Avoir 20 ans à Londres avec Mélia
EXPAT LIFE

Avoir 20 ans à Londres avec Mélia

Mathilde Riboulleau le 03.12.18

C’est au cœur de Shoreditch au café du Ace Hotel que nous avons rencontré Mélia. Originaire de Paris, « très original » dit-elle en rigolant, Mélia a 22 ans. La jeune femme est venue rapidement au Royaume-Uni, sans savoir qu’elle allait y vivre des années… 

À Londres par hasard 

C’est à 17 ans, après son bac que Mélia entreprend de faire un Bachelor en histoire de l’art et en philosophie. Elle se renseigne sur UCL et vient aux portes ouvertes. Quelques mois après, elle est étudiante à Londres. Par la suite, elle fait un master en art et architecture qu’elle vient de terminer il y a une semaine. Lorsqu’on lui demande si Londres aurait pu être une autre ville, elle rétorque : « c’est vrai que pour faire de l’histoire de l’art j’aurais pu rester en France mais je trouve qu’en France c’est moins pris au sérieux, c’est étrange, je n’ai pas vraiment fais le choix d’être ici parce que c'est Londres, c’est un peu "It happened" ». Lorsqu’elle est arrivée, elle confie ne pas  avoir eu l’impression de vraiment vivre ici. Elle revenait souvent à Paris, jusqu’au jour où elle s’est rendue compte : « en fait, c’est ici ma maison! ». 

Anglaise en France et Française à Londres 

Durant sa première année à Londres, Mélia avait beaucoup d'amis français, aujourd'hui, elle cotoie davantage d'anglais. Néanmoins : « J’ai vraiment cette identité française à Londres mais partout ailleurs, j’ai plus cette identité d’expat, du coup quand je suis à Londres, j’aime bien trainer avec les locaux ».

Ce qu’elle pense des British ? : « Je trouve les anglais assez focus, timides et trop polis, ils n’ont pas de goûts culinaires, mais en même temps j’adore et j’ai appris à faire du gravy comme eux, c’est cool », dit Mélia en rigolant. Ce qui est contradictoire raconte la jeune femme : « les français m’agacent aussi mais j’adore également me targuer d’être française, avoir cette image de luxe, alors que quand je vois des français, je roule des yeux » (rire). Lorsqu’on parle Brexit avec elle : « J’ai peur du Brexit oui, mais si je me renseignais mieux j’aurais peut être moins peur ». Mélia est d’autant plus effrayée qu’elle sera en voyage au Japon en mars et ne sait pas comment elle sera accueillie sur le territoire à son retour...

London Life 

Mélia vient de terminer son master il y a quelques jours. Elle est dans une période de flou, mais elle réfléchit à divers projets. En parralèle de ses études, Mélia a fait des petits jobs de temps en temps en freelance. Mais quelque chose que Mélia adore entreprendre plus serieusement à côté : être freelance stylist et set designer. 

Depuis 2013, elle a changé quasiment une fois par an de logement. À son arrivée, Mélia vivait dans une résidence étudiante à King’s Cross : «j’avais l’impression d’être toujours à la maison car l’Eurostar était à 10 min ». Elle a ensuite déménagé à Elephant and Castle, à Hackney Central pour être aujourd’hui installée confortablement à Seven Sisters : « je suis dans une warehouse ». Et Mélia vit avec dix autres personnes : « et deux chats! » souligne t-elle : « c’est important de le dire, d’autant plus que l’un d’entre eux est à moi » (rire).

La jeune femme raconte qu’elle vit dans un petit loft : « le deal pour habiter ici, c’est que tu utilises ta chambre comme studio d’artiste, il faut avoir besoin de l’espace pour construire ». Dans le cas de Mélia, elle utilise l’endroit pour faire des set design, accueillir des photoshoot. Mélia se plait d’autant plus que les parties communes sont spacieuses, et elle a même la chance d'avoir un jacuzzi avec ses colocs... 

La mode, la mode, la mode 

Le Monde de la mode ? : « cela me fait un peu peur et en même temps j’ai 22 ans et je vais pas me laisser effrayer » affirme Mélia. Depuis qu’elle est jeune, elle a toujours voulu être fashion designer : « ce n’est pas très original, mais il y avait aussi ce côté de moi plus sérieux qui me disait : non Mélia, il faut que tu fasses un truc plus intellectuel, quoique, la mode peut l’être aussi mais voilà, je suis un peu artiste frustrée qui a fait histoire de l’art » (rire).

Depuis qu’elle fait ses études Mélia entretient toujours son côté artistique avec le modelling, le set design, les shooting et le stylisme, mais aimerait bien que cela devienne plus professionnel. Pour le stylisme qu’elle fait de temps en temps, elle va chercher des vêtements chez des maisons de couture pour des photoshoot. Lorsqu’elle fait du set design, elle construit des décors, elle travaille avec des magazines. Pour le stylisme elle assiste des stylistes qui travaillent eux pour des magazines ou des vidéos. Mais elle le fait aussi seule : « je le fais aussi en collaboration avec des amis qui sont créatifs, donc on "pick together" et on essaie de le "pitch" à des magazines».

Ses inspirations ? : « je suis assez inspirée par les gens qui sont très directement autour de moi, par exemple la styliste Danielle Goldman, en tant que femme et aussi humainement, car elle est super "go for it" ». Mélia trouve que le monde de la mode est intriguant car il donne tellement de pouvoir : « tu peux dicter les codes, définir des valeurs, une esthétique et je pense que si tu as ce pouvoir, tu peux tout faire! ». 

Réaliser ses rêves  

En mars, Mélia réalise un de ses rêves : partir au Japon. Elle qui voulait partir depuis longtemps mais n’avait jamais eu le temps, s’envole pour un mois et demi en mars. Pour les prochains mois, Mélia prévoit plusieurs choses : « "take advantage" de mon loft le plus possible pour faire des shooting et autres, mais aussi quand je reviens du Japon, j'aimerais me renseigner pour devenir producteur de défilé, conceptualiser les défilés de mode et intégrer une agence à Londres...!»

Les endroits préférés de Mélia à Londres ? 

  • Ridley Road Market à Dalston 
  • The Windmill Brixton 
  • VFD à Stoke Newington 
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