Hélène Darroze fête ses 10 ans à Londres
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Hélène Darroze fête ses 10 ans à Londres

Nadège Alezine le 02.10.18

Le B&C Club organise un concours de cuisine réservé à ses membres autour de grands noms de la gastronomie française. À chaque session, un chef donne le ton et accompagne les participants avant la grande finale qui aura lieu en mars. C’est Hélène Darroze qui a ouvert le bal des étoiles depuis les cuisines de l’atelier des Chefs, à deux pas d’Oxford street. 

Deux étoiles au compteur et 10 ans à la tête des cuisines du Connaught, Hélène Darroze participe à ce concours de cuisine, Top Chef style, organisé par le B&C Club de Christine Afflelou. Rencontre avec une star des fourneaux, en toute simplicité.

Comment êtes-vous arrivée à participer à ce concours de cuisine organisé par le B&C Club ?

Tout simplement parce que Christine Afflelou est venue me voir et m’a parlé son club et que j’ai trouvé l’idée sympathique. Elle m’a dit : « j’aimerais beaucoup faire quelque chose avec toi. Pourquoi pas un concours de cuisine ? »  Par amitié pour elle et un peu aussi parce que je trouvais l’idée très sympathique, j’ai accepté sa proposition. 

Ça vous rappelle un peu l’émission Top Chef, non ? 

Oui, sauf, que là je n’ai pas des professionnels en face de moi. Mais justement, avec ces concurrents, j’ai l’impression que vraiment, il y a beaucoup d’audace, beaucoup de créativité, de passion, d’enthousiasme chez eux. Et je trouve qu’ils ont beaucoup de bonnes idées. 

Ce soir, au menu, c’est poulet...

Oui, c’est le plat qui est un peu ma madeleine de Proust. On est parti sur le poulet, poulet des Landes bien sûr. Car tous les dimanches en famille, on mangeait le poulet rôti et là, j’ai proposé de cuisiner une volaille jaune des Landes d’où je suis originaire. C’est ma madeleine de Proust, alors je me suis demandé : ce qu’ils allaient bien pouvoir en faire ? 

Une belle inspiration : les Landes, le pays Basque…

Oui, en effet. Vous savez je suis née à Mont-de-Marsan, alors la cuisine du sud-ouest fait partie de mon ADN. Pour le concours de ce soir, on a utilisé beaucoup de produits de saisons pour garnir le garde à manger mis à leurs dispositions. 

Vous êtes parmi les rares femmes chefs étoilées au monde. La cuisine est-elle un monde d’homme ?

Moi, je ne suis pas la bonne cliente pour parler de misogynie ou de machisme dans ce milieu car moi, je n’ai jamais connu ça. Cependant, je pense qu’à un moment donné la femme est confrontée à des choix, des options de vie et que c’est vrai, il n’est pas toujours facile de concilier une vie de maman, d’épouse et une vie de chef de cuisine, surtout quand on arrive à un grand niveau, au niveau des étoiles. J’ai souvent dit : j’ai eu beaucoup de jeunes filles talentueuses dans mes cuisines et elles ont un jour choisi l’option d’être femme et maman. Ce que je respecte énormément et c’est un choix que j’aurai pu faire s’il y a 30 ans j’avais été amoureuse…Alors, voilà, parfois ce sont les femmes qui ne s’autorisent pas à avoir une carrière. 

Vous avez travaillé avec Alain Ducasse et vous êtes issue de quatre générations de cuisinier. Qui est votre véritable mentor, en définitive ?

C’est plus ma famille, c’est évident. C’est l’éducation que j’ai reçue de leur part dont je m’inspire, c’est là où je puise l’essence de mon métier, c’est mon ADN. Après j’ai fait des rencontres merveilleuses. Bien sûr avec Alain Ducasse, qui est landais comme moi, on avait quand même des atomes crochus. Je pense aussi à Michel Gérard, avec qui je n’ai jamais directement travaillé mais qui était aussi des Landes et Mario Morrateur, qui nous a quittés il y a quelques mois et qui était un des chefs d’Alain Ducasse qui m’a pris en main quand je suis arrivée chez lui : il m’a beaucoup appris. Mais sa maman aussi, qui était une réelle « mamma » italienne m’a beaucoup appris aussi…Il y a vraiment beaucoup de gens dont j’ai tiré des enseignements mais ma famille reste l’influence qui a marqué le plus mon ADN.

Et Londres, alors ?

Et, oui ça fait maintenant 10 ans ! 

Qu’est-ce que cela a apporté à votre cuisine à votre avis ?

Beaucoup d’ouverture, ça c’est sûr. On utilise beaucoup de produits qui viennent d’Écosse, d’Irlande qui sont méconnus peut-être, ou moins connus il y a dix ans, alors je me suis ouverte à ces produits-là. Une nouvelle culture de produits déjà c’est pas mal. Londres c’est un paysage culinaire et gastronomique très iconoclaste, il y a beaucoup de domaines et d’univers différents et c’est bien plus dynamique et intéressant qu’à Paris. Donc moi ça m’a beaucoup apporté.

Cela a-t-il changé votre cuisine ?

Je ne sais si ça a changé ma cuisine parce qu’on évolue tout le temps et j’évolue toujours, avec ce que je vis, alors c’est sûr que j’ai vécu des choses à Londres qui ont fait que ça a dû à un moment, rejaillir sur ma façon de cuisiner. 

 

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