Avoir 20 ans à Londres avec Paul Bernard-Bacot
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Avoir 20 ans à Londres avec Paul Bernard-Bacot

Estelle Nilsson-Julien le 20.02.19

Rencontre avec Paul Bernard-Bacot, étudiant à King’s College, suivant une double licence de droit anglais et droit français. Il s'est confié à nous pour parler politique, débat et Londres!

Pendant son adolescence, Paul a beaucoup voyagé: “mes parents ont habité en Asie, en Malaisie, en Thaïlande, dans le centre de la France, un petit peu partout quoi”, mais cela n’empêche qu’il se sent plutôt Parisien dans l’âme: “j’ai fini ma scolarité en pension au Lycée Stanislas, il y avait vraiment une superbe ambiance”.

Son Bac Littéraire en poche, Paul hésitait toujours à venir à Londres, tiraillé par la possibilité d’intégrer une prépa littéraire à Paris: “je suis très littéraire, j’aime beaucoup la philo, l’histoire, les langues, le grec”. Un goût pour la langue et littérature française qu’il cultive depuis tout petit, sa mère étant professeur de latin et de français.

Finalement il décide de sauter le pas. Aujourd’hui en deuxième année à King’s College, il repart à Assas Paris au mois de septembre pour terminer son cursus. Il a profité durant deux années de l’ouverture d’esprit et du dynamisme de la capitale Britannique: “je suis beaucoup plus libre ici, j’ai pu faire de nouvelles rencontres et certainement de grandir en maturité”.

D’un point de vue académique, Paul dit observer une réelle différence dans le style d’enseignement britannique : “j’ai pu me développer personnellement et ne pas simplement devenir un spécialiste en littérature médiévale par exemple (rire)!”. Cette année il se spécialise dans le droit de la concurrence: “on étudie des théoriciens économiques, les tendances de la Commission dans le secteur pharmaceutique, c’est très intéressant”.

Passionné par le droit mais aussi par la politique, Paul est un membre actif de King’s Insolent, un club de débat lancé il y a 3 ans. Un groupe de débat (composé principalement de français) mais aussi une bande d’amis. C’est aux côtés de Valentine Botteri et Alexandre Butet que Paul gère le groupe et qu’ils préparent chaque semaine un sujet de débat et un exercice de “théâtre” menant à l’improvisation pour le reste du groupe: “des exercices un peu difficiles, par exemple on peut organiser une “conférence de presse”.

Alors pourquoi s’est-il lancé dans le débat, est-ce pour avoir toujours raison? “Oui (rire) il y a une part de ça! Ce que j'aime surtout c'est l’adrénaline et la possibilité de rencontrer énormément de personnes”.

Les membres de King’s Insolent se préparent actuellement à la Coupe de France de Débat, organisée par la Fédération Francophone de Débat: “l’année dernière on est allés jusqu’en demi-finale et là on est en huitièmes”. Une série de débats qui ressasse les rivalités entre les universités Londoniennes, King’s Insolent étant en concurrence avec les autres clubs de débats de UCL, LSE, Dauphine Londres.

Ce gouvernement veut imposer la castration chimique pour tous les pédophiles”, voilà un exemple de thème proposé par la Coupe de France de Débat! Des thèmes improbables mais également des thèmes plus traditionnels sont débattus comme “ce gouvernement veut imposer un revenu mensuel”. Ayant récemment initié un débat intitulé: “ce gouvernement pense qu’il vaut mieux vivre pour manger plutôt que de manger pour vivre”, Paul aime débattre de sujets loufoques.

King’s Insolent prépare actuellement un concours d’éloquence pour la fin du mois mars. Le but principal est de promouvoir la francophonie et d’améliorer les qualités oratoires des débatteurs: “on recherche des partenaires, des cabinets d’avocats, on espère aussi pouvoir collaborer avec l’ambassade”. Ils rassemblent également le plus grand public possible : “n’importe qui peut venir voir les débats, c’est ouvert à tout le monde, on a déjà eu des élèves du LFCG et des adultes qui sont venus nous voir”.

Faire partie de King’s Insolent est une expérience très enrichissante pour Paul, lui permettant d’améliorer significativement son éloquence: “avant de commencer un débat ou une impro tu as toujours de l'adrénaline mais c’est là que tu réussis à trouver les arguments auxquels tu n’aurais jamais pensé”, ainsi que de faire des rencontres importantes: “j’ai pu rencontrer, Bertrand Périer, un avocat au Conseil. Il est venu nous donner un Masterclass pendant 2h30, et puis après on est allés boire un verre”.

Il avoue tout de même qu’il vit en quelques sortes dans une bulle française : “mes amis sont français, les débats sont français, donc mis à part les cours je ne parle pas beaucoup anglais”.

Avec pour projet de devenir avocat et après cela peut être faire de la politique, Paul est très ambitieux. D’ailleurs, ses passe-temps sont liés à ses études, membre de King’s Insolent mais faisant également partie de l’association des doubles diplômes: “l’objectif est de faire rencontrer des avocats aux élèves. Ils se livrent sur leurs parcours et font découvrir les possibilités de stages”. Pour se défouler Paul aime jouer au tennis et lit énormément.

Il vit actuellement à Baker Street: “j’adore, c’est très vivant et jeune, avec beaucoup de restaurants et bars”, fréquentant aussi Covent Garden (où il y a ses restaurants préférés, Dishoom et Jamie Oliver’s) et South Kensington. Le soir, Paul retrouve de temps en temps ses camarades de classe à Bar Cubana, un bar à l’ambiance latino situé à Waterloo.

Insta @paulbernardbacot_ 

@kingsinsolent

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