Avoir 20 ans à Londres avec Florian
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Avoir 20 ans à Londres avec Florian

Estelle Nilsson-Julien le 12.11.18 - modifié le 13.11.18

C'est à Camden Town qu'on rencontre Florian, âgé de 21 ans, originaire de Cambrai dans le nord de la France. Il se décrit comme « quelqu’un qui vient de la campagne (rires) » mais il a cependant réussi à trouver son bonheur à Londres. Il s'est installé ici il y a tout juste 3 mois et travaille en tant qu'au pair à Acton mais sa grande passion c'est plutôt le dessin que les enfants.

Pourquoi dessiner au BIC ? : « J'aime bien l'idée de détourner cet objet du quotidien »

Florian n’a jamais pris de cours de dessin mais dessine depuis tout petit, et puis : «mon frère, ma mère et mon grand-père dessinent, mais pas aussi bien que moi (rires).»  « C’est précisément le 19 août 2013, sur un coup de tête que j’ai dessiné mon rappeur préféré Jazzy Bazz et que j’ai posté ça sur Instagram.»  Après de bons retours il enchaîne avec le rappeur Orelsan, et depuis n’a cessé de dessiner ses personnalités préférées.

Florian est toujours à la recherche de son style artistique : « je veux rester en noir et blanc mais incorporer des touches de couleur », travaillant actuellement sur un portrait du rappeur Américain Mac Miller. C’est ce portrait qu’il va envoyer au fameux concours de portraits du National Gallery, : « ce n’est pas trop le même délire que moi comme il y a surtout des peintures et moi je travaille au BIC mais je vais quand même tenter ma chance ». Pourquoi le BIC ? « Au début je dessinais au crayon et puis sur Instagram j’ai découvert des gars qui dessinent au BIC. J'aime bien l'idée de détourner cet objet du quotidien et le fait qu’on ne puisse pas se tromper. Au début je recommençais plein de fois et maintenant je suis habitué ».

« Nekfeu et Bigflo et Oli m’ont publié sur Instagram »

Le portrait auquel il tient le plus c’est celui qu’il a réalisé de l’artiste Naâman : « je l’ai réalisé en une heure tellement j’étais inspiré. Il l’a publié sur Instagram, puis j’en ai fait un autre auquel j’ai consacré beaucoup plus de temps (ci-dessous) ». Grâce à ses dessins il a donc pu rencontrer Naâman afin de lui remettre le portrait: « il m'a mis sur sa liste pour des places de concert à vie (rires)Sinon il y a aussi Nekfeu et Bigflo et Oli qui m’ont publié ».

Il y a quelques années maintenant, il décide d’intégrer en Seconde Pro, travaillant en tant qu’assistant d’architecte avant d’enchaîner avec un BTS en architecture de l’intérieur : « c’est ce qui me plaît le plus dans le domaine de l’architecture ». Malgré son talents il constate que : « ce n’est pas pour ça qu’on va m’embaucher, il faut quand même que j’ai les diplômes qui vont avec ».

Le dessin reste donc une passion pour le moment car pour faire carrière d'artiste il est confronté au même problème : « je vois la réalité en face de moi, faut avoir de la chance pour percer là-dedans ».

Au niveau de son vécu Londonien Florian nous explique qu’il a du mal à maîtriser l’anglais : « je connaissais les bases avant de venir mais je voulais vraiment parler couramment anglais ». Ce qui lui donne envie d'apprendre l'anglais c'est son voyage au plus grand festival de musique en Europe: Sziget à Budapest. Il est frustré quand il réalise qu'il est limité dans ses échanges avec les autres étrangers dû au fait qu'il ne parle pas anglais. Après une expérience décevante avec des cours d’anglais coûteux et peu instructifs, il va bientôt commencer des cours gratuits, deux fois par semaine.

Depuis que Florian vit ici ses journées se résument à la garde d’enfant, au dessin et au skate. «Des fois je prends le métro, je choisi un arrêt au hasard et puis je fais une balade en skate. Ça me permet de découvrir Londres ». Il nous fait aussi part d'une application nommée Meetup qui permet aux personnes qui partagent des centres d’intérêts de se retrouver dans Londres afin de passer un bon moment ensemble. Pour lui, c’est Piccadilly Circus qui représente vraiment Londres « j’y vais la nuit, il y a une bonne ambiance. Avant de venir ici j’avais énormément entendu parler de cet endroit. »  L’ayant vu en photo tellement de fois il trouve que : « ça fait bizarre que ce soit devenu presque banal pour moi depuis je vis ici, c'est pareil pour Oxford Circus». 

Sur Londres pour longtemps encore? Pour l'instant : « je fonce les yeux fermés».

Hormis le dessin, Florian est fan de la photographie et profite des musées gratuits de Londres. Il admire particulièrement les photographes de mode et nous cite Russel James et Mario Testino parmi ses préférés. Sa plus grande inspiration reste désormais le grand couturier Yves Saint Laurent, qui a commencé sa carrière avec ses croquis de mode. Florian trouve le monde du luxe attirant : « j’aime aller dans les boutiques de luxe pour voir les beaux habits ». 

Florian apprécie sa ville natale, Cambrai mais ça reste « une ville d’où il faut se barrer dès ses 18 ans ». C’est donc pas très étonnant qu’il nous dise qu’il s’ennuie dès qu'il retourne là-bas. Néanmoins: « je suis quelqu’un qui vient de la campagne (rires) donc il me faut mon petit coin tranquille. A Acton je me pose au Gunnersbury Park ». Et compte-il rester ici encore longtemps ? « La vie Parisienne, non je ne peux pas, les gens sont trop fermés » mais il avoue être tenté par le Sud-Ouest « je me dis pourquoi pas, il fait beau et puis il y a la plage ». Il verra bien s'il reste à Londres l’année prochaine mais pour l'instant il : « fonce les yeux fermés, plutôt à la cool ».

Insta : @fcdrawing

Ses dessinateurs préférés : 

- Yves Saint Lauren

- Moonzcap

- Wayne Danza

- Juan Francisco Casas

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