Prendre sa retraite à Londres, rencontre avec Rosamund
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Prendre sa retraite à Londres, rencontre avec Rosamund

Estelle Nilsson-Julien le 19.03.19

Changer de vie, une envie qui a saisi Rosamund Oudart “ou Rosy pour les intimes” comme elle aime dire. Il y a plusieurs années, alors âgée de 59 ans elle décide de tout plaquer... quittant sa vie de Parisienne pour tout recommencer à Londres. Cette Franco-Anglaise, pleine d’élégance au sourire rayonnant, nous accueille chaleureusement chez elle pour se livrer sur son installation à Londres.

Une grand-mère Anglaise
Un choix qui a forcément surpris son entourage: Rosamund ayant toujours été une amoureuse des cultures latines (et plus particulièrement de l’Espagne) depuis l’adolescence: “j’ai fais des études d’espagnol, j’adorais tout ce qui était espagnol, le flamenco, les hommes (rires)!”.

Son attachement à sa grand-mère Aglaise (qui l’a élevée jusqu'à l'âge de 7 ans) l’a poussée à venir en Angleterre: “je parle anglais depuis ma naissance et puis en arrivant à Londres j’avais l’impression d’avoir un appel!”. Une ville qu’elle décrit comme vivante et pleine d'énergie: “c’est tellement jeune, il y a tellement de langues, de dynamisme, de vie!” qui lui également ouvert la possibilité d’apprendre tous les jours : “je connaissais déjà très bien la France et l’Espagne mais je n’avais jamais étudié la culture anglaise”.

Obtenir le passeport britannique
Sa mission en arrivant était de s’approprier la culture Anglaise, mais au-delà de cela de devenir officiellement Anglaise. Elle décide donc de tout mettre en oeuvre afin de commencer la procédure d’obtention de passeport britannique. Une procédure qui fut très compliquée, Rosamund ayant fait appel à Keir Starmer, député de Holborn and St Pancras (le borough dans lequel elle réside), pour l’aider dans sa démarche. Il a été touché par son parcours, changer de nationalité semblant être une histoire de famille en quelque sorte: “mon grand-père était radical socialiste, venu se réfugier en Angleterre. Il aimait beaucoup l’humour anglais et avait un accent Français épouvantable. Puis ils sont retournés en France, et ma grand-mère devait devenir obligatoirement française”.

Comment rencontrer des gens lorsqu’on est retraité?
La question se pose tout de même : comment rencontrer des gens à 59 ans, lorsqu’on vient d’arriver à Londres et qu’on ne connaît personne ? : “j’avais envie de trouver un club britannique et d’en devenir membre. Je suis entrée dans le National Liberal Club situé dans l’ancienne maison de Gladstone. J’y ai rencontré un tas de gens et ça continue!”.  Des déjeuners avec des speakers sont régulièrement organisés ainsi que des dîners le soir et des débats. Il y a également un cercle de Français qui se retrouvent pour échanger. “Il faut se brancher sur le social et surtout parler anglais si on ne maîtrise pas la langue”, constate Rosamund, en ajoutant qu’il est plus facile de se créer un réseau d’amis à Londres qu'à Paris “il y a beaucoup plus de ‘social activities’ auxquelles on peut participer”.

Ses autres adresses sont le club philo et le cinéma de l’Institut français: “j’adore South Kensington, je vais à la Librairie La Page, où il y a souvent des rencontres avec des auteurs” . Dernièrement elle a pu rencontrer François Hollande, qu’elle dit très drôle et qui lui a confié lors de leur échange : “quand même à notre époque on n'avait pas besoin de téléphones pour draguer”.

Rosamund conserve néanmoins sa passion pour l’Espagne, allant à l’Instituto Cervantes et faisant partie de l’association anglo-espagnole: “dès que je vois des Espagnols ou des Latinos-américains je fonce sur eux! (rire) Je parle aussi portugais !”.

Franco-anglaise à la vie
Le Brexit en vue, elle ne compte pas renoncer à sa vie londonienne : “on ne fait pas toutes les démarches que j’ai effectuées pour quitter son pays, surtout que j’avais 59 ans, pour enfin y retourner”. Passionnée par la politique, elle est allée au lancement du People’s Vote à Camden et milite actuellement pour un deuxième référendum, tout en reconnaissant que: “le Brexit est un mouvement de colère, l’Angleterre est une grande démocratie si on va vers un deuxième référendum il y aura de la violence”.
Chez Rosamund, être franco-anglaise fait certes partie de son identité, mais c’est aussi l’histoire de toute une vie, d’une enfance baignée dans ces deux cultures, l’une étant inextricable de l’autre. Elle finit donc ce moment ensemble en confiant : “je souhaiterais que mes cendres soient jetées dans la Manche, pour que je me retrouve un jour, ‘un peu des deux côtés’”.

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