Freddie Harrel fait les beaux jours de la mode à Londres
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Freddie Harrel fait les beaux jours de la mode à Londres

Estelle Nilsson-Julien le 29.01.19

Depuis le lancement de son blog en 2013, Freddie Harrel s’est vue propulsée au sein du milieu de la mode Londonien. Cette Parisienne, arrivée à Londres il y a sept ans est une influenceuse, apportant des conseils mode et lifestyle aux lectrices de son blog, ainsi qu'à ses 180k followers sur Instagram. En 2016 elle créer sa marque Big Hair No Care et commence ses ateliers de confiance en soi. Freddie Harrel s’est livrée à nous sur son parcours, le monde de la mode et le manque de diversité qui imprègne toujours cet univers-là.

Comment votre carrière dans le monde de la mode a-t-elle débutée ?

Je suis arrivée à Londres en 2011 avec un MBA en e-Business. Ayant déjà travaillé en finance, puis en agence, j'ai décidé de passer côté client chez Asos en 2012. J'occupais le poste de Sales and Marketing Manager pour le marché français et après j’ai bossé d’en d’autres boîtes de mode, comme Vestiaire Collective, Topshop etc.

Comment est-ce que vous êtes parvenue à devenir blogueuse ?

Je voulais changer de carrière et me rediriger vers le stylisme ou le design. J’ai toujours rêvé d’avoir un blog, donc au début je le tenais simplement pour me divertir, histoire de me faire plaisir à côté d’un travail qui m’ennuyait. J’avais l’impression de créer une sorte de “portfolio”, mais je ne savais pas dans quel but. Il y a quelques années j’ai eu la superbe occasion d’être styliste personnelle chez Asos, je bloguais donc de manière “professionnelle”. Cela m’a permis de perfectionner mon Blog et m’a motivé pour m’assurer qu’il fonctionnait pleinement.

Vous êtes blogueuse de mode mais vous prônez aussi la confiance en soi ?

Bloguer était une sorte de thérapie qui m’a permis de développer ma relation avec moi-même, ainsi que de m'accepter davantage. Il y avait plein de femmes qui me disait: “mais t’as trop confiance en toi, comment tu fais?!", ce qui n’était pas du tout le cas, vu que je bloguais justement pour combattre mes complexes. J’ai ensuite suivi une formation de coaching ce qui m’a donné la structure nécessaire pour lancer mes ateliers confiance en soi.

Vous avez donc lancé des ateliers de confiance en soi ? Et en plus de cela votre marque Big Hair No Care ?

C’est en lançant mes ateliers en 2016, que mon mari a simultanément eu une offre de travail à Genève, donc on est partis de façon imprévue pendant un an. J’avais peur de ne pas pouvoir continuer à animer mes ateliers, donc j’ai aussi créé ma marque d’extension capillaire pour cheveux afro, nommée Big Hair No Care. Elle a cartonné et on a eu la chance de faire des pop-ups à Londres, Paris, New York. J’ai fait une petite pause sur mes ateliers confiance en soi dernièrement, participant plutôt à des panels et des événements : mais pour 2019 je reviens avec de nouveaux ateliers !

En tant que parisienne à Londres, est-ce qu’on vous parle beaucoup du mythe de la française élégante, bien habillée ?

Oui mais après je pense que mon style est assez coloré, il n’est pas typiquement français. Les gens aiment bien rigoler en disant : “c’est normal que tu t’habilles bien, tu es française voyons” (rire).  J'étais à l’Elle Week End récemment et j’ai fait deux panels : un sur le French Style et le deuxième jour sur la politique qui concerne les cheveux afro.

Quel est le message principal que vous tenez à transmettre aux lectrices de votre blog ?

Je cherche à transmettre un message de confiance et d’acceptation en soit. Il faut avoir la confiance de s’écouter ainsi que se permettre de découvrir les aspects de sa personnalité qu’on ne peut ignorer. J’incite les femmes à écouter leurs ambitions, leurs rêves et je leur rappelle que c’est elles qui contrôlent leur destin. Souvent, les femmes oublient que c’est nous qui sommes en contrôle de nos propres situations. Pour réussir il faut développer sa relation avec soit même, s’écouter, et avoir le courage de suivre son instinct.

Est-ce qu’en tant que femme noire vous observez une amélioration en termes de diversité dans le monde de la mode ?

Je pense qu’on est dans une période d’évolution : on peut encore faire mieux mais la situation s’améliore indéniablement. C’est tout récent, mais il y a par exemple des marques de cosmétiques qui lancent des gammes de maquillage avec 40 teintes différentes, ce qui n’aurait jamais été envisageable auparavant. Cela étant, j’évolue dans le milieu de la mode et de la beauté londonien. Une des raisons pour laquelle j’ai quitté Paris était qu'on me collait souvent une étiquette en tant que “noire”, ce qui me restreignait vachement en tant que française. C’est difficile d’être vue comme plus que sa couleur de peau dans ce monde-là.

Et quelles autres différences particulières observez-vous entre le monde de la mode à Londres et à Paris ?

À mon sens le monde de la mode Londonien est beaucoup plus démocratique que celui de Paris. On voit notamment beaucoup de soutien mis en place pour les jeunes designers, avec des systèmes où des locaux sont mis à leurs dispositions. Je trouve qu’en France il y a une culture beaucoup plus népotique et de plus c’est un pays qui bénéficie du statut de capitale de la mode par le fait qu'il y ait tant de maisons de haute couture renommées. La réputation de ces institutions anciennes rend la France beaucoup plus rigide, étant donné que sa réputation en dépend. En Angleterre et surtout à Londres, la mode est beaucoup plus fluide et d’ailleurs les marques qu’on trouve sur la High Street (Topshop, River Island, etc) sont anglaises!

Insta : @freddieharrel

Blog : ici.

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