Odezenne, les poètes bordelais de l'autre côté de la Manche
TENDANCE

Odezenne, les poètes bordelais de l'autre côté de la Manche

Mathilde Riboulleau le 25.01.19

Vous aviez déjà joué à Londres ? 

Alix : C’est la troisième fois. La première fois, c'était dans un petit club qui s’appelait Oslo avec 150 places. Ensuite, on a joué dans une grosse salle de 250 personnes. Cet été, on est passés devant le Jazz Café car on a enregistré notre album à Londres à Konk, le studio des Kinks, pendant un mois. Quand on a su qu’on était programmés au Jazz Café, on est venus et on a halluciné car on s’est dit on commence faire des vraies salles à Londres! Au final le concert est complet: on est trop contents!

En première partie de votre concert il y a un artiste français, Moussa, comment vous vous êtes rencontrés ? 

Jacques : Cela fait plusieurs années qu'on le connait.A la base, on a une connaissance en commun et il avait fait un remix de notre morceau qui s’appelle Bûche. Depuis, il est venu souvent au studio, il nous a beaucoup aidé sur les traitements de voix assez moderne et de fil en aiguille il fait nos premières parties. 

Mattia: C’est comme un petit frère! 

Jacques: Il est très gentil, très doué, cela fait un bout de temps maintenant qu’on se pratique! (rire)

Sur votre nouvel album, il y a une autre artiste non ? 

Jacques : Oui c’est Nabounou, c’est la voix d’une fille qui vient de Côte d’Ivoire, qui a 16 ans qui est placée en foyer pour les jeunes vers chez nous. Ma compagne donne des ateliers d’écriture et c’est un peu un hasard qui s’est fait qu’elle l’a eue dans ses ateliers, elle a fait cet enregistrement et cela nous a tapé dans l’oeil. 

Qu’est ce que Londres représente pour vous ?

Alix : Comme beaucoup de gens qui font de la musique c’est une capitale musicale, il y a tellement de légendes qui ont réussi dans cette ville. Déjà, on a finalisé cet album dans le studio Konk, le studio des Kinks, en banlieue de Londres. On a passé un mois ici, c’était fou, on s’est imprégné du style de vie, on vivait la nuit en studio le matin on se levait on prenait nos petits breakfast à droite à gauche et ensuite on retournait en studio c'était trop bien! On croisait de temps en temps le chanteur des Kinks, Ray Davis!

Vous jouez souvent à l'étranger ?

Alix : On a été aux USA à Austin dans un gros festival. On joue à Montréal, on va jouer en Allemagne, en Espagne, on a joué en Hollande. Mais c’est assez neuf de jouer à l’étranger, après quand le français est écrit musicalement, les Anglais peuvent aussi aimer comme nous on aime des musiques qu’on ne comprend pas (rire). Mais quand tu passes sous la mer et que tu viens ici et que t’es un groupe de frenchies c’est fou! 

Comment vous vous êtes rencontrés tous les trois ? 

Alix: La seule chose qu’il faut retenir c’est qu’on est un groupe de potes avant d’être un groupe de musique. On se connait depuis des années, on habite ensemble, on s’aime. C’est un moteur pour nous tenir ensemble, c’est une aventure. On est vraiment un groupe de bouche à oreilles, on n'est pas joués à la radio, du coup quand les salles vendent 2000 tickets ou 500 à Londres j’ignore totalement comment les gens sont venus jusqu’à nous. Faudrait leur demander! 

Mattia : On s’invente des missions, c’est des accidents de la vie! 

D’où vous vient cet amour pour les jeux de mots, les mots ? 

Alix : Je ne sais pas trop j’ai toujours aimé écouter la chanson française, lire des livres, je sais pas trop d’où cela vient mais je trouve que c’est une forme de plaisir, je suis gourmand (rire).

Jacques : C’est surtout des mauvais jeux de mots mais cela se fait assez naturellement quand on écrit, il n'y a pas vraiment de recherches de faire des miliers de jeux de mots, en tous cas de moins en moins.

Dans cet album, il y a beaucoup d’airs de Gainsbourg, des influences arabes, il est d’autant plus hétérogène que les autres albums et moins rap, pourquoi ? 

Alix : Il n’y a pas de raisons, on a aussi fait des choses un peu Gainsbourg avant comme le titre Mérédith, c’était déjà proche, et d’ailleurs c’était un sample de Gainsbourg. Sur le titre Rien, pareil et je crois même que dans le titre Sans chantilly on doit trouver quelque chose. Après oui, c’est plus varié car on a 10 ans de groupe. 

Mattia : On a une vraie liberté, c’est vrai que souvent quand tu fais un groupe avec un chanteur, tu vas pas lui dire on va faire un morceau métal, on va faire un truc reggae, jamais tu vas envisager cela dans un disque. Sans aller jusqu’à la avec Jacques et Alix on peut essayer de proposer de la artek, de la pop, et des fois il y a des trucs qui marchent et d’autres non. Il y a des choses qui sont proches de beaucoup de choses sans forcément l’être non plus car au final cela devient un truc à nous.

Alix : On ne s’est jamais considérés comme un groupe de rap d’ailleurs, c'est normal que les gens disent ça quand on avait un ou deux disques, maintenant qu’il y en a 5 je pense qu’ils commencent à comprendre qu’on fait du Odezenne et puis c’est tout (rire). On fait cela depuis le début! 

Pourquoi votre album s’appelle « Au baccara » ? 

Alix : Au baccara, cela veut dire faillite, c’est la chance, c’est aussi un jeu de casino où tu mises souvent des grosses sommes, c’est des salons privés dans les casinos, c’est un peu le roi et y’a des destins qui se jouent, soit tu deviens riche soit non,

Jacques : Et tu peux jouer avec ou contre la banque (rire)! 

 

Partager

à voir également