Avoir 20 ans à Londres avec Helena
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Avoir 20 ans à Londres avec Helena

Estelle Nilsson-Julien le 11.12.18

Nous retrouvons Helena Pentland dans la cour de la somptueuse Maughan Library, située sur le campus de King's College London. 20 ans, Irlando-iranienne et ayant fait sa scolarité dans le système français, elle est la londonienne multiculturelle par excellence. Elle nous accorde un moment pendant sa précieuse study break pour nous parler de tout: cinéma, littérature, études, Côte d’Azur, plan carrière et London. Rencontre.

Nice c’est bien pour les vacances, pas pour la vie

De 14 ans à 18 ans, Helena a vécu à Nice, terminant son parcours scolaire avec un bac Littéraire. Mais l’Angleterre et plus particulièrement sa ville natale de Londres lui manquait trop : “alors je me suis dis que c’était à Londres qu’il fallait que je fasse mes études”. 3 ans plus tard, elle est en dernière année d’une double licence de cinéma-littérature anglaise à King's College.

Londres est une ville qu’Helena a pu “redécouvrir” à l’âge de 18 ans, étant partie pour Nice à 14 ans. Elle se considère par-dessus tout comme une londonienne : “je ne me verrai pas retourner en France vivre dans le Sud, ni dans des grandes villes cosmopolites françaises”. Elle enchaîne en expliquant qu’elle trouve qu’à Londres il y a une mentalité totalement différente, nettement plus ouverte d’esprit, ce qui s’inscrit bien dans sa philosophie : “tout le monde peut se faire accepter et trouver sa place à Londres. Et les gens sont moins superficiels, je trouve qu’on juge beaucoup moins sur le physique”.

Comment énerver Helena ? Lui répéter : “mais tu fais tellement française !

Au niveau du système scolaire, son ressenti est le même : “en France si tu ne suis pas un bac Scientifique, t’as la sentiment d’être inférieur à tous ceux qui en font un”. Alors mythe cassé pour ce qui est du Sud, du Soleil, de la belle vie... ? “Oui (rires) ! Nice c’est bien pour les vacances, pas pour la vie”. Malgré cette vision des choses, elle avoue avoir profité de moments privilégiés réservés aux adolescents du Sud : “ça reste un endroit super, je me souviens de jours où je me levais à 5 heures du mat pour aller skier à Isola 2000 dans la matinée, suivi de baignades dans la mer en rentrant le soir”.

Comment énerver Helena ? Lui répéter : “mais tu fais tellement française !” comme le font sans cesse ses amis. La jeune femme ne s’identifie pas du tout comme française : avant tout autre étiquette, elle se définie comme Londonienne. La capitale britannique correspond bien à son identité culturelle diverse, sa mère étant Iranienne et son père Irlandais. Elle n’est jamais allé en Iran, et vu la situation politique et la position des femmes ne prévoit pas d’y aller aussitôt. Cela ne l’empêche de rêver de visiter le pays : “Il y a des endroits magnifiques, mais je ne pense pas que ce soit pour tout de suite. Si j’y allais je prendrais 25 kilos direct (rire). J’ai de la famille là-bas et je pense que je passerai mon temps à aller de cousins en cousins pour manger”.

"Je m'intéresse à tellement de différentes choses (mais)... c'est important de se souvenir pourquoi on a choisi ses études"

Helena préfère largement les cours de littérature au cours de cinéma dans son double cursus : “en cinéma on fait beaucoup de théorie, je pense que j’aurai préféré faire plus de matière pratique”, mais elle a apprécié le module Film Festivals ce semestre. C’est d’ailleurs pour ça qu’elle se dit complètement épuisée : “on nous répartit dans des groupes de cinq ou six personnes. Chaque soir il y a un groupe qui doit diffuser un film ainsi qu’organiser une Q&A”. Le thème attribué à son groupe était celui du film d’animation : “je pense que le cinéma d’animation est trop souvent stigmatisé, on pense que c’est une catégorie réservée aux enfants, alors qu’en réalité pas du tout”.

Grâce à l’université, elle s’épanouit dans tous les sens du terme, d’autant plus qu’elle est entourée d’amis passionnés par leurs études : “je m'intéresse à tellement de différentes choses, mon meilleur ami fait Psychologie par exemple, et quelquefois ça me donne tellement envie de tout arrêter pour le suivre”. Mais elle reste quand même fidèle à ses envies de départ : “c’est important de se souvenir pourquoi on a choisi ses études”. En dehors du cinéma, travailler dans le commerce, la mode et le journalisme la tenteraient aussi. 

 

"Si je travaille dans le cinéma un jour, je pourrai aller aux avant-premières (rire) ! ... en baskets"

Elle vit actuellement chez ses parents, près de Dalston, nous expliquant que c’est vraiment la meilleure solution : “tout est tellement cher ici, si t’as de la famille qui habite à Londres autant économiser ton argent pour d’autres projets comme un Master ou bien préparer un beau voyage”. Ses quartiers préférés sont Dalston et aussi Battersea : “le parc est magnifique, il y a la Tamise, de chouettes bars... En plus il y a une ligne de train directe de Battersea à Clapham et Peckham”. Son bar préféré est le Magic Garden, un bar qui ne paraît pas très intéressant de prime abord, mais qui cache une terrasse incroyable, aménagée de plein de canapés : “c’est comme la caverne d’Ali Baba.”

Elle reste indécise au niveau de ses plans pour l’année prochaine, une fois son diplôme en poche. Hésitant entre la poursuite de ses études avec un MBA, et l’idée de commencer à travailler immédiatement : “j’ai fait un stage dans une maison de production et c’était vraiment génial !” Elle a : “lu des scénarios, fait des analyses de scénarios, participé à des réunions, des fois je contribuais, mais je pense qu’il ne vaut mieux pas parler en réunion! (rire). Mon truc préféré c'était de regarder les films qui n'étaient pas encore sortis”. Rigolant, elle ajoute : “Ah oui, et si je travaille dans le cinéma un jour, je pourrai aller aux avant-premières (rire) !”. En robe de soirée? : “Non ! En baskets! (rire)”.

 

Les films préférés d'Helena : 

Shutter Island de Martin Scorcese

Spirited Away de Hayao Miyazaki

 

Instagram : @hplikethelaptop

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