Avocat à Londres, entre Brexit et arbitrage international
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Avocat à Londres, entre Brexit et arbitrage international

La rédaction le 01.03.19

Vous êtes italien, avocat français, comment avez-vous atterri à Londres ?

Je suis italien de naissance et j’ai grandi à Florence. C’est aussi à Florence que j’ai commencé mes études de droit que j’ai très vite décidé de poursuivre à Paris. Ce n’était pas un programme d’échange Erasmus, mais ça aurait pu ! Ensuite, grâce à une bourse, je suis parti aux Etats-Unis, dans le Minnesota, étudier un programme très spécifique de droit : la Restorative Justice. Les Etats-Unis sont beaucoup plus avancés que l’Europe sur ce plan et ont développé des programmes qui réunissent les victimes et les auteurs de crimes ou de délits dans le cadre de médiations. Après quoi, je suis rentré en France finaliser mon travail de recherche et j’ai soutenu ma thèse de droit comparé à Paris II Panthéon-Assas. J’ai prêté serment pour devenir avocat parisien en 2009. Dans le cadre de ma formation à l’Ecole du Barreau, j’ai eu la chance de pouvoir travailler dans un cabinet d’avocats américain basé à Londres.

Et depuis ?

J’habite à Londres depuis bientôt huit ans, où je pratique l’arbitrage international en tant qu’avocat français et Solicitor. L’arbitrage est une forme de justice privée particulièrement adaptée aux litiges entre grands acteurs économiques de l’énergie, de la construction et de l’industrie. C’est un des rares domaines du droit qui permet la mobilité internationale. En 2017, je suis devenu président de la section anglaise de la Franco-British Lawyers Society. C’est une association à but non lucratif qui a pour objectif de consolider les liens juridiques, économiques et culturels existant entre la France et le Royaume-Uni. Elle regroupe des magistrats, avocats, notaires, juristes d’entreprises, professeurs et étudiants de part et d’autre de la Manche.

Vous étiez dans un gros cabinet anglais et vous venez de rejoindre un cabinet d’avocat italien, LMS Legal LLP. Qu’est-ce qui a guidé votre choix ?

J’ai travaillé dans de grands cabinets anglo-saxons, à Paris et à Londres, dans lesquels j’ai appris les rouages de l’arbitrage international et le travail en équipe. Aujourd’hui, j’ai décidé de mettre mon expérience au service d’un cabinet qui propose aux clients un travail sur mesure et plus personnalisé. Ce choix de structure me permet de déployer mon réseau et mes contacts notamment dans les secteurs de l’énergie et de la construction. LMS Legal LLP est un cabinet italien connu dans les domaines des fusions-acquisitions, du corporate finance et du contentieux. Très implanté en Italie, c’est une structure de type boutique à Londres qui a choisi de me faire confiance pour contribuer à sa réussite ici.

Et le Brexit, dans tout cela ?

Le Royaume-Uni traverse en ce moment une phase à la fois inédite et excitante ! On a l’impression qu’il y a depuis deux ans un exil des continentaux vers leurs pays d’origine ou vers l’une des plateformes économiques comme Paris, Francfort ou Milan. Je pense que c’est pour partie exagéré et que ça révèle plutôt le souhait de certains de changer de vie. Pour ma part, je suis et je reste optimiste pour la suite, du fait de la grande capacité de résilience de l’économie et du peuple britanniques, et eu égard aux liens profonds qui nous unissent des deux côtés de la Manche. Dans le domaine de l’arbitrage en particulier, la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne ne devrait pas avoir d’impact négatif. Non seulement Londres gardera sa place parmi les plateformes mondiales de l’arbitrage, mais je pense que la profession d’avocat toute entière bénéficiera de ce bouleversement juridique que représente le Brexit. Il y aura des renégociations de contrats en cours, la rédaction de nouveaux traités bilatéraux avec le Royaume-Uni a prévoir et une place renouvelée pour l’Angleterre en matière d’investissements.

Parlez-nous un peu de votre Association, la Franco-British Lawyers Society

Alors que je suis Italien, que je suis rattaché au Barreau de Paris et Solicitor depuis trois ans, j’ai été élu Président de la Section Anglaise de l'Association. Voici un bel exemple de l’ouverture d’esprit de nos amis Anglais ! Naturellement, avec les interrogations qu'engendre le Brexit, les membres de l'association sont plus que jamais mobilisés pour apporter des réponses aux questions de droit qui se font jour.

L’un de mes objectifs majeurs en tant que Président est de coller au plus près aux attentes de nos membres pour que l'Association propose des colloques pertinents avec des intervenants de premier plan. Nous voulons être à la pointe de l'actualité sur les sujets de droit qui préoccupent la communauté des juristes. Parmi les projets en cours, je suis particulièrement attaché à la création de la « FBLS Junior », qui a comme but de promouvoir les échanges entre les étudiants ou jeunes avocats et les membres plus senior de notre Association, l’idée étant de mettre en avant la transmission d’expérience, la « legacy » comme diraient les Anglais.  J’invite d’ailleurs tous vos lecteurs à nous retrouver sur le site de FBLS

Vous qui avez réussi à passer de Paris à Londres en tant qu’avocat, qu’est-ce que vous diriez à des étudiants qui veulent faire de même ?

Les étudiants en droit se posent souvent la question de savoir comment faire pour vivre l’expérience de la Common Law. Mon expérience est un exemple mais il correspond à une époque un peu différente. Aujourd’hui, au regard de la multiplication des diplômes et des qualifications des uns et des autres, je leur dirais de venir tôt, avant la fin de leurs études, de les terminer ici pour acquérir une expérience de travail anglo-saxonne. Cela leur laissera la liberté de retourner en France s’ils le souhaitent avec leur bagage acquis en Common Law ou bien de rester ici. J’encourage avant tout les étudiants en droit à se renseigner sur les nombreux programmes d’échange qui existent entre les facultés londoniennes et françaises, pour découvrir ce qui les intéresse vraiment : une expérience d’étudiants ou de professionnels au Royaume-Uni.

Pour finir, pouvez-vous nous dire quel est votre endroit préféré à Londres ?

Je vis avec ma femme, française, dans un quartier typiquement anglais du nord de Londres, à Hampstead. C’est un endroit très agréable à vivre parce que très vert, mais aussi rempli de cafés et de restaurants, à vingt minutes de la City.

 

 

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