Les films à voir en avant-première au BFI London Film festival 2018
LONDON LIFE

Les films à voir en avant-première au BFI London Film festival 2018

Nadège Alezine le 16.10.18

 

Le BFI LFF se termine à la fin de la semaine, il vous reste encore quelques jours pour aller vous enfermer dans les salles obscures et découvrir les derniers films à voir. 

 

L’époque 

Aux lendemains des attaques de Charlie Hebdo, Paris entre dans une phase de sidération, sans précédent, qui sera accentuée par les attentats du 13 novembre 2015. C’est à ce moment-là, que Matthieu Bareyre décide de prendre sa caméra et d’aller filmer les jeunes parisiens, la nuit.

Place de la République, les nuits debout réunissent de jeunes parisiens en proie aux angoisses de leur époque et c’est vers eux que la caméra de Bareyre va se poser. On suit Rose, idéaliste et pugnace qui se révolte contre la Police, l’ordre établi mais aussi une djette qui poursuit des rêves de musique dans les soirées underground parisiennes. C’est le portrait d’une jeunesse qui ne rêve plus beaucoup que Matthieu Bareyre présente dans l’Époque, une jeunesse dont l’innocence s’est liquéfiée, un jour de janvier 2015.

On a aimé la pulsion de vie qui traverse le film-les scènes de club sont d’une rare beauté et le portrait de ces jeunes gens pour qui le futur est source d’angoisse, de désillusion dans une France qui ne les écoute pas beaucoup. L’époque leur donne la parole. 

En sélection officielle dans la section documentaire. 

Un Amour Impossible 

Catherine Corsini s’attaque à l’adaptation du roman autobiographique du même nom écrit par Christine Angot. Elle choisit la voix off pour donner au film son fil rouge avec le livre écrit comme une lettre à la mère de l’auteur. Car ce sont les relations mères filles qui sont au centre de ce récit. La narratrice y raconte l’histoire d’amour impossible que sa mère (Virginie Elfira) a entretenu toute sa vie avec son père (Niels Schneider). Un père absent, qui refuse de la reconnaître et d’épouser sa mère. Mais en avançant dans l’histoire, ce père devient plus présent, pour le pire et non pas le meilleur.

On a aimé : l’interprétation poignante et sans pathos de Virginie Elfira qui joue cette mère coincée entre son désir de femme et sa vie de maman. Et le jeu hyperréaliste de Jenny Beth qui interprète Chantal à l’âge adulte et campe une « Christine Angot » plus vraie que nature. 

La ballade de Buster Scruggs

Les frères Coen nous emmènent dans le far West avec ce film à sketches, dont seuls eux ont le secret. Des petites histoires de cow-boy, d’Indiens, de chercheurs d’or, de bandits, sans oublier les pionniers et voyageurs en diligence. Tous les ingrédients qui ont fait la construction de l’Amérique, ce pays continent qui continuent à se chercher une Histoire. Des saynètes absurdes, toujours drôles et interprétées par une ribambelle d’acteurs géniaux. On se souviendra de Tim Blake Nelson en cow-boy chantant à la gâchette facile, sans oublier Tom Waits en chercheur d’or ou encore James Franco en bandit de grand chemin qui a la poisse. 

On a aimé : l’humour noir des frères Coen, visiblement très en forme. Le travail d’orfèvre de Bruno Delbonnel, le chef opérateur, qui fait de ce film un véritable voyage dans le grand ouest américain.

Border 

Le film suédois qui fait parler, c’est Border. Réalisé par Ali Abassi, Border est une fable scandinave écrite par l’auteur de let the right one in, John Ajvide Lindqvist. Le film raconte l’histoire de Tina qui est garde-frontière et a un flair imparable : elle peut sentir quelqu’un qui passe en fraude à des mètres à la ronde. Affublée d’un physique pas facile, elle vit dans la forêt, avec son compagnon et ses chiens, une vie paisible. Quand un jour, elle rencontre Vore, qui a un physique proche du sien. Son monde bascule alors : est-elle vraiment celle qu’elle croyait être ? 

On a aimé : le twist de cette histoire pas commune, qui oscille entre folklore scandinave et documentaire animalier parfois. On ne vous en dit pas plus pour éviter les spoilers…

Girl

 

Le belge Luka Dhont a fait sensation lors du dernier festival de canes avec Girl, présentée dans la catégorie Caméra d’or. Victor Polster a reçu le prix d’interprétation à Cannes pour son rôle de jeune fille qui veut devenir ballerine mais habite un corps de garçon. 

Girl suit la vie de Lara, 15 ans et de sa famille monoparentale, alors qu’elle entre dans une école de ballerine et entreprend aussi un traitement pour changer de sexe. À la fois en français et en flamand, ce film explore l’intimité de Lara avec intensité, humanité, sans jamais que la caméra ne se transforme en voyeur. On a aimé : l’interprétation de Victor Polster qui campe une Lara touchante, courageuse et fragile. 

En sélection officielle dans la catégories premier film. 

Rendez-vous sur le site du BFI pour voir les films du BFI LFF.

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