% des femmes entre 35 et 44 ans travaillent à plein temps ou à temps partiel contre 92% des hommes au même âge. Londres a le plus grand écart de tous les pays d’Europe combinés en la matière. Londres est aussi, toujours selon la même étude, la ville qui emploie le moins de mères après le West Midlands.

Et pendant les vacances scolaires ?

Les mères qui travaillent au Royaume-Uni ont droit à seulement 23 jours de vacances par an, ce qui est clairement inférieur aux 13 semaines de vacances scolaires de leurs enfants. Se pose alors l’épineux problème de la garde des enfants quand il n’y a pas école. Béatrice, 34 ans, mère d’une petite fille de 6 ans travaille à plein temps dans une agence de communication londonienne :

Pendant les vacances scolaires, Romy retourne en France chez ses grands-parents. Sinon, il y a aussi la solution du centre aéré pour £150 par semaine, sans les repas et les activités. Quand je suis arrivée à Londres, ma fille avait 4 ans et j’ai même dû arrêter de travailler pendant un temps car tout mon salaire allait dans le salaire de la nounou.

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