Rencontre avec Didier Devilard, proviseur du Lycée Charles de Gaulle de Londres
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Rencontre avec Didier Devilard, proviseur du Lycée Charles de Gaulle de Londres

Nadège Alezine le 27.02.19

Lycée à dimension internationale, fort de 3600 élèves de 41 nationalités différentes, le Lycée Charles de Gaulle ressemble beaucoup à sa ville : cosmopolite et tourné vers le futur. Arrivé en 2018, son nouveau capitaine Didier Devilard tient la barre de cet établissement que les remous causés par le Brexit, disent certains, pourraient faire vaciller. Mais c’est sans compter sur la résilience et le pragmatisme d’un des fleurons internationaux de l’éducation à la française.

Le Lycée Charles de Gaulle accueille des élèves de 3 à 18 ans, de la maternelle au Bac et A-levels, sur cinq sites : deux sites à South Kensington dont le Lycée et l’école primaire, l’école primaire André Malraux, l’école primaire Marie d’Orliac et l’école primaire de Wix.

Au début des années 2000, Londres a connu un certain engouement de la part des familles françaises, qui sont venues en nombre grossir le nombre des expatriés. Les écoles françaises se sont alors retrouvées submergées de demandes, le Lycée Français Charles de Gaulle, en première ligne. Pour pourvoir aux désirs des familles, un plan école a été mis en place en 2008, créant ainsi de nouveaux établissements scolaires dans la capitale britannique : le CFBL, le Lycée Winston Churchill… Mais c’était sans imaginer les contraintes apportées par le référendum de 2016, qui allaient ensevelir le pays sous le Brexit et ses incertitudes quant au sort de ces 300 000 expatriés.

Le Brexit menace-t-il de fermeture le Lycée Charles de Gaulle ?

Nous n’en sommes pas là du tout. Pour être clair, je vois mal comment en 6 mois, il y aurait tout à coup, pour toutes les familles qui nourrissent cet établissement, un point de fuite tellement significatif que la structure ne deviendrait plus fonctionnelle. Cela me paraît hautement improbable. Ce ne serait pas une tempête mais un tsunami qui raserait tout ! Imaginer que les 7000 enfants scolarisés dans nos établissements londoniens à programme français quittent le territoire du jour au lendemain me semble très peu envisageable.

Avec plus d’un siècle d’existence, le groupe Lycée Français Charles de Gaulle repose sur une réputation solide et un savoir-faire indéniable. Donc, quoi qu’il advienne, nous continuerons de prendre soin de nos élèves avec le professionnalisme qui nous caractérise.

Y a-t-il toujours des listes d’attente pour s’inscrire au Lycée Français ?

Nous nous efforçons autant que possible de répondre aux désirs des familles. Malgré le Brexit, les acteurs locaux ont permis de trouver un niveau d’équilibre sur Charles de Gaulle, avec 3600 élèves. C’est plutôt positif. Bien que nous ne parvenions pas à satisfaire toutes les demandes, nous pouvons enfin recommencer à dire oui. Pas nécessairement pour toutes les classes, tous les sites, tous les niveaux, mais il y a une nette amélioration. À ce jour, 130 places sont disponibles de la petite section à la terminale, notamment en quatrième et en première. Nous observons une saturation en petite et moyenne section, mais pas sur tous les sites, ce qui nous permet de proposer des alternatives aux familles : si nous n’avons plus de places à South Kensington il en reste parfois à Fulham, Wix ou Ealing.

Comment expliquer aussi l’engouement de familles non francophones pour le Lycée Français?

Il existe un engagement fort de nos équipes pédagogiques très attachées à la structure, les familles ont conscience de l’investissement des professeurs. Et au-delà des bons résultats, tout ce qui est proposé en dehors du curriculum obligatoire est remarquable : voyages à l’étranger, sorties, visites d’intervenants extérieurs,…

Comment vous-êtes vous préparé à votre poste ?

J’étais en zone Afrique, puis à Toulouse pendant trois ans sur une cité internationale. La dimension internationale de Charles de Gaulle ne me surprend donc pas. Apprenant que je venais à Londres, j’ai découvert un contexte qui change sous l’effet d’influences extérieures. Il y a un an, le 29 mars 2019 était encore loin. Personne n’était inquiet. Et quand la zone d’inquiétude s’est dessinée, chacun en a pris la mesure au fil de l’eau. Je me suis dit qu’il fallait rester sur nos fondamentaux : continuer d’offrir aux familles un enseignement de grande qualité, d’excellence, centré sur les valeurs historiques de la maison, trouver le meilleur ratio entre l’effectif des élèves et celui des encadrants pour préserver cette qualité tout en gardant à l’esprit le montant des frais de scolarité.

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