Avoir 20 ans à Londres avec Lili
EXPAT LIFE

Avoir 20 ans à Londres avec Lili

Estelle Nilsson-Julien le 15.10.18

C’est à la station métro de Kentish Town qu’on retrouve Lili Caseley. La jeune femme est vêtue d’un t-shirt oversized, assorti à son pantalon motif peau de serpent et des bottines rouge velours. Elle fait très glamour. À 23 ans, Lili a sorti son premier titre Have I Ever cette année et avec son clip vidéo qui sort bientôt, sa carrière musicale commence à décoller. Londonienne de naissance, Lili a grandi à Kentish Town aux abords de Hampstead Heath. Elle nous raconte son histoire tout en longeant Highgate Road, la rue qui mène de Kentish Town jusqu'à Hampstead Heath.

Anglaise, française et portugaise mais “la langue de mon coeur c’est l’anglais

La mère de Lili est franco-portugaise et son père est anglais. Elle a baigné dans ces trois univers culturels au cours de son enfance : «La famille de ma mère a quitté le Portugal (lorsque Salazar était au pouvoir) pour rejoindre la banlieue parisienne. Elle a rencontré mon père, qui est anglais (de Essex) lorsque tous deux étaient en voyage en Afrique du Sud». Puis ils sont venus s’installer ensemble à Londres. Voilà comment tout a commencé.

Au niveau de son identité culturelle Lili se sent tout d’abord anglaise : « Je dirais que la langue de mon cœur c’est l’anglais. Je réfléchis en anglais et pour parler de choses fortes ça me vient toujours en anglais.» Elle est donc bilingue et parle un peu de portugais : «Londres c’est vraiment ma ville, mon chez-moi. Ma famille, mes amis et mon copain vivent ici» raconte-t-elle entre prises de photos. On retrouve son côté multiculturel lorsqu’elle nous raconte que petite, tous les ans elle rejoignait sa famille en région parisienne pour fêter Noël autour d’un repas portugais concocté par sa grand-mère.

Ado, elle allait au Café Philo de l’Institut Français de temps en temps : «Il y avait beaucoup d’intellectuels, j’aimais bien être immergée dans ce monde-là. Je pense qu’une fois j’ai essayé de contribuer mais c’est tombé à plat, je me suis dit "OK Lili tu ne reprends plus jamais la parole là-bas" (rires)».

1 ans et demi de carrière solo

La chanteuse nous confie qu’elle regrette de ne pas s'être lancée dans sa carrière musicale plus tôt. Elle a rejoint le groupe Grand Wa Zoo en 2012 mais depuis 1 an et demi se consacre entièrement à sa musique solo. Sa musique c’est du pop soul. «En ce moment les choses commencent à avancer mais je me dis que si j’avais commencé la musique sérieusement à 16 ans j’en serai surement plus loin.» Elle nous explique qu'elle est toujours dans une phase de découverte où elle se construit son image.

Pour créer sa musique elle a : « passé 8 mois enfermée dans un studio de musique avec David, un producteur. Je n’étais pas avec un label ou un manager à l’époque, personne ne me poussait dans une direction spécifique. J’ai donc pu vraiment créer mes propres sons et mon propre style musical». Elle nous explique qu’elle avait un contrat avec un manager mais s’est faite lâcher, avant de trouver son manager actuel : « C’était une expérience dure à vivre mais c’est une industrie où il faut avoir la peau épaisse». Au cours de notre rencontre elle nous le répète plusieurs fois. Aujourd’hui elle est accompagnée de Gio (Italien) à la batterie et Léo (Réunionnais) à la basse : « on répète souvent à la Roundhouse ce n’est vraiment pas cher pour les moins de 25 ans, quelquefois on va à Blue Studios à Dalston».

“Un réel honneur de chanter sur la même scène qu’Edith Piaf et Jimi Hendrix”

Le moment le plus fou de sa carrière c’était jouer la première partie de La Rue Ketanou (son cousin Olivier, le batteur du groupe l’a invité) à l’Olympia : « C’était un rêve de me retrouver dans cette salle de concert légendaire, un réel honneur de chanter sur la même scène qu’Edith Piaf, Jimi Hendrix». Au niveau de ses futurs projets elle aimerait bien rejouer en France.

Le concert londonien qui a le plus marqué Lili, c’est un de ses concerts Sofar Sounds, des concerts organisés chez des particuliers. La particularité c’est que quand on réserve ses billets on ne sait pas quel artiste on va voir : « ce sont des concerts où les spectateurs doivent être entièrement silencieux et respectueux. Quand on n’est pas très connu on n’obtient pas toujours le respect des gens, donc le fait qu’ils soient forcés à être silencieux me convient. J’ai tout de même cette sensation que je dois charmer les gens, me vendre et leur prouver qu’ils devraient m'écouter».

Ses inspirations

Lili adore Piaf, surtout L’hymne à l’amour. Jacques Brel l'inspire aussi, elle aime beaucoup Mathilde : « Aux réunions de famille ma tante reprenait Piaf, mon oncle Bob Marley avec sa guitare et mon autre oncle, Michael Jackson (rires). Mon père aime bien Les Beatles et Les Rolling Stones».

Et au niveau des inspirations portugaises ? : «Ma grand-mère chante beaucoup de fado. Une fois on est allés dans un restaurant à Alfama, à Lisbonne. Ma mère s’est mise à transcrire furieusement sur la nappe en papier les mots de la chanteuse. Puis elle a tout traduit en anglais pour que je puisse pleinement comprendre». Lili admire aussi le poète portugais Fernando Pessoa.

Parlons mode et East London

La Londonienne aime bien traîner dans son quartier la journée, pour manger et voir ses amis. Le soir elle va plutôt vers Camden et l’Est de Londres : «Je fais souvent des concerts dans l’Est, vers Shoreditch, Dalston Kingsland. L’Est de Londres est blindé de jeunes, d’art et de musique. J’ai fait quelques concerts à Finsbury Park et aussi dans le Sud de Londres». En ce moment Lili enchaîne les concerts : «le plus j’en fais et plus j'ai d’énergie. Si je n’utilise pas toute mon énergie je ne vois pas à quoi ça sert».

Lili mélange ses habits et accessoirise le tout avec beaucoup de bijoux, surtout des bagues. Elle porte aussi sa montre spéciale : «Elle ne marche pas mais je l’ai réglé à 11h11 parce que le 11 c’est mon numéro préféré». Elle recommande les charity shops de West Hampstead et de Swiss Cottage. Sinon elle passe chez TK Maxx de temps en temps et pour une occasion spéciale chez Goldsmith Vintage à Charing Cross Road. Elle fait aussi les boutiques portugaises : «histoire de trouver des pièces uniques».

Les musiciens préférés de Lili:

-    Billie Holiday

-    Freddie Mercury

-    Frank Ocean.

Les spots préférés de Lili à Londres:

-    Le Pagoda House à Hampstead Heath

-    South Bank

-    L’Est de Londres: Hackney et Dalston pour sortir

Instagram : @lilicaseleyy

Partager

à voir également