Avoir 20 ans à Londres avec Hugo
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Avoir 20 ans à Londres avec Hugo

Estelle Nilsson-Julien le 22.10.18

On retrouve Hugo Cottu, Londonien de 20 ans, à la station de métro de Notting Hill. Il sort de la bouche de métro l’air complètement absorbé par la musique émanant de son casque. Cette première impression le cerne bien: Hugo est musicien et étudiant à la BIMM (British and Irish Modern Music Institute). A côté de ses études, il s’est déjà lancé dans une carrière musicale, étant guitariste dans deux groupes et jouant aussi en solo.

"Quand t’es français à Londres, tu sais plus parler français, tu sais plus parler anglais... tu parles un peu de tout"

Hugo a grandi à Londres, faisant toute sa scolarité au Lycée Français Charles de Gaulle. Ses deux parents sont pourtant français : “ma mère est née à Toulouse et a vécu un peu partout en France et mon père a grandi à Paris”, lui ne retourne en France qu’à Noël. A-t-il une préférence entre l’anglais et le français? : “je dirai que quand t’es français à Londres, tu sais plus parler français, tu sais plus parler anglais, tu fais des anglicismes, tu fais des gallicismes, (rires) tu parles un peu de tout.”

La grande passion d’Hugo c’est la musique. Il la découverte à 14 ans et a suivi des cours de guitare jusqu’à l'âge 18 ans. Au collège il ne pensait : “qu’à rentrer chez moi pour pouvoir m’enfermer dans ma chambre et jouer de ma guitare. J’avais limite pas d’amis (rires)”. Celui qui l’a inspiré en premier c’est Keith Richards des Rollings Stones, puis Jimi Hendrix: “c’est lui qui a vraiment poussé le truc, c’est vraiment ma raison de jouer la guitare.” Il aime aussi beaucoup Tom Misch : “il joue de la musique jazzy électronique, je trouve ça fantastique” et après “il y a bien sûr Miles Davis avec son album ‘Kind of Blue’”.

Tout le monde me disait qu’il ne fallait pas aller dans le monde de la musique"

Son bac ES en poche, il suit son goût pour la musique en prenant une gap year, obtenant un BTEC en musique à la BIMM. Mais son entourage ne l’encourage pas du tout à en faire une carrière : “tout le monde me disait qu’il ne fallait pas aller dans le monde de la musique. Quand t’es jeune tu te laisses facilement influencer.” Cette première gap year terminée, il part pour une licence de 3 ans en Business Management à Bath. Tout semble bien parti mais “une fois les cours commencé, c’était plus la même histoire (rires)”. Il quitte donc Bath après 2 mois et prend une seconde année sabbatique, se consacrant à la création de musique. Lorsqu’on lui demande comment ses parents l’ont pris, il répond : “Mes parents me soutiennent beaucoup, je dirais que ce sont mes meilleurs amis.

Il est maintenant dans sa première année d'études à la BIMM et suit un cursus de 3 ans. Il étudie la production de musique : “on fait de tout, on compose, on enregistre et on produit”. Ses études sont “plutôt libres, je n’ai que 10 heures de cours par semaine, donc j’ai énormément de temps pour faire ma musique à côté”. En somme il est content de son choix de reprise d'études: “je continue à rencontrer des gens et surtout à apprendre”.

Une journée en tournée avec Hugo?

A côté de ses études, Hugo est guitariste dans deux groupes de musique : “avec Belle Roscoe on fait du folk rock et avec Single 6 du jazz-funk.” Il est déjà parti en tournée avec Belle Roscoe en Allemagne et repart bientôt. Une journée en tournée avec Hugo c’est quoi? “C’est beaucoup de temps passé entassé dans une voiture sur la route (rires) et surtout beaucoup de bon temps et de musique avec mes potes. On est une petite famille. On part tôt, on fait de la route, on arrive pour déballer le matos, on fait un soundcheck puis on a une heure de quartier libre. On joue un set d’une ou deux heures et puis après on doit tout remballer et repartir vers la prochaine ville”.

On pourrait s’imaginer qu’Hugo se sente un peu seul quand il rentre de ces tournées plutôt intenses, mais non : “deux semaines de tournée c’est génial. J’imagine que les artistes qui partent huit mois en tournée doivent péter un cable.” En effet partir en tournée semble être incroyable mais aussi un marathon qui n’en finit jamais : “on mange mal, on n’a pas d’horaires et on ne dort surtout pas beaucoup.”

"Tout peut arriver aux musiciens de Londres!

Le rêve ultime d’Hugo, c’est de pouvoir gagner sa vie en tant que musicien. Il aimerait pouvoir composer, créer et produire sa musique. Produire d’autres artistes l'intéresse aussi. Et le plan B? “J’ai dis au revoir au plan B avec Bath (rires)”. Il se déplace beaucoup dans Londres pour assister à des concerts mais aussi pour en jouer : “c’est très londonien de jouer un matin à un festival de musique à Wandsworth, puis parcourir toute la ville pour se retrouver à jouer au Hospital Club à Covent Garden, un bar classe privé le soir”. “Tout peut arriver aux musiciens de Londres!”, Hugo nous raconte qu’il peut aussi bien jouer dans un pub avec un public de deux personnes que faire un concert à l’ambassade Australienne de Londres. Hugo dit oui à tout : “du moment que t’es entouré de gens sympas et que t’as une bière pourquoi pas” dit-il en souriant.

Hugo connaît très bien la ville mais n’aime pas la routine, il est donc toujours à la recherche de nouveaux endroits. Ce soir là il nous raconte qu’il va voir un ami qui joue au Notting Hill Arts Club: “je passe beaucoup de temps dans l’Est de Londres parce qu’il y a une scène artistique incroyable, que ce soit pour les musiciens, peintres ou autres.” Il traîne aussi dans le Sud de Londres, vers Brixton et dans le Nord Ouest à Camden. "Le quartier de mes cours c’est Fulham Broadway mais généralement avec mes amis on n’aime pas trop rester là-bas”. Pourquoi? “C’est Fulham, il n’y a pas grand chose à faire à Fulham (rires)”.

"Si ca ne marche pas trop... je me casse pour devenir prof de guitare dans une école au soleil"

Il a pour projet de quitter Londres à l’avenir, mais pas tout de suite : “le problème c’est que quand t’es un “artiste”, tu te crées un réseau et puis tu network.” Hugo n’utilise pas networker au sens péjoratif : “c’est se faire des potes dans la musique, et plus on avance dans nos carrières, plus il y a d’opportunités”. Il continue: “si t’es jeune et que tu veux être artiste à Londres, si tu pars pendant trop longtemps, ton network finira par te remplacer”. Son plan serait donc de rester à Londres jusqu’à la trentaine, mais il nous révèle quand même l’existence d’un plan B : “si ca ne marche pas trop et que j’ai rien fait de ma carrière, je me casse pour devenir prof de guitare dans une école au soleil (rires)”.

Les spots préférés d'Hugo à Londres:

- Le Jazz Café pour la musique live

- Hyde Park pour se poser au soleil

- Sa cave où il crée sa musique

Instagram : @hugocottu

 

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