Avoir 20 ans à Londres avec Henri
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Avoir 20 ans à Londres avec Henri

Estelle Nilsson-Julien le 26.03.19

Henri Bungert, 19 ans, est installé à Londres depuis deux ans. En deuxième année d’études à la BIMM (British and Irish Modern Music Institute), il rêve de poursuivre une carrière de musicien. C’est avec le sourire et une belle touffe qu’il nous accueille chez lui à Bayswater, dans son salon qui lui sert aussi de studio. Rencontre.

La finale de The Voice

Henri s’est mis à la musique dès l’âge de 8 ans : “j’ai commencé avec de la batterie, puis je me suis mis à la guitare vers 12 ans”. Il maîtrisait donc déjà les instruments quand il est passé au chant : “petit à petit j’ai commencé à chanter comme je le sentais, avant de prendre des cours”.

Quand il est en classe de 4ème, une occasion unique se présente : “mon père m’a inscrit aux castings The Voice. J’ai passé quatre auditions avant d’être sélectionné pour participer aux auditions à l’aveugle”. Il passe son audition avec aisance, les coachs étant charmés par sa voix si douce. Il décide de rejoindre l’équipe de Louis Bertignac (guitariste du groupe Téléphone) : “c’était pour moi la personne la plus intéressante avec qui je pouvais apprendre le plus. J’adore Téléphone et humainement il est génial, très naturel”. Henri est allé jusqu’en finale de The Voice Kids, une expérience qui lui a permis de se focaliser sur le chant : “on avait beaucoup de temps avec des coachs vocaux”. Pour la finale, il a décidé de laisser tomber la guitare : “j’aurais eu plus de stress si j’avais eu ma guitare. Après tout c’est un concours de chant et pas un concours de guitare”.

Rendre le rap accessible 

Son style de musique a beaucoup évolué depuis : “avant j’étais axé sur un mix de rock et pop” mais aujourd’hui il considère qu’il fait du rap alternatif : “j’ai utilisé mes techniques de chant et j’ai mis ça sur du rap, un univers qui me plaît et que j’écoute énormément”. Son but est de rendre le rap plus accessible : “j’essaye de créer une symbiose avec mon univers de chant et celui du rap afin de toucher un maximum de personnes”.

Un rap plus accessible certes, mais pour qui ? “Pour la jeunesse, pour nos parents, pour des personnes qui ne sont pas prédestinées à écouter le rap, soit par leur milieux ou influences musicales”. Henri dit remarquer une évolution dans ce milieu depuis 3 ans déjà : “les points dominants du rap, qui ont pu être l'agressivité ou la revendication sont passés derrière l’imagination et les pensées”. Il ajoute que les clichés et connotations du rap peuvent être très réducteurs : “j’associe toujours le rap à la poésie et t’as pas besoin d’être riche ou pauvre pour être poète. Tu n’as pas besoin d’avoir galéré pour faire du rap”.

Henri se sent bien sur scène, les échanges avec le public nourrissent sa passion : “monter sur scène est vraiment naturel pour moi, c’est un lieu où je peux transmettre mes émotions et faire passer mes messages”. Même si l’adrénaline prend le dessus en avant les spectacles, ce qu’il aime le plus c’est : “le contact et les sensations quand on donne et on reçoit”.  

Il s’inspire de Bob Marley, Ben Harper mais également des rappeurs comme Roméo Elvis : “il a réussi à rendre le rap accessible en le “pop-isant”. Il tire aussi ses inspirations d’artistes comme Damso: “leur musique ne se rapproche pas forcément de ce que je fais. Ils m’inspirent artistiquement, par leurs manières de penser et de composer”. Henri tente surtout d’écouter un maximum d’artistes variés afin de s’assurer qu’il a un flux d’inspiration constant.

Un premier EP

Henri gère tout, enfin à 90%, comme il le dit : “j’écris mes paroles, je compose, je fais mes pochettes avec l’aide d’une graphiste (pour Spotify), je me charge aussi de toute la communication”. Sa formation à la BIMM lui permet de développer cette polyvalence : même si la majorité de ses cours sont centrés sur le chant, il est également formé en performance scénique, business, communication, production et histoire de la musique. Il est entouré d’amis musiciens qui lui filent un coup de main si besoin : “si j’ai besoin d’un riff de guitare je peux le faire mais si je veux une proposition différente je peux demander à mon room mate, qui est aussi musicien, de m’aider”. Pour les touches finales, il retourne à Paris pour travailler avec un producteur qui mixe et masterise ses sons.

 

Le 10 avril sort son nouvel EP avec des morceaux qu’il aimerait aussi jouer sur scène : “j’ai pris l’habitude de performer avec seulement une guitare ou des musiciens”. Un album élaboré et perfectionné par la production c’est différent et il n’a pas forcément la capacité de jouer toutes ses chansons sur scène : “je vais devoir utiliser des loopers (pédales vocales ou musique)”.

Epanoui à Londres

Pour ce qui est de Londres, Henri s’y sent complètement épanoui. La ville lui a permis de s’adapter à un mode de vie différent : “j’ai mis du temps à faire le changement entre ma vie parisienne avant et ma vie seul ici. J’ai été très bercé par ma vie d’avant”. Il a donc consacré sa première année à s’habituer au changement : “c’est dur parce qu’il faut rencontrer beaucoup de personnes et quand tu passes tes journées à composer chez toi tu peux te sentir seul. Et en plus de tout ça tu te cherches”.

Un nouvel environnement qui a également nourri ses créations musicales : “en tant qu’artiste j’ai besoin de vivre de nouvelles choses, découvrir des endroits et rencontrer des personnes pour m’inspirer”. N’ayant pas envie de rentrer vivre à Paris, il compte continuer ses aventures, tenté par la possibilité de découvrir le Mexique et aussi Los Angeles : “c’est un des pôles de la musique moderne qui m’intéresse”.

Il habite actuellement dans le quartier de Bayswater, près de Hyde Park : “c’est un endroit où tu peux méditer, te recentrer en pleine ville”. Une oasis à seulement une dizaine de minutes de Oxford Circus : “je trouve qu’il y a une énergie très spéciale là-bas, c’est tellement international et touristique. Tu sens qu’il y a quelque chose qui se passe, avec tous ces restaurants, commerces, personnes”. Il dit être très simple, sortant peu la nuit et allant surtout dans des soirées d’appartements : “j’allais beaucoup dans des clubs avant, puis ça m’a lassé de sortir autant”.

Insta : @henribungert_officiel

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