Emma Mackey une franco-britannique nouvelle star de Netflix
EXPAT LIFE

Emma Mackey une franco-britannique nouvelle star de Netflix

Nadège Alezine le 07.01.19

À l’occasion de la sortie de la nouvelle série, Sex Education, sur Netflix le 11 janvier, on a rencontré Emma Mackey, une jeune comédienne franco-anglaise, qui y tient un des rôles principaux. Bercée par les deux cultures, elle s’est confiée sur ce rôle de jeune fille libérée et sur ses souvenirs de tournage.

Comment avez-vous obtenu le rôle de Maeve, dans la série Sex Education ?

D’une manière assez ordinaire… Mon agente m’a fait parvenir le scénario des deux premiers épisodes, j’ai passé quatre auditions et j’ai été prise comme ça ! Cela a complètement changé ma vie en fait : c’était bouleversant ! Quand j’ai appris que j’avais eu le rôle, je me suis dit : mais comment est-ce possible d’avoir réussi à obtenir un rôle aussi complexe…

Qu’est ce qui vous a attiré dans ce personnage ?

Je pense qu’il y avait une grande partie de moi dans le personnage. C’est inévitable… tu es obligée, en tant qu’actrice, de trouver des points communs entre toi et ton personnage. Maeve a 17 ans et à cet âge-là, moi j’étais déjà en Angleterre, toute seule à l’université donc il y avait cette indépendance en commun.

Et puis aussi, elle construit beaucoup de murs autour d’elle, elle ne laisse pas beaucoup de gens entrer dans sa vie, elle ne se permet pas d’être vulnérable, d’être sensible et j’avais beaucoup de ça à cet âge, moi aussi. Cependant, elle n’est pas du tout naïve, elle est très cool. Elle est “badass” !

C’est une “bad girl” ?

Oui et c’est pour ça que je l’adore car elle ne s’excuse de rien, elle est indépendante, elle est vraiment elle-même et je trouve ça incroyable à cet âge-là ! Moi j’étais beaucoup plus naïve et beaucoup plus innocente à 17 ans !

Sex Education montre les femmes sous un jour différent. Les personnages féminins ont des personnalités fortes, qui n’hésitent pas à prendre leur plaisir là où il est. C’est une série qui met les femmes et leur sexualité en avant, avec un discours assez féministe. Est-ce quelque chose qui vous a attiré dans ce show ?

Absolument et ça depuis le premier jour. C’est “empowering” ! (rires) C’est formidable de voir les femmes au centre de l’histoire et qui sont leur propre héroïne et non pas des satellites qui flottent dans l’histoire, c’est vraiment elles qui sont à la tête de leur histoire et ça, je trouve que c’est très important.

Avec Sex Education, j’ai l’impression de faire partie d’un mouvement vers l’émancipation des femmes, vers l’émancipation des jeunes aussi. Avec cette série, on ouvre le débat sur la sexualité, sur le plaisir féminin, aussi. Ça, c’est un sujet qu’on aborde beaucoup dans Sex Education.

Notamment avec le personnage de Jean, joué par Gillian Anderson…

Ah, oui, elle est géniale ! Je suivais un cours d’éducation sexuelle au collège, et c’était banal, il n’y avait rien. On nous apprend le sexe en 2D : c’est la pénétration d’un côté et le sexe de la femme, c’est la reproduction, tu tombes enceinte et c’est tout.

Et le plaisir, on n’en parle même pas ! Je trouve ça étonnant qu’en 2018, on ne parle pas de ça ! C’est notre rôle avec ce show de démystifier le sexe et d’ouvrir les débats sur le sujet. Et surtout, d’en parler tel qu’il est, quoi !

Est-ce que cela a été difficile de tourner les scènes de sexe, justement ?

Non, pas du tout ! (rires) C’est mon premier rôle dans une série télévisée, et évidemment j’avais peur au début avant de commencer le tournage et on a eu un workshop sur l’intimité. Avec Heather O’Brien.

Avec les producteurs et le réalisateur, on a eu une discussion sur l’intimité pendant les scènes, la communication était très ouverte, on a tous été très francs les uns avec les autres.

