Rencontre avec le designer Benjamin Hubert qui réinvente les objets du quotidien
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Rencontre avec le designer Benjamin Hubert qui réinvente les objets du quotidien

Estelle Nilsson-Julien le 03.10.18

Designer de renom, Benjamin Hubert, expose depuis de nombreuses années dans les “design weeks” à travers le monde. En 2015, Il lance son agence “Layer”, et cette année il crée Nolii, une marque lifestyle, avec l’entrepreneur Asad Hamir. Il présente une collection de chargeurs ultra puissants permettant de recharger plusieurs iPhones à la fois (un projet Nolii) et sa collaboration avec la marque de lunettes “Kite” à la Design Junction en septembre 2018.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire du design votre métier?

Je suis quelqu’un d’assez pratique, j’ai du plaisir à aider les gens, à résoudre leurs problèmes de tous les jours. J’ai dû choisir entre l’art et le design. Ce qui m’a poussé vers le design c’est ce côté rationnel, beaucoup moins subjectif que le domaine de l’art.

Pourquoi avez-vous choisi d’installer votre studio à Londres? Est-ce une capitale du design?

Londres est une capitale du design mais avant tout une capitale culturelle. Elle influence la culture, la reflète et innove sans arrêt. J’adore le côté multiculturel de la ville, je m’inspire des quatres coins du monde sans quitter mon chez moi. Cette année on était de retour à la Design Junction avec Nolii et on a aussi lancé une collection de lunettes avec la marque “Kite”. Je voulais rendre le design accessible et enlever son côté élitiste, trop intellectuel et coûteux, en créant des produits de tous les jours.

Vous avez des origines françaises? Est-ce que cela vous influence?

Oui en effet j’ai des origines françaises lointaines (rires). Nous travaillons avec beaucoup d’entreprises internationales et avons beaucoup d’inspirations, donc bien sur que la France en fait partie.

Est-ce qu’un studio à Paris un jour vous tenterez?

Je n’y vois pas trop l’intérêt comme Paris n’est qu'à deux heures de Londres. Chez Layer on pense plutôt à se développer en Asie et en Amérique, pour pouvoir avoir le plus grand impact mondial possible.

Vous avez commencé à utiliser des matériaux écologiques et durables. Est-ce que c’est quelque chose auquel vous pensez depuis longtemps?

C’est vrai que travailler dans le développement durable est devenu assez “tendance”. Il y a des entreprises qui utilisent le langage écologique en “buzz words”, afin d’attirer un grand public et des investisseurs. Le réchauffement climatique est une thématique très pressante qui devient de plus en plus tangible. Tant que les designers ne pensent pas à leur responsabilité écologique et ne l’intègrent pas dans le processus du design, cela reste une simple tactique de marketing, trop superficielle. Chez Layer on a une vraie conscience écologique et on intègre la question du développement durable dans la création d’objets. On pense à comment exporter nos produits, au recyclage, à s‘ils sont réutilisables, etc.

Quels talents recherchez vous chez votre équipe à Layer?

C’est une bonne question (rires). Notre équipe est très jeune, dynamique, ambitieuse et internationale. Les employés viennent de milieux différents et ont des parcours assez divers mais aiment surtout collaborer. On essaye de faire en sorte qu’il y ait un maximum d’échanges. Un chercheur peut se retrouver à côté d’un ingénieur ou d’un product designer afin de faciliter cette fluidité. Ce type d’échange permanent laisse place à des innovations plutôt uniques dans le processus du design. On ne veut pas simplement créer des objets mais créer des objets qui troublent le marché et changent la perception des gens.

Pour plus d'informations sur Layer c'est ici.

 

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