Donc pour moi et Clay, avec qui j’ai des scènes d’intimité, c’était un peu comme une danse, c’était très chorégraphié. Il y avait beaucoup de respect. On a appris à se distancier et à ne pas utiliser des bruits ou des endroits sur notre corps que l’on utilise pendant nos rapports intimes. Cela nous a permis aussi de trouver ce qui faisait plaisir à nos personnages, et pas à nous.

Quelle ambiance y avait-il sur le tournage ?

Le tournage s’est passé au Pays de Galles pendant quatre mois. On a tourné sur un ancien campus qui a été transformé en un vrai lycée : c’était fou ! On était tous des acteurs d’une vingtaine d’années qui se retrouvaient isolés au Pays de Galles, sans réception téléphonique, donc c’était un peu comme être en colonie de vacances ! C’était formidable ! (rires) On avait hâte d’aller tourner tous les jours !

Un souvenir de tournage ?

Les deux premières semaines étaient juste magiques ! On tournait dans une maison isolée au Pays de Galles sans portable. On a passé deux semaines à se parler, à se raconter des histoires, à se faire à manger, à aller voir des films ensemble…

Alors, vous êtes à moitié anglaise et à moitié française ? Vous avez grandi en France ?

Oui, j’ai grandi en France. Mon père est français et ma mère est anglaise. J’ai vécu en France jusqu’à mes 17 ans, puis je suis allée à l’université en Angleterre à Leeds, ensuite je suis venue m’installer à Londres, il y a deux ans.

Vous avez toujours voulu être comédienne ?

Oui ! (rires) mais j’ai aussi voulu être costumière, travailler pour l’ONU… J’ai grandi dans une ville où il n’y avait pas forcément d’activité extra scolaires pour apprendre le théâtre, alors qu’en Angleterre ça existe un peu partout. J’ai quand même réussi à trouver des cours d’improvisation, dans un village à côté d’où j’ai grandi, c’était toute mon expérience en France !

Alors quand j’ai déménagé en Angleterre, c’était le rêve ! Car il y a beaucoup d’opportunités et de ressources mises en place pour apprendre le métier de comédienne.

Vous avez des envies de cinéma, pour la suite ?

Oui, bien sûr !

En France ? en Grande Bretagne ?

Les deux ! Moi, j’ai envie de faire beaucoup de travail de scène. De faire du théâtre. Pour moi le théâtre anglais : c’est le Graal ! Et, puis j’ai aussi envie de faire du cinéma français…

Des réalisateurs français avec qui vous aimeriez tourner ?

J’adore Xavier Dolan et j’adorerais tourner avec Pierre Niney.

Le Brexit, ça vous évoque quoi ?

Je possède les deux nationalités donc je ne sais pas si cela va vraiment m’impacter directement ; cependant je trouve ça d’une tristesse phénoménale !

Je me souviens du jour des résultats du référendum, j’étais chez moi et je suis restée éveillée toute la nuit, j’ai pleuré, j’étais inconsolable… mais bon : “people have spoken !” C’est aux politiques de trouver une solution à cette mascarade maintenant ! (rires)

Vous avez grandi en France. Qu’y a-t-il de totalement français chez vous ?

Mon caractère, sans hésiter ! Il s’affirme de plus en plus. Ce côté méditerranéen, français, ressort de plus en plus depuis que je suis ici. D’ailleurs, quand je suis énervée, je parle français ! Quand je dis un gros mot, je le dis en français ! (rires) Et puis, il y a la culture autour de la nourriture aussi. Prendre son temps et faire à manger pour mes amis, ma famille, savoir savourer.

Ce côté français, vous vous en êtes servi pour construire votre personnage de Maeve ?

Ouais ! carrément. D’ailleurs, je me suis rendu compte de cela après le tournage : Maeve a un sacré caractère !

Elle n’est pas très “british” ?

Elle est tellement forte et fermée et avec du caractère, elle sait se défendre. C’est très français, je trouve. Elle aime bien avoir des débats. J’ai certainement utilisé mon côté français pour la jouer : il n’y a pas de doute !

Quels sont vos autres projets pour 2019 ?

Je fais pas mal d’auditions en ce moment. Je vais tourner un film où je joue une monitrice de ski française. Le personnage principal en tombe amoureux. Un tournage prévu à Chamonix en avril.

Sex Education à voir à partir du 11 janvier sur Netflix. 

 

Partager

à voir